Eiffage se lance à son tour dans la bataille du rachat d'Equans à Engie

Comme Bouygues, Spie et une série de fonds d'investissement, le géant français du BTP s'intéresse au rachat d'Equans, la nouvelle entité créée par Engie en vue d'une scission de ses activités de services techniques. L'opération permettrait à l'industriel de doubler de taille et de faire grossir très rapidement son activité baptisée Eiffage Energie Systèmes.

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(Crédits : Charles Platiau)

Equans attise les convoitises. La nouvelle entité d'Engie, dédiée aux services multitechniques et que l'énergéticien souhaite céder est courtisée par un nouveau prétendant. Le groupe Eiffage a annoncé hier, jeudi 15 juillet, regarder de près ce dossier, confirmant une information de l'agence Reuters.

Le géant français du BTP vient donc s'ajouter à une longue liste de potentiels acquéreurs. Bouygues et Spie avaient déjà manifesté leur intérêt pour Equans, tout comme une série de grands fonds de capital-investissement tels que PAI Partners, EQT, Clayton Dubilier, Carlyle, Blackstone, Apollo, CVC, Advent ou encore Bain et KKR.

Equans et ses 12 milliards d'euros de chiffre d'affaires

Equans évolue de façon autonome au sein du groupe Engie depuis le 1er juillet dernier. L'énergéticien a créé cette entité, qui regroupe quelque 74.000 collaborateurs pour un chiffre d'affaires d'environ 12 milliards d'euros, dans l'optique de s'en séparer. Objectif de l'opération : pouvoir se concentrer sur les énergies renouvelables, à l'heure où ses grands concurrents européens investissent massivement, et sur les infrastructures.

Dirigée par Jérôme Stubler, venu de chez Vinci, Equans regroupe les deux tiers des activités de services d'Engie. L'entité rassemble notamment les activités d'installations électriques, de chauffage, de ventilation et de climatisation ainsi que les services liés à l'information et la communication.

Engie se donne jusqu'à la fin de l'année pour sélectionner un repreneur et signer un accord. "Nous n'avons pas encore décidé si nous allons vendre à un (groupe) stratégique ou des (groupes) stratégiques, ou à un fonds ou des fonds ou même mettre sur le marché l'entité", avait toutefois indiqué Catherine MacGregor, la directrice générale d'Engie, lors  d'une audition à l'Assemblée nationale le 30 juin dernier.

Eiffage veut faire cavalier seul

Eiffage, qui étudie le dossier depuis plusieurs mois, envisage de se positionner seul. L'opération lui permettrait de faire grossir très rapidement son activité baptisée Eiffage Energie Systèmes, qui a réalisé en 2020 un chiffre d'affaires proche de 4,5 milliards d'euros. Cette branche, en croissance, emploie aujourd'hui quelque 28.900 collaborateurs et est spécialisée dans la conception, la réalisation et l'exploitation de systèmes et d'équipements en génie électrique, industriel, climatique et énergétique.

En rachetant Equans, le groupe Eiffage doublerait de taille : ses effectifs passeraient de 72.000 collaborateurs à 146.000 et son chiffre d'affaires franchirait la barre des 28 milliards d'euros, contre un peu plus de 16 milliards en 2020.

Le groupe, dirigé par Benoît de Ruffray, pourrait déposer une offre dès le mois de septembre, date à laquelle doit commencer le processus d'enchères prévu par Engie. Si sa candidature se confirmait, Eiffage pourrait mettre en avant plusieurs caractéristiques : d'abord son fort ancrage en France et en Europe, ensuite sa forte culture sociale (17,1% du capital est détenu par ses salariés). Deux atouts majeurs dans un dossier où les inquiétudes des salariés sur l'avenir d'Equans ne se tarissent pas, malgré les engagements pris par la direction sur le maintien de l'emploi.

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