Même si le nucléaire est un secteur où les barrières capitalistiques et réglementaires à l'entrée sont très fortes, le gouvernement cherche à faire émerger des startups. Réacteur hybride, production de chaleur nucléaire, combustibles liquides, refroidissement au plomb, fusion nucléaire... Depuis quelques mois, une petite dizaine de jeunes pousses se sont créées ou installées en France. Ces dernières entendent bien casser les codes de l'atome civil. Etat des lieux.Dans l'Hexagone, la relance du nucléaire s'appuiera largement sur EDF et les six, voire quatorze réacteurs de type EPR2, que l'électricien doit construire... mais pas uniquement. Ce nouvel élan pour l'atome civil doit aussi embarquer avec lui une toute autre catégorie d'acteurs, qui jusqu'à présent ne s'étaient jamais attaqués à cette industrie : les startups.
Parmi elles : Jimmy, Newcleo, Naarea, Transmutex, Neext Engineering, Hexana et Stellaria (toutes deux issues du CEA), qui développent des micros ou petits réacteurs de fission nucléaire innovants, ou encore Renaissance Fusion, qui souhaite reproduire la réaction à l'œuvre dans le soleil et les étoiles (voir encadré).
« Le nucléaire a une configuration assez proche du spatial, de la voiture électrique ou même de la banque. Ce sont des secteurs qui paraissent très difficiles à percer pour des raisons capitalistiques et réglementaires. Mais quelques soient les barrières à l'entrée, il n'y a pas un secteur que les acteurs les plus innovants n'ont pas réussi à pénétrer », observe Alexis Houssous, fondateur et dirigeant du fonds Hardware Club Venture Capital (HCVC), qui a investi dans le grenoblois Renaissance Fusion et le franco-suisse Transmutex.
Aujourd'hui, les startups françaises du nucléaire se comptent encore sur les doigts de la main ou presque. De manière générale, toutes en sont à leurs balbutiements et entendent mettre au point des réacteurs innovants dans un horizon de cinq à dix ans.
Une petite dizaine de startups
« Nous comptons mettre au point un prototype non nucléaire dans quatre ans en Italie, opérer un premier démonstrateur d'une puissance de 30 mégawatts en France à l'horizon 2030, puis un deuxième réacteur d'une puissance de 200 mégawatts, sa taille commerciale, au Royaume-Uni en 2032 », témoigne Elisabeth Rizzotti, cofondatrice de la start-up britannique Newcleo, qui a récemment ouvert une filiale à Lyon.