Climat : l’accord de Paris exige de développer six fois plus vite les énergies renouvelables

 |   |  1018  mots
Pour limiter à +2°C la hausse des températures il faut développer six fois plus vite les énergies renouvelables
Pour limiter à +2°C la hausse des températures il faut développer six fois plus vite les énergies renouvelables (Crédits : Handout .)
Contenir la hausse des températures sous les 2°C, c’est possible ! Et en plus, cela peut rapporter gros, sur le plan de la croissance et des emplois. Mais il faut agir vite et fort. Ce sont les principaux enseignements du rapport publié ce 17 avril par l’Agence internationale des énergies renouvelables.

La bonne nouvelle, c'est que c'est possible d'y parvenir. Limiter la hausse des températures à deux degrés Celsius (2°C), comme s'y est engagée la communauté internationale en décembre 2015 au travers de l'Accord de Paris, c'est à notre portée. C'est en tous cas ce qu'affirme l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena, pour International Renewable Energy Agency) dans son rapport « Global Energy Transformation : a Roadmap to 2050 », dévoilé en marge de l'événement Berlin Energy Transition Dialogue.

Un optimisme conditionné à une transition énergétique draconienne

Les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique, les deux piliers des politiques qui permettront d'atteindre cet objectif ambitieux, sont, selon les auteurs, à même d'assurer 94% de la baisse des émissions de CO2 que cela implique.

Mais, pour ce faire, il faudrait que l'efficacité énergétique progresse à un rythme annuel de 2,8% (au lieu de 1,8% actuellement), et que la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique passe de 18% en 2015 à 65% en 2050, et non à seulement 25% selon le scénario aujourd'hui de mise. Une forte progression de l'électrification, qui devra atteindre 40% en 2050, dont 85% d'origine renouvelables (contre 25% aujourd'hui), complète le schéma.

Multiplier par six le rythme de développement des renouvelables

Les capacités de solaire et d'éolien installées en 2017 ont battu de nouveaux records, avec 167 gigawatts (GW) supplémentaires, en hausse de 8,3% sur 2016, et une croissance annuelle moyenne de 8% sur les 10 dernières années. Mais, pour espérer contenir la hausse des températures sous la barre des 2°C, il faut multiplier ce rythme de développement des renouvelables par six, à la fois directement et via l'électrification des transports et de la chaleur. Solaire thermique, géothermie, bioénergie et carburants alternatifs seront également nécessaires.

Tous les pays pourraient contribuer à ce développement, avec une part des renouvelables dans le mix énergétique partout supérieure à 60%, de la Chine (où elle passerait de 7% en 2015 à 67% en 2050) à l'Europe (où sa part atteindrait 70%). Selon leur dépendance aux énergies fossiles, toutes les régions ne bénéficieront pas de la même façon de la transition énergétique. Le Mexique, le Brésil, l'Inde et l'Océanie figurent parmi les grands gagnants. Mais l'accès à l'énergie pour tous est assurément un pré-requis pour une transition juste.

Plus de 11 millions d'emplois créés d'ici à 2050

Bien évidemment, cette accélération drastique dans le déploiement des renouvelables a un coût, estimé par l'Irena à un investissement de 30% plus élevé que dans le scénario de base, ce qui nécessiterait de passer, sur la période de trente-cinq ans allant de 2015 à 2050, d'un investissement total de 93.000 milliards de dollars prévu aujourd'hui à 120.000 milliards de dollars, dont 18.000 milliards de dollars investis dans les réseaux et les outils de flexibilité. Ainsi, le surcoût annuel représenterait en 2050 quelque 1.700 milliards de dollars.

Pour libérer ces montants gigantesques, il importe d'aligner le système financier avec les exigences de durabilité et de transition, afin de faciliter l'accès aux financements et d'abaisser le coût de l'argent. Des sources encore peu sollicitées à cet effet, telles que les investisseurs institutionnels et les financements communautaires, devront être mises à contribution. Les finances publiques devront être utilisées à faible proportion dans l'objectif de "dérisquer" les investissements et d'abaisser le coût du capital dans les pays où les énergies renouvelables sont perçues comme risquées.

Après les investissements, des bénéfices non moins fabuleux !

Mais cet effort s'accompagne selon l'Irena de bénéfices économiques et sociaux, que l'agence évalue pour la première fois à 52.000 milliards entre 2018 et 2050, soit 1 point de PIB supplémentaire et des bénéfices en termes de qualité de l'air, de santé et d'environnement estimés à 6.000 milliards de dollars par an en 2050.

En termes d'emplois, malgré la destruction de 7,4 millions d'emplois dans les énergies fossiles, l'Irena anticipe un solde positif de 11,6 millions d'emplois créés. Mais ce potentiel ne pourra se concrétiser totalement qu'à la condition que des politiques de formation adaptées seront mises en oeuvre, y compris sur le plan local.

Inventer de nouveaux modèles économiques

Au-delà des investissements, cette stratégie impliquerait aussi de nouvelles approches en termes de planification, d'organisation des marchés de l'électricité, de régulation et de politiques publiques, mais aussi dans l'invention de nouveaux modèles économiques, où l'innovation est tout aussi nécessaire que dans la technologie.

Dans le bâtiment, il faut multiplier par trois le rythme des rénovations, freiné par le faible taux de renouvellement du parc immobilier, de 1% par an. Dans les secteurs industriels les plus énergivores, de nouvelles solutions conçues sur l'intégralité du cycle de vie seront nécessaires.

Agir vite, très vite... pour limiter l'ampleur des "actifs échoués"

Mais le principal message de ce rapport réside dans l'urgence d'agir. Plus tôt les investissements seront fléchés vers les technologies les plus prometteuses, moins le coût de l'adaptation au changement climatique sera élevé, et les ruptures socio-économiques brutales, et mieux cela permettra de limiter l'ampleur des "actifs échoués". Selon l'Irena, ces installations de production d'énergie dont les ventes ne permettront pas d'amortir l'investissement, ce qui d'ores et déjà le cas aujourd'hui de nombreuses centrales à charbon, représenteront 11.000 milliards de dollars en 2050, mais cette valeur pourrait doubler si les actions correctrices continuaient d'être reportées.

Dans vingt ans, la bascule irrémédiable

En termes de méthode, les auteurs insistent également sur la nécessité d'adopter une approche plus intégrée et mieux coordonnée entre secteurs d'activité et pays.

Alors que l'Irena rappelle qu'au rythme actuel, la planète aura consommé dans les 20 prochaines années son « budget carbone » (le volume d'émissions au-delà duquel il ne sera plus possible de contenir la hausse des températures en deçà de +2°C), la plupart des prévisions, à commencer par celles de l'Agence internationale de l'énergie (AIE), tablent sur une hausse de la demande de pétrole qui pourrait passer de 93,9 millions de barils par jour (mbj) en 2016 à... 104,9 mbj en 2040.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 23/04/2018 à 2:13 :
@ Student : La réalité amplement prouvable est que :
1) les subventions aux renouvelables baissent continuellement (par ex tous les 3 mois pour le solaire en France) et sont supprimées dans de plus en plus de pays (dans moins de 3 ans au Danemark comme l'a confirmé le gouvernement danois) et les renouvelables commencent même à être taxées (Espagne etc). Ce que vous ne comprenez pas et à quoi vous devriez mieux réfléchir c'est que l'on a mis en place des subventions "pour soutenir des filières et emplois" et éviter d'importer. Sinon vous pouvez acheter du solaire ou éolien chinois, ils sont de très bon niveau selon les classements techniques type GNV DL, mais vous aurez perdu les savoir-faire, les emplois, l'export et serez dépendant (comme c'est le cas pour une trop grande part de notre industrie). Vous devriez regarder ce que représentent les renouvelables pour EDF, Engie etc, çà compte beaucoup et de plus en plus. Et en terme d'aides vous devriez analyser pourquoi on doit régulièrement recapitaliser EDF, sans parler de l'histoire et gouffre Areva.
2) Le coût marginal des énergies intermittentes est voisin de zéro. Il est donc économiquement logique qu'elles sont prioritaires comme l'est ensuite le nucléaire dans l'ordre d'utilisation des énergies (le gaz etc arrivent ensuite), ce n'est pas par plaisir ou volonté européenne, c'est comme cela qu'a toujours fonctionné le marché même avant les renouvelables. Vous ne comprenez pas non plus que les écarts de consommation électriques (pics) sont bien plus importants que les écarts des renouvelables intermittentes et qu'EDF injecte et régule son électricité sur le très important réseau Entso-e donc ce n'est pas la petite part d'éolien et solaire français (qui d'ailleurs se complètent bien sur les semaines et au delà) qui pose problème (RTE vous confirmera que le réseau actuel accepte plus de 40% d'intermittence sans problème). Vous dîtes que le nucléaire régule et vous ajoutez que les renouvelables ont besoin de centrales pilotables, c'est contradictoire. Sachez que les centrales pilotables existaient bien avant les renouvelables et que le nucléaire en a besoin. Les renouvelables ont surtout besoin de stockage qui est mieux adapté et désormais plus compétitif et qui se met en place comme je l'ai amplement précisé mais encore faut-il que les renouvelables et besoins se développent. On peut ainsi améliorer le réseau, les interconnexions etc et faire des économies très importantes car le stockage comme l'amélioration du réseau et l'efficacité énergétique manquaient, quelles que soient les énergies. C'est le jour et la nuit entre aujourd'hui grâce aux renouvelables et aux progrès et il y a 20 ans.
3) Vous vous trompez complètement sur les allemands et les prenez pour des attardés qu'ils ne sont pas. Ils ont largement étudié la transition énergétique pendant plus d'une décennie dans les années 90 avec de multiples débats et n'ont commencé à arrêter leur centrales nucléaires qu'en 2011 (et pas toutes). Si vous aviez suivi le sujet comme je l'ai fait vous auriez pu lire qu'ils ne pouvaient pas arrêter "le nucléaire et le charbon à la fois". Ils ont choisi d'arrêter le nucléaire car ce dernier était comparativement plus coûteux. Regardez les prix des énergies dans les années 2010 et vous constaterez que le charbon était nettement moins cher (à cause 1 du ralentissement en Chine et ensuite 2 du gaz de schiste américain) et tout le monde savait que çà allait durer. Donc au plan politique entre le lobby nucléaire et le lobby du charbon qui ne voulaient ni l'un ni l'autre arrêter, le gouvernement a opté pour le choix le plus économique en sachant que la pollution allemande était très relative avec l'amélioration de leurs installations et efficacité énergétique, de même que comparé au monde et que çà ne serait que transitoire. Pour mémoire nos émissions de C02 sont assez proches de celles des allemands si l'on compte nos émissions "importées" (des produits que nous faisons fabriquer et importons d'ailleurs), donc la réalité impose de ne pas cacher des émissions "sous le tapis" pour se vanter d'être meilleurs alors que la réalité est bien moins attrayante, sans parler de notre piètre "efficacité énergétique" alors que les allemands sont numéro 1 mondial avec le danois grâce à leurs taxes sur l'efficacité énergétique donc sur le coût taxes incluse de leur énergie, autrement équivalent à la nôtre. C'est de mauvaise foi de la part du secteur nucléaire français qui n'a jamais été installé pour des raisons "climatiques" mais parce que nous n'avions plus rien d'autre, d'accuser les allemands alors que nous sommes depuis des années "importateurs nets" d'énergie allemande plus polluante que chez nous, pour des raisons également économiques.
4) Pour le stockage de court terme on gère des parcs solaire et éoliens dont les appels d'offres intègrent de plus en plus ce stockage et régulation avec différentes méthodes dont notamment les batteries dont les capacités peuvent être très importantes comme c'est le cas dans le monde. Cà permet plusieurs semaines de stockage comme les Step etc. Ensuite arrive la méthanation qui jusqu'a présent n'était pas nécessaire et qui ne pouvait être mise en place sans marché. Comme je l'ai indiqué c'est en phase de développement car çà permet non seulement de réguler le réseau au delà même des renouvelables, de stocker de l'énergie pour plusieurs mois voire au delà, de se substituer au gaz importé, de régler une majeure partie du problème des transports lourds.
5) pour le rendement de 80% de la méthanation en phase industrielle regardez le projet en cours d'achèvement HELMETH parmi beaucoup d'autres (Store & Go etc). Le projet n'a rien de microscopique car il doit être déployé à grande échelle, c'est son but et les résultats sont là. Pareil pour d'autres pays.
6) sur le prix du nucléaire la SFEN dans sont dernier rapport vous contredit totalement car elle détaille les chiffres du nucléaire qu'elle espère obtenir avec soutien public complet dans un éventuel futur qu'en tant qu'organisation nucléaire elle soutient et ils sont supérieurs aux vôtres ! Encore plus celui de l'EPR actuel à Flamanville, de même que celui d'Hinkley Point dont les prix sont également connus sur plus de 35 ans selon le contrat. Je pense que vous ne prétendez pas mieux calculer que les opérateurs du nucléaire eux-mêmes ou que la cour des comptes britannique dont vous pouvez également trouver les rapports.
7) Vous ne m'avez pas bien lu ou je me suis mal exprimé mais vous oubliez que les technologies progressent et qu'il existe également des programmes européens d'autonomie énergétique (Net Energy Storage for Life, Bridge H2020 etc) et ce pas qu'en Europe mais partout ailleurs également. Et ce que l'on constate est qu'une région, une commune, un quartier, une entreprise etc peuvent devenir autonomes du réseau coûteux avec une meilleur efficacité et de plus en plus à meilleur prix. Donc calculez le prix de l'énergie nucléaire centralisée avec ses frais de transport, abonnements etc et comparez là à ce que l'on peut obtenir désormais et vous verrez que dans bien des cas il devient plus intéressant de quitter le réseau. Cà ce passe déjà à différents endroits dans le monde et met les opérateurs en obligation de changer de modèle comme l'écrivent EDF, Engie et la plupart des autres. Par exemple en terme de chaleur qui peut remplacer l'énergie électrique pour le chauffage etc, la chaleur solaire en Allemagne est en moyenne officiellement à 36 euros le MWh "stockage saisonnier inclus", le gaz entre 28 et 35 euros le MWh mais le CO2 augmente et le prix du gaz également de même qu'il peut fluctuer fortement à la hausse selon tel ou tel imprévu. Pas le solaire. Donc déjà vous pouvez voir que le nucléaire est non seulement dépassé par les renouvelables comme le groupe Lazard entre autres vous le démontre chaque année dans leur étude annuelle sur le sujet, mais aussi par le solaire thermique. Quant au prix de la méthanation, je vous le rappelle, il est compétitif aux centrales thermiques gaz et ce sont les opérateurs gaz américain PG&E et SPG qui l'ont étudié et l'écrivent. Donc écoutez plutôt les dirigeants d'EDF et d'Engie quand ils vous disent que le nucléaire n'est plus compétitif sans aides et que comme le groupe Total ils investissent massivement dans les renouvelables, le stockage et changent de modèle sinon ils disparaîtront. Pourquoi croyez vous que le canadien Boralex investit dans l'éolien en France notamment, Ballard dans l'hydrogène alors que nous avons Air liquide et les chinois dans le solaire etc. Vous croyez qu'ils se sont dit que le nucléaire était trop compétitif et qu'il ne fallait pas intervenir en France ? Ouvrez les yeux sur les réalités et informez vous mieux.
a écrit le 21/04/2018 à 21:43 :
@Polytech
Vos affirmations sont surprenantes, certaines crédibles mais beaucoup d'autres fondées sur des croyances et non sur la réalité technique ou industrielle de notre monde d'aujourd'hui.
Commençons par les bémols que vous mettez sur l'importance de la biomasse et de la géothermie : je suis globalement d'accord avec vous, ce n'est pas cela qui règlera le problème de la transition énergétique dont le plus gros challenge est d'éradiquer les émissions de CO2 des combustibles fossiles.
Ça se gâte un peu avec le vrai prix du kWh issu des panneaux solaires ou des éoliennes : il est clair que les subventions délirantes des années 2000 ont bien baissé en même temps que les coûts de production chutaient, mais si ces kWh étaient aussi compétitifs que ceux des énergies traditionnelles "propres" (hydrau ou nucléaire), pourquoi ces subventions existent-elles encore ???
D'autant qu'on ne compare pas les mêmes kWh : ceux des énergies solaire et éoliennes sont délivrés aléatoirement et doivent être compensés par des centrales "pilotables" ou, quand les procédés existeront, des installations de stockage, et vous oubliez de prendre en compte ces "externalités". Il est vrai que, sous l'impulsion des Allemands qui sont des antinucléaires déclarés (c'est leur droit le plus strict), la législation européenne tente de faire supporter par les énergéticiens traditionnels le poids technique et économique de ces externalités (les centrales nucléaires doivent moduler en fonction inverse des éoliennes par ex !), mais ces distorsions qui finissent toujours par être payées par les consommateurs cesseront bien un jour : celui où la concurrence pure (entre fournisseurs mais aussi entre technologies) sera instaurée, et là la vérité des coûts de production ne pourra être cachée.
Vous parlez également de stockage, en mélangeant tout : les batteries sont certes utiles pour lisser un peu les variations de fréquence autour du 50 Hz, mais ne peuvent prétendre à faire du stockage de masse, propre à absorber les variations de consommation inter-saisonnière ou à pallier les périodes de plusieurs jours sans vent ni soleil qui sont une réalité en Europe ! Les Allemands qui sont le plus sujet à ces problèmes ont choisi de conserver voire développer un parc électro-charbonnier impressionnant (plus de 100 GW !) mais ils sont dans une impasse : charbon ou blackouts, ils devront choisir !
Vous évoquez la méthanation (réaction de Sabatier) avec des rendements de 80 % ... sans préciser le process : si c'est pour stocker les surplus d'électricité intermittente en créant de l'hydrogène puis du méthane afin de produire de l'électricité dans une centrale au gaz (TAC ou CCG) , le VRAI rendement global est plutôt autour de 20 % et n'atteindra éventuellement 30 % qu'au prix de progrès qu'on attend encore. Et vous admettrez que stocker 3 à 5 kWh pour n'en récupérer qu'un seul est décourageant, surtout sur le plan économique ! Quant aux 36 installations de méthanation allemandes voire françaises que vous citez (avec un rendement de 80 % !), c'est de l'invention pure : donnez vos sources et leurs performances en termes techniques (puissance, énergie, rendement, coût...). Je pense que vous confondez des essais de laboratoire à échelle microscopique et des installations industrielles...
Et pourtant, de telles installations sont indispensables si on veut que les énergies intermittentes fassent reculer le charbon allemand (ou le nucléaire français). On est loin du compte, ce qui fait que nos amis allemands vont nous polluer pendant encore de nombreuses décennies, et que notre gouvernement est obligé de trancher entre deux solutions qui l'ennuient : ou renoncer à baisser le parc nucléaire conformément à la fameuse loi de TE, ou accepter un recul sociétal et industriel avec des périodes où la météo imposera des délestages ou nous fera subir des pannes géantes.
Quant au nucléaire, il faut accepter que son coût augmente un peu avec la prochaine génération de réacteurs : autour de 70 €/MWh TOUT COMPRIS, c'est à dire avec la gestion des déchets et de la déconstruction. Mais sans aucune externalité car cette énergie est capable de s'adapter à la demande, quelle que soit la météo !
Est-ce cher ? Quand on sait que le coût de production entre pour environ 1/3 dans le prix total payé (le 2ème tiers étant le transport et le dernier 1/3 les inévitables taxes - dont celles pour développer les énergies intermittentes !!!), et que le prix du nucléaire actuel est d'environ 55 €/MWh (cf. la Cour des Comptes), faites le calcul vous même. Dans ces conditions, les consommateurs qui sont aussi des citoyens et ont voulu une 3ème génération nucléaire encore plus sûre que l'actuelle (laquelle n'a jamais connu d'accident en 50 ans), bénéficieront toujours de prix les plus bas d'Europe. Tandis que nos amis Allemands verront les leurs (déjà deux fois plus élevés qu'en France) continuer d'augmenter avec les inévitables taxes carbone et surtout le poids des externalités dont j'ai parlé, qui croissent exponentiellement avec le taux de pénétration des énergies intermittentes.
Désolé d'être un peu raide, mais il y a des contre vérités qui énervent...
a écrit le 20/04/2018 à 13:52 :
Il existe des pays où l'éolien et le photovoltaïque se sont développés sans subventions publiques. Aujourd'hui,grâce aux progrès technologiques ces 2 sources d'énergie renouvelables n'ont à priori,plus besoin de subventions publiques et elles sont moins chères que les EPR sans les dangers de l'énergie nucléaire,qui peut coûter très cher, en cas d'accident (au moins 500 milliards d'euros pour Fukushima ) .Quant au renouvellement des centrales existantes,cela coûte cher (100 milliards d'euros) et comme le dit Corinne Lepage,le risque d'accident nucléaire sera beaucoup plus élevé avec un prolongement de la durée de vie des réacteurs à 60 ans.Pourquoi s'accrocher à une technologie dépassée,chère et surtout très dangereuse (risque d'accident catastrophique, problème du démantèlement et gestion des déchets laissée aux générations futures pour des milliers d'annees), alors qu'on a des alternatives, moins chères , pas dangereuses et efficaces contre le réchauffement climatique?
a écrit le 20/04/2018 à 13:04 :
Tout à fait d'accord pour développer l'"efficacité énergétique" de notre pays au sens large, ainsi que les énergies renouvelables THERMIQUES (bois, géothermie...).
En revanche, la grosse arnaque des écolos politiques, c'est la volonté de sortir du nucléaire, qui n'émet pas de GES, et de développer "à la place" de l'éolien et du solaire photovoltaïque à grands renforts de subventions publiques (6 milliards d'€ en 2017 !!).
Il est incroyable que ces faux écolos aient à ce point contaminé les médias, l'opinion publique et finalement les politiques (car les citoyens sont des électeurs), pour faire passer leur message que ces énergies renouvelables ELECTRIQUES seraient la clef de la Transition Energétique, à condition d'arrêter le nucléaire qui est le thème porteur de leur stratégie électorale, comme la xénophobie est celui des parties d'extrême droite.
Réponse de le 21/04/2018 à 12:30 :
@ Student : le thermique biomasse prélève sur la ressource bois (avec un décalage pour sa reconstitution) et a des aspects polluants malgré tout. Mieux vaut donc utiliser le bois dans la construction etc mais le moins possible sous forme "combustible" et sinon celles aux meilleurs rendements et très peu polluantes (pyrolyse-gazéification). Il est largement préférable d'opter pour le solaire thermique et hybride dont la ressource est largement supérieure à nos besoins, l'éolien, l'énergie des océans dont la ressources "vagues" est la plus importante etc. La géothermie à grande profondeur n'a pas de sites intéressants partout et a encore un coût élevé. Pour ce qui est des subventions, le récent rapport de la cour des comptes vous confirme que les dépenses éolien/solaire ont été faites majoritairement "avant 2011" et que depuis les prix ont largement baissé et s'orientent vers les plus bas de nos voisins. La CRE ajoute que l'éolien coûte en France "2 fois plus cher à cause des multiples recours et très longs délais judiciaires des anti-éoliens". La cour des comptes souligne que les retombées économiques sur l'éolien et le solaire sont largement au rendez-vous avec des dizaines de milliards de rentrées financières (rien que pour l'éolien terrestre vous avez plus de 900 entreprise et plus de 15.000 emplois en France et ce secteur exporte et évite que l'on importe, il faut dont en tenir compte dans vos calculs). Au Danemark ou en Allemagne entre autres (qui font désormais des bénéfices), ce poste export est très positif (pour mémoire l'allemand Siemens est numéro 1 mondial de l'éolien suivi par le danois Vestas). Enfin pour ce qui est d'arrêter le nucléaire, on le réduit au fil des recommandations de l'ASN, donc de la sécurité et par ailleurs de la rentabilité économique de chaque centrale et compte tenu de la très forte baisse du prix des renouvelables et du stockage, il s'avère que les EPR ne sont plus compétitifs et ce sont les dirigeant d'EDFF, d'Engie qui le disent et la Sfen dans son dernier rapport qui vous l'écrit et qui réclame une "prise en charge publique totale des risques financiers du nucléaire" si l'on voulait continuer. Enfin certains anciens réacteurs ne sont plus non plus compétitifs à rénover face à la forte baisse des renouvelables et du stockage. Vous pouvez avoir confirmation de cela partout dans le monde notamment aux Etats-Unis et vous allez le constater en France car plusieurs de nos réacteurs arrivent en fin de course et la réalité économique et sécuritaire s'impose (sans évoquer le fait que de plus en plus de régions, communes, quartiers, entreprises, particuliers dans le monde commencent à passer à l'autonomie totale grâce à l'évolution technologique et que c'est un concurrent très sérieux des opérateurs qui doivent intégrer le transport coûteux incompressible de l'électricité (plus de 30% du prix). Suivez de plus près ces changements car çà se passe aujourd'hui de plus en plus partout dans le monde et vous semblez faire l'autruche un peu comme vos parents ou grand-parents en 40...et on connaît la suite !
a écrit le 20/04/2018 à 2:42 :
Complètement d'accord avec Polytech.Les énergies renouvelables font des progrès rapides et elles seront moins chères que les énergies fossiles avant 2020.Il faut que notre technocratie se décide à abandonner le nucléaire, sinon on prendra du retard vis à vis des autres pays et notamment par rapport à l' Allemagne. Areva devrait se reconvertir dans le démantèlement des centrales nucléaires.EDF doit sortir du gouffre financier du nucléaire au plus vite sinon elle risque de couler. Elle doit mettre le paquet sur le développement de l'éolien et du photovoltaique, avant qu'il ne soit trop tard.
Réponse de le 20/04/2018 à 13:09 :
Quel retard par rapport à l'Allemagne ??? Celle-ci va dans un mur en arrêtant son nucléaire ce qui provoque l'envolée du prix de l'électricité (deux fois plus chère qu'en France) et une pollution majeure de l'ensemble de l'Europe à cause de leurs centrales au charbon. Et sans espoir d'y remédier car les énergies aléatoires du soleil et du vent ne sont d'aucun secours fiable lors des pointes de consommations, le stockage de masse de l'électricité n'existant pas et n'étant pas près de devenir une réalité.
Avant d'avoir un discours méprisants vis à vis des industriels du nucléaire français, il faudrait avoir des bases sérieuses sur les réalités techniques, pour ne pasdire les réalités tout court.
Réponse de le 21/04/2018 à 12:42 :
@ Student : informez-vous mieux ! La France est depuis des années "importateur net" d'électricité d'Allemagne car celle-ci y est moins chère (vous avez les prix en direct sur le site de RTE notamment et le détail complet du Worl Nuclear Status Report annuel pour vous le confirmer). Quant à la pollution du charbon elle est liée à l'histoire et à la géologie de l'Allemagne donc du lobby charbonnier qui s'accroche comme en Pologne mais le bas prix de renouvelables le fait reculer et ces dernières font fermer des centaines de centrales à charbon et de gaz dans le monde au fil du temps. (voyez les bilans de Carbontrackers entre autres). Quant aux pointes, nous sommes sur le réseaux Entso-e européen et commençons déjà à être connectés à Geidco (international) et l'Allemagne dispose déjà de 36 unités de méthanation, la France près d'une dizaine et d'autres pays européens également. Son rendement est de plus de 80% en phase industrielle et son prix est déjà compétitif avec les batteries et centrales gaz aux Etats-UInis où le prix du gaz est pourtant bas. Enfin les sites de stockage de biométhane sont largement suffisants (6 mois de capacités en Allemagne et 2 en France). Ou avez vous vu qu'il n'y a plus de soleil ni de vent pendant 2 mois d'affilée en France et plus encore sur le réseau européen Entso-e de 41 opérateurs et 39 pays ???
a écrit le 19/04/2018 à 22:14 :
@ Dingo : ce n'est pas un parti pris de ma part mais pour la même quantité d'énergie, on a désormais beaucoup plus de renouvelables qui mettent pour un parc solaire entre 6 mois et 2 ans et en moyenne (hormis en France) 3 ans pour l'éolien contre en moyenne 10 ans et plus pour le nucléaire. Donc on va environ au moins 5 fois plus vite à mettre des renouvelables, on dépense moins, on n'a aucun risque, elles sont entièrement recyclables, peuvent être dans tous les pays et partout sous toutes formes d'intégrations. Le nucléaire est centralisé, plus coûteux et beaucoup plus contraignant, il n'offre pas de souplesse de modulation pour l'ensemble d'un parc, uniquement par réacteur mais çà augmente l'usure. Les déchets de très haute activité durent des centaines de milliers d'années, c'est ingérable et comme le disait encore l'ASN récemment on ne peut garantir aucune sécurité sur une telle durée. Les renouvelables se fabriquent en très grandes séries donc les prix ont encore un important potentiel de baisse en plus des améliorations. En conclusion, si on se concentre sur ces dernières, on aura de meilleurs résultats et plus rapidement qu'en se diversifiant sur du nucléaire qui de toutes manières demande des compétences précises donc ne peut se développer rapidement, d'autant qu'il va y avoir plus d'une centaine de fermetures de centrales nucléaires âgées, ce qui en terme de bilan "net" ne crée pas une part et évolution importante pour le nucléaire. En Chine et Inde, les nombres importants de réacteurs correspondent à terme à un % très faible en part électrique et moins encore toutes énergies confondues. Quant au stockage lié au renouvelables intermittentes, il varie de 10 à 22% généralement selon les pays et la méthanation entre autres est techniquement et économiquement prête à se développer et on va voir le décollage dans moins de 5 ans alors que plusieurs dizaines d'unités s'implantent rien qu'en Union européenne. La Sfen (société française d'énergie nucléaire) tout comme des gestionnaires de centrales nucléaires dans d'autres pays demandent des subventions au nucléaire pour survivre et tenter de rester compétitif alors que la technologie est ancienne, çà prouve le problème de non compétitivité pour le nucléaire récent que reconnaissent les dirigeants d'EDF tout comme Engie, qui investissent tous 2 massivement dans les renouvelables tout comme Total qui via sa filiale Sunpower vient encore de racheter Solarwrold America. Tous ces changements que je ne peux tous citer ici devraient vous alerter sur les changements profonds en cours et en faveur des renouvelables qui font fermer des centrales à charbon et gaz dans le monde via leur compétitivité, qui est juste un peu en retard en France mais on a baissé le prix des appels d'offres éolien. De plus on travaille sur le réseau Entso-e qui regroupe 41 opérateurs sur 39 pays et il se développe en plus le réseau international Geidco. Les 2 vont à terme permettre la fourniture d'énergie au meilleur prix toutes énergies confondues dans le monde puisque l'on relie les continents entre eux permettant la mise en commun et la meilleure sécurité du réseau comme la baisse de coûts. L'Allemagne est par exemple reliée au solaire du Kazhakstan et peut baisser ses coûts de quelques centimes par KWh rien qu'avec ce lien. Nous bénéficions également des échanges avec nos voisins et réciproquement ce qui existait avant mais se développe plus encore maintenant. Entso-e en améliorant ses liaisons va permettre une économie de plus de 500 TWh par an en Europe soit plus que la consomamtion annuelle de la France. Des réseaux comme Geidco évitent aussi à des pays de vouloir nuire à un réseau dont ils dépendent également et çà n'empêche pas les sous réseaux et autres micro-réseaux. En bref sont à privilégier l'efficacité énergétique, les renouvelables au gré de leurs évolutions et selon les sites, une part de stockage, les réseaux mais c'est vraiment s'enfoncer encore plus et une fuite en avant que de persister dans le nucléaire qui restera limité comme toutes les projections et modélisations le démontrent car il n'est jamais arrivé a vraiment faire baisser ses prix ni régler ses problèmes techniques et il est trop tard pour y réinvestir nous serions dépassés par les renouvelables et obligés de se fournir ailleurs, les chinois, indiens etc ne nous attendrons pas alors que la Chine met en place la nouvelle route de la Soie etc.
Réponse de le 20/04/2018 à 11:54 :
En Angleterre : Parc éolien de 402MW avec 67 turbines de 6 MW et coût de 1,9 M$, 2 EPR de 1.600 MW pour 18,5 M$, les 2 EPR sont 8 fois plus puissant en nominal, l’équivalent éolien coûterai 15,2 M$. Rendement EPR 80 %, éolien 25 % max. Donc environ 2600 MWh pour les EPR et 100MWh pour l’éolien. Une production en moyenne 26 fois supérieure. Coût de construction pour produire 1 MWh, EPR : 7,1 Million $ - éolien : 19 Millions $ . Vie utile EPR : 60 ans , éolien 25 ans max. Combien coutera la thermoélectrique pour pallier à l'intermittence et refaire un parque éolien dans les 60 ans de vie de l’EPR? Pour discuter de l’énergie il faut des données !!! La transition énergétique est une impossibilité physique qui se verra le jour où nous n’ aurons plus accès au pétrole. Donc sans transport pour acheminer les matières premières et les transformer et principalement l’ agriculture (100l/ha de diesel), la chaine du froid etc.. vous mangerez quoi ?
Réponse de le 20/04/2018 à 12:19 :
Rectification en dollars les deux EPR (2600MW effectif) couterons 27 M$ soit 10,4 million $ par MWh produit.

https://www.upi.com/Energy-News/2017/11/22/New-wind-farm-in-service-off-the-British-coast/7061511348159/?utm_source=sec&utm_campaign=sl&utm_medium=6

https://www.latribune.fr/entreprises-finance/industrie/energie-environnement/nucleaire-hinkley-point-trop-chere-erreur-strategique-selon-un-rapport-parlementaire-758868.html
Réponse de le 21/04/2018 à 12:44 :
@ Roberton : désolé mais la cour des comptes britannique calcule mieux que vous ! Votre calcul et vos donnés sont en effet inexactes à tous les niveaux (facteur de charge, taux de disponibilité, garantie de plus de 30 ans, prix du repowering, coût des capitaux etc). Le nucléaire EPR britannique a des prix fixés pour plus de 35 ans contractuellement et ils n'intègre évidemment pas les coûts de retraitement, démantèlement, stockages ultra-longue durée, coûts annexes annuels très coûteux des agences de sécurité, les rénovation (carénages) sur la durée de 60 ans (extrêmement coûteux) et en aucun cas les risques (encore plus coûteux le cas). En complément je cite "Le coût de la production d'énergie à partir des parcs éoliens offshore au Royaume-Uni a chuté en dessous du prix que les réacteurs nucléaires factureront à l'avenir (si tout sa passe bien car il y a déjà des retards et réévaluations de coûts). Les données officielles révèlent que les projets éoliens offshore générant de l'électricité en 2021-22 se sont vu attribuer des contrats à 74,75 £ par mégawattheure, tandis que ceux qui devraient être générés en 2022-23 ont été attribués pour une subvention de seulement 57,50 £. C'est nettement inférieur aux contrats de 92,50 £ accordés à EDF en France en 2012 pour la construction de Hinkley Point C, qui sera la première nouvelle centrale nucléaire de Grande-Bretagne en plus de deux décennies. De plus grandes turbines et des câbles à plus haute tension ont, ces dernières années, réduit fortement le prix de l'énergie éolienne (et vont continuer à le faire au fil de l'amélioration des technologies éoliennes). Les nouveaux prix sont en moyenne 47% plus bas qu'ils ne l'étaient il y a un peu plus de deux ans et demi lorsque les résultats des dernières enchères compétitives ont été annoncés." L'un des lauréats de la dernière vente aux enchères était l'électricien danois Dong Energy, avec une offre de £ 57.50 par mégawattheure pour son parc éolien offshore Hornsea Project Two." https://www.independent.co.uk/news/business/news/offshore-win-energy-nuclear-power-plant-cheaper-subsidies-electricity-clean-environment-a7940231.html
Réponse de le 22/04/2018 à 5:22 :
Combien va couter l’éolien sans vent ? Exemple, l´Espagne a 20.000MW d’éolien et a dû installer 15.000MW au gaz et grâce à cela importe pour 6 milliards d’euros de gaz pour compenser l´intermittence, résultat fin des subventions dans les renouvelables. Le Japon importe presque tous ses combustibles fossiles. En raison de l'utilisation accrue de combustibles fossiles et de la hausse des prix internationaux du pétrole au cours des dernières années, le Japon a dépensé 60% de plus pour les importations de combustibles fossiles en 2013 par rapport à 2010, une augmentation de 270 milliards de dollars sur trois ans. Cela a inversé l'excédent commercial du Japon et a créé un creusement du déficit commercial. Les électriciens ont transférés une partie du coût élevé de la production d'électricité pour les consommateurs, et les prix ont augmenté d'au moins 20%. Retour au nucléaire. Le Danemark exporte quand il y a du vent son surplus pour les STEP de la Norvège à un prix dérisoire et le rachète au prix fort durant les périodes sans vent. Le Danemark subventionne l´électricité de la Norvège. Fin des investissements. Au XIX siècle les moulins à vent ont été remplacés par la machine à vapeur pour éliminer l´intermittence, aujourd’hui nous y revenons, les leçons de l´histoire ne servent à rien.
http://huet.blog.lemonde.fr/2018/04/19/la-cour-des-comptes-alerte-sur-le-cout-des-enr/
a écrit le 19/04/2018 à 18:15 :
Réponse à Dingo
Le dernier rapport de l'ADEME dit clairement qu'en 2050, on peut remplacer complètement les énergies fossiles et le nucléaire,par les énergies renouvelables si l'on fait les investissements nécessaires.Donc, il faut avoir la volonté politique de résister aux lobbies pétrolier et nucléaire et de faire les investissements indispensables.
a écrit le 19/04/2018 à 17:33 :
@ Polytech + Citoyen Blasé.

L'objectif de réduire la hausse de la température en n'utilisant que des énergies renouvelable est à mon sens naif. Toutes les technologies permettant d'atteindre cette objectif doivent être prise en compte. Le nucléaire qu'on le veuille ou non, fait partie de la solution. C'est d'ailleurs grâce à l'atome que nous rejetons moins de CO2 que les autres pays industrialisé. Alors certes le nucléaire à des inconvénients mais les énergies renouvelable aussi.
a écrit le 19/04/2018 à 14:26 :
L'Irena n'a pas actualisé son étude avec les chiffres les plus récents car on atteint des prix déjà beaucoup plus bas pour le solaire et l'éolien (par exemple 14 à 17 euros le MWh éolien en Amérique latine et du Nord, en plus avec une part de stockage de plus en plus intégrée aux appels d'offres). Donc dans une démarche globale on peut vraiment tirer les prix vers le bas. Il est évident que ce sont les énergies renouvelables désormais les plus à même d'avancer rapidement et à bas coût et le stockage massif comme la méthanation qui atteint plus de 80% en phase industrielle et qui est également compétitives désormais avec les centrales gaz aux Etats-Unis où pourtant le prix du gaz est peu élevé. Les scénarios scientifiques comme ceux de Stanford, Berkeley, Caltech etc ou d'universités finlandaises, danoises, norvégiennes, suisses, britanniques etc confirment également la nécessité d'opter pour les renouvelables qui sont la voie la plus directe, la plus rapide et la moins coûteuse. L'Europe devrait opter pour la part la plus élevée tel que le Parlement européen l'a voté (35% d'énergies renouvelables d'ici 2030) c'est très accessible sans beaucoup de surcoût et vite amorti. La cour des comptes en France a souligné les dépenses en France jusqu'en 2011 mais précise que depuis les retombées ont été au rendez-vous et sont bien supérieures. La France est en retard dans les renouvelables (alors qu'elle dispose de toutes les énergies renouvelables) et en particulier dans l'efficacité énergétique, la chaleur, le solaire thermique, les réseaux de chaleur, l'éolien qui nous coûte le double comme le confirme la Commission de régulation de l'énergie (CRE) à cause des anti-éoliens. On importe toujours 50% de nos énergies fossiles depuis 25 ans çà nous coûte environ 70 milliards d'euros par an et notre nucléaire va être en phase critique avec arrêts de rénovation prolongés en 2022/2025 et beaucoup de réacteurs sont trop âgés ou peu rentables pour justifier une rénovation. Conclusion il faut viser une part élevée de renouvelables, d'efficacité énergétique et de stockage/méthanation en substitution des énergies fossiles qu'il faut plus taxer progressivement comme relever le prix du C02 pour favoriser notre indépendance énergétique, le climat, nos emplois et savoir-faire dans les renouvelables qui s'exportent bien. Sunpower filiale de Total est le numéro 1 américain depuis le rachat de Solarworld America. Il y a également des regroupement à faire dans toute l'Europe. Cà va dans le sens d'une énergie plus propre, plus sûre, recyclable, et de moins en moins chère malgré les investissements initiaux mais qui sont rapidement amortis comme on le constate.
a écrit le 19/04/2018 à 12:28 :
EDF veut augmenter la durée de vie des centrales nucléaires à 60 ans. Cela n'est pas seulement cher (100 milliards d'euros) mais dangereux, car ça augmente le risque d'accident de manière importante.Fukushima coûtera ,au bas mot, 500 milliards d'euros au contribuable japonais (alors que la compagnie d'électricité Tepco est privée!).Quant aux EPR, elles sont plus chères que les énergies renouvelables, quand on tient compte du coût du démantèlement.
a écrit le 19/04/2018 à 9:05 :
On porte à 50 ans l'âge de nos centrales nucléaires, on construit quelques EPRs de plus, ce sera moins cher, (infiniment) plus efficace
Réponse de le 19/04/2018 à 22:31 :
Le prix d'un EPR est désormais proche en France de celui d'Hinkley Point en GB et vous pouvez lire les rapports de la Cour des comptes britannique (Noa) qui sont très négatifs alors qu'elle comparait avec l'éolien et stockage. Mais depuis l'éolien a encore nettement baissé et çà va continuer. Donc il est clair que le nucléaire coûte plus cher tous frais compris qu'éolien, solaire et stockage désormais et que l'écart va encore se creuser comme toutes les études le démontrent et comme les dirigeants d'EDF, d'Engie, de Total etc ou par ailleurs la Sfen l'admettant car les renouvelables se développent en très grandes séries. Sinon ces opérateurs s'impliqueraient à vendre du nucléaire et à racheter des acteurs du nucléaire or ils ne font que racheter des acteurs des renouvelables et du stockage dont l'essor est plus important que le nucléaire dans le monde. C'est bien une question de manque de compétitivité qui s'accroît et plusieurs preuves supplémentaires précises trop longues à développer ici le démontrent clairement. Regardez les évolutions de chaque secteur et par ailleurs les perspectives des différentes études. Le nucléaire n'est qu'en faible part, ce n'est en rien par hasard.
a écrit le 18/04/2018 à 20:52 :
L'énergie c'est le veau d'or des états et des très grosses entreprises , alors l'on peu comprendre les difficultés à changer quoi ce soit .
a écrit le 18/04/2018 à 19:02 :
La France n'a pas besoin de 65% d'énergie renouvelable en 2050 si la part du nucléaire reste à 70-75% car cette dernière n'émet pas de CO2. Attention je ne dis pas que le nucléaire est la solution miracle mais si le but est de réduire le CO2 pour empêcher la hausse des températures alors la France produit une quantité de CO2 nettement inférieure par rapport à d'autre pays industrialisé comme par exemple l'Allemagne qui a pourtant plus d'énergie renouvelable que la France. Cette article ne fait que la promotion des énergies verte...
Réponse de le 19/04/2018 à 8:53 :
"Cette article ne fait que la promotion des énergies verte..."

C'est un peu comme si vous dénonciez les papiers de l'abbé pierre qui totalement subjectif s'attaquait à tout ce qui générait la pauvreté !

AU sein d'une industrie et de propriétaires d'outils de production totalement gavés à la marge bénéficiaire, à la pollution généralisée et à la destruction de la planète qui nous inonde d'articles polluants en tout genre et depuis des décennies, quand on prend rien qu'un peu ce recul là, on ne reproche pas à la petite voix du fond d'essayer de parler hein, merci.
Réponse de le 19/04/2018 à 14:33 :
@ Dingo : notre nucléaire arrive en fin de vie et les EPR ne sont plus compétitifs donc il faut passer nécessairement aux renouvelables, efficacité énergétique et méthanation : rendement plus de 80% et prix déjà compétitifs aux centrales gaz, il faut juste un marché industriel massif (stockage, transport poids-lourds, lignes de trains hydrogène en Europe qui sont moins coûteuses que les lignes avec caténaires et qui sont nombreuses etc Ne pas avancer c'est se faire devancer et être dépendants des autres dont beaucoup ont pris de l'avance et proposent des prix moins élevés dans l'éolien, le solaire, le biogaz etc.
a écrit le 18/04/2018 à 15:54 :
Le voltaïque et l'éolien représentent moins de 3% chacun de la production énergétique globale en France, car l'électricité ne représente guère plus de 22% de l'énergie globale consommée. Donc, il ne faut pas rêver, la filière est très loin d'avoir un quelconque effet sur les émissions de CO², même avec une croissance double ! Quant à la biomasse, qui est rangée dans les énergies renouvelables, c'est la source la plus polluante de toutes, pire que le carbone. Elle ne fait qu'aggraver la situation.

Une bonne nouvelle cependant, le climat ne se réchauffe plus depuis quatre ans.
a écrit le 18/04/2018 à 15:21 :
Je lis:"On peut aussi présumer que la production individuelle d’énergie et la décentralisation ne plaisent pas aux fournisseurs traditionnels". C'est surement pas le cas car qui voudraient disposer d'énergie électrique quand personne n'en consomme.
Les solutions ENR ne fonstionne pas mieux entre pays européens car quand il y a duvent enEspagne il y en a aussi en France et Allemagne c'est très clair sur les courbes de production d'énergie éolienne.
a écrit le 18/04/2018 à 14:02 :
conso versus production
https://imgur.com/a/6dEDt
a écrit le 18/04/2018 à 13:56 :
La transition énergétique est une impossibilité physique donc une grande arnaque (loi de la conservation d’énergie). la technologie aura toujours besoin de ressources minérales et d’énergie. Toutes les énergies sont basé sur le pétrole (minéraux, fabrication, transport, installation et maintenance et je ne parle pas des lubrifiants des engrenages et isolants des câbles). Cela fait 34 ans que nous trouvons moins de pétrole que nous en consommons, en 2016, 2,8 milliards de barils pour 35 milliards de conso. 2017 à été encore pire. La transition énergétique se fera naturellement en retournant vers 1800, mais bien sûr avec certainement de 1 à 2 milliards d’individus sur la planète ! La prévision de l’effondrement est pour 2030. Juste un exemple pour les éoliennes, complétement durable et soutenable ?
https://www.youtube.com/watch?v=NtIgcNR5ulc
a écrit le 18/04/2018 à 11:40 :
Cela risque de prendre du temps, encore trop de freins et de contradictions pour le moment, il est certain que plus on attend plus cela coûtera cher.

Ceci dit, de plus en plus de pays prouvent que le modèle ENR est économiquement viable et pourrait devenir concurentiellement stratégique.
Quitte à renouveler les infrastructures, car si l’on prend le cas de l’efficacité énergétique il est parfois plus facile de démolir et de reconstruire aux nouvelles normes et technologies, que d’up grader. Chaque cas est particulier.

Parmi les contradictions :
- la production locale en ENR en fonction du potentiel de chaque région permet de s’abstraire partiellement des réseaux, donc de leurs coûts. Sauf que l’interconnexion entre pays parait utile pour équilibrer les flux et pour mixer les modes de production. Cela risque d’être contredit si les moyens de stockage évoluent.
- Quelque part cela romp avec la péréquation, mais pas plus que le fait que les régions du sud sont favorisées par rapport à la production de vin ou d’huile d’olive et que le nord dispose de plus d'eau.

Heureusement la concurrence fait manifestement baisser les prix, si ce n’est pour les clients sur des marchés encore monopolisés, c’est le cas entre technologies. Dans certains cas les énergies renouvelables sont devenues plus rentables que le charbon et le nucléaire, ce qui laisse de l’espoir par rapport au développement de pays à forte population et d’autres qu’il ne faut surtout pas laisser jouer avec les allumettes. Au delà de la géoéconomie, c’est aussi une question de géopolitique et de sécurité.

Jusque là peu s’intéressaient aux "actifs échoués" qui en soi sont un contresens économique, mais on a déjà vu pire en cas de lobbying ou d’intérêts dits stratégiques, incompréhensibles pour le commun des clients. En général, face à un marché concurrentiel cela ne dure pas, ou bien ça coûte extrêmement cher.
Quand aux emplois créés, si l’on prend l’exemple du solaire ils sont incontestables au niveau des installations, moins au niveau de la production de panneaux déjà fortement automatisée (et alors ? je passe passe plus de temps à utiliser mon ordinateur qu'il n'a fallu de temps pour le fabriquer...).
La France, malgré son ensoleillement, est un mauvais exemple dans le secteur. Comme on l’a vécu dans d’autres domaine, on attend probablement un n-ieme « Grand Plan National», pour reprendre la main sur une technologie longtemps délaissée, car jugée trop simpliste pour nous ? Si les caisses sont vides on risque d’attendre longtemps et mieux vaut compter sur de grands groupes privés et sur l’innovation technologique pour progresser.
En France, le mix énergétique est un objectif largement atteignable, encore faut ‘il aller à l’essentiel, ne pas se tromper de technologie et ne pas continuer à s’engluer dans des réglementations kafkaïennes.
On peut aussi présumer que la production individuelle d’énergie et la décentralisation ne plaisent pas aux fournisseurs traditionnels. C’est encore au stade symbolique, un peu comme l’exploitant d’un potager qui plante des salades ne risque pas de concurrencer la filière agroalimentaire Sauf que dans l’énergie le prix des équipements est en forte baisse et que les professionnels s’y mettent à plus grande échelle (à voir un site futuriste https://www.usinenouvelle.com/article/apple-passe-a-100-aux-energies-renouvelables.N681579). Cela peut également relever du symbole marketing, comme cela peut devenir un avantage concurrentiel.
Actuellement chacun y voit encore ce qu’il veut, mais dans quelques années ceux qui auront loupé la mutation seront défavorisés.
a écrit le 18/04/2018 à 10:28 :
Il faudrait commencer par investir les 100 milliards d'euros, que EDF veut investir ds le renouvellement des centrales nucléaires,dans les énergies renouvelables.Après ,sur le stockage , les solutions techniques existent. Il faut simplement avoir la volonté politique d'aller contre le lobby atomique lié à EDF et le lobby pétrolier.
a écrit le 18/04/2018 à 10:04 :
Bien sur le souhait de limiter la hausse de la température à 2°C est général. Mais ce souhait ne PEUT être réalisable sans un support technique minimum.C'est bien là que se situe le problème, l'augmentation des ENR ne changera jamais les choses tant que que l'on ne sait pas stocker l'énergie ce qui est le cas aujourd'hui. trop de gens se trompent et prennent leur désir pour des réalités et moyennant quoi ils envoient toute l'humanité dans le mur.N'oubliez pas que l'on travaille sur l'efficacité énergétique depuis 1974 soit quarante cinq ans et ce n'est pas en cinq minutes quand on n'a aucune base technique que l'on peut trouver les solutions que personne n'a trouvées jusque là.Il existe pourtant des solutions pour résoudre les problèmes mais elles n'intéressent pas les lobbies qui sont ainsi grassement alimentés en argent public. Donc nous sommes partis pour une augmentation de trois à quatre degré d'ici 2050 et six à huit à la fin du siècle.A ce niveau la vous pouvez imaginer la conflagration mondiale.Si cela ne vous incite pas à réagir je me demande quelle catastrophe feront bouger les humains. Mais après tout les dinausores ont bien disparu sans que cela gène la planète.
a écrit le 18/04/2018 à 9:20 :
Merci pour vos articles intelligents, bien faits et enthousiastes même si l’environnement politique et économique aurait plutôt tendance à nous rendre profondément pessimiste parce que tant que les propriétaires d'outils de production gagneront 30% de revenus par an en plus en investissant sur la destruction de notre monde ils investiront à fond sur la destruction de notre monde et tant que nos politiciens seront à la botte de ces gens là on ne voit pas trop ce qui pourrait inverser la tendance.

Mais c'est vous qui avez raison d'insister sur la vérité, bravo à vous.
a écrit le 18/04/2018 à 8:36 :
l'agence defend son job mais on ne peut pas dire qu'elle est impartiale !!!
a écrit le 18/04/2018 à 8:23 :
Pour un dogme (le pseudo réchauffement du GIEC) c'est cher payé par les contribuables. Des sommes colossales qui pourraient être utilisées pour développer certains pays d'Afrique par exemple car eux, ne peuvent pas se payer les éoliennes ou les panneaux solaires très largement subventionnés dans les pays dits "industrialisés (de moins en moins)".
À propos du GIEC, il est curieux qu'un certain nombre de scientifiques éminents se soient désolidarisés des différents rapports qu'il à pondu : pourquoi ? Parce que c'est sans doute une grosse arnaque.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :