Fessenheim : l'arrêt définitif le 29 juin de la centrale nucléaire pourrait fragiliser la France l'hiver prochain

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(Crédits : Reuters)
L'arrêt définitif du réacteur nucléaire dans la nuit du 29 au 30 juin va priver la France d'une capacité de 900 MW, après une puissance équivalente déjà perdue en février avec la fermeture du premier réacteur. Le syndicat CFE-CGC estime qu'il s'agit d'une "absurdité industrielle et climatique", doublée d'une "hérésie électrique qui met la France à la merci d'une vague de froid".

L'arrêt du réacteur numéro 2 de Fessenheim intervient au moment où la sécurité de l'approvisionnement électrique pour l'hiver est compliquée par la pandémie du Covid-19, qui a bouleversé le calendrier industriel d'EDF.

Son arrêt définitif dans la nuit du 29 au 30 juin va priver la France d'une capacité de 900 MW, après une puissance équivalente déjà perdue en février avec la fermeture du premier réacteur.

Lire aussi : Coronavirus: comment EDF compte assurer le fonctionnement et la sécurité des centrales nucléaires

Retard des opérations de maintenance

La fin de la centrale alsacienne avait été prévue de longue date, bien avant la pandémie de Covid-19 qui a compliqué le calendrier des chantiers de maintenance des réacteurs d'EDF et fait maintenant craindre un hiver sous tension pour la sécurité de l'approvisionnement du pays.

Les arrêts pour travaux et rechargement du combustible sont habituellement réalisés au printemps et à l'été, afin que les réacteurs soient prêts en hiver, quand ils sont le plus sollicités en raison notamment du recours massif au chauffage électrique.

Mais ces opérations ont pris du retard cette année en raison de la crise sanitaire.

S'agissant de l'hiver prochain, la situation est "inédite" et nécessitera "une très grande vigilance", a mis en garde François Brottes, le président du directoire du gestionnaire du réseau à haute tension RTE.

EDF a du coup été contraint de s'adapter. "Le programme industriel pour maintenance programmée du parc nucléaire a été révisé et ajusté afin de disposer de la plus grande disponibilité possible sur la période novembre 2020-février 2021", explique-t-on chez l'électricien.

Des réacteurs arrêtés dès cet été pour économiser le combustible

"Nous avons réservé certains de nos réacteurs pour la production d'hiver en les arrêtant cet été et cet automne pour économiser leur combustible. Cela va également nous permettre de décaler à 2021 le prochain arrêt pour maintenance de ces réacteurs", indique le groupe.

Pour alléger la pression sur le système électrique, le gouvernement a par ailleurs mis en place des mesures de soutien plus fortes à l'effacement (la réduction ponctuelle de la consommation de gros clients), et pour l'achat de thermostats plus performants.

Face à cette situation complexe, les syndicats ont critiqué une nouvelle fois la décision de fermer Fessenheim.

"La difficulté à passer l'hiver sera d'autant plus grande que le système électrique aura été privé de 1.800 MW de puissance électrique pilotable issue des deux réacteurs de Fessenheim fermés au 1er semestre", regrette ainsi la CFE.

"Absurdité industrielle et climatique", selon la CFE-CGC

Le syndicat estime qu'il s'agit d'une "absurdité industrielle et climatique", doublée d'une "hérésie électrique qui met la France à la merci d'une vague de froid".

Mais le gouvernement n'avait pas l'intention pour autant de retarder la mise à l'arrêt, une promesse politique à haute teneur symbolique qui va finalement se matérialiser après des années d'atermoiements.

"On ne va pas changer de direction à la dernière minute", a avancé la ministre de la Transition écologique et solidaire, Elisabeth Borne.

Un report aurait été d'autant plus difficile que certains investissements indispensables à l'amélioration de la sécurité n'ont pas été réalisés dans la centrale alsacienne. Elle avait été dispensée de ces travaux justement parce qu'elle était en fin de vie.

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a écrit le 28/06/2020 à 14:30 :
Il faut grosso modo 1000 éoliennes pour un réacteur de 900 MW et à condition qu'il y ait du vent ... donc il faut demander à nos écolos ( les khmers verts ) d'installer chez eux toutes les éoliennes .Ils doivent montrer l'exemple !
Et puis comme c'est la mode du tout électrique ( voitures etc ), il faut espérer qu'en cas de très forte consommation, il n'y ait pas d'importants délestages de courant ...
a écrit le 27/06/2020 à 10:17 :
Enfin elle est arrêtée avant qu'elle n'explose ! Quant à l'approvisionnement en électricité de notre pays l'hiver prochain, il n'y a qu'à supprimer tout ce qui fonctionne inutilement et il n'y aura aucune difficulté...
Réponse de le 27/06/2020 à 11:36 :
Les centrales française ne peuvent pas exploser ! Vous n'avez aucune connaissance sur le sujet mais cela ne vous empêche pas de critiquer ! Belle mentalité ! Grâce à vous la recherche sur l'énergie atomique qui peux sauver l'humanité à été freiné en France, bientôt nous allons acheter des technologies nucléaire d'Asie ! Super ! Nous étions numéro 1 dans le monde et on ne sais plus rien faire en France. Et pour continuer sur notre lancée fermons les réacteurs ! Adieu l'économie locale et les jobs associés ! Pauvre France ont aurait pû être les meilleures au monde et faire progresser cette technologie pour qu'elle pollue de moins en moins. Pas grave on augmentera la facture et tout le monde payera
Réponse de le 27/06/2020 à 17:37 :
Ce commentaire d'Edison (pseudo hélas mal choisi) est effectivement un summum de bêtise!
Réponse de le 27/06/2020 à 21:42 :
@Edison: Suite à la fermeture "écologique", nous pourrions faire pédaler tous les détenus de France, mais je doute qu'ils suffisent à notre consommation. Il ne nous restera que la bougie.
Réponse de le 28/06/2020 à 10:21 :
"Les centrales française ne peuvent pas exploser !"

D'abord on nous a dit que les centrales nucléaires étaient sûres, puis il y a eu Tchernobyl, ensuite on nous a dit que les centrales des pays développés ne risquaient rien elles, puis on a eu Fukushima, Tout ceci sans parler de l'accident de la centrale de Three Mile Island aux états unis en 1979.

Bref au lieu de venir sur les forums nous dire que le nucléaire ne risque rien, merci de retourner vérifier les centrales nucléaires pour le constater de vos yeux, ce serait bien plus rassurant.

Vous voulez rassurer ? Travaillez au lieu de bavarder.
a écrit le 27/06/2020 à 8:48 :
et tout cela pour achetez de l'électricité a l'Allemagne
électricité produite par du charbon
et il faut le souligner une fois de plus décision prise par m hollande
pour remercier les écolos
et c'est même écolos dirons encore qu'il ne sont pas responsable du nombre de chômeurs
a écrit le 27/06/2020 à 5:08 :
Préparons les bougies. On ne va pas nous refaire le coup des masques? Elles ne sont pas, elles aussi, fabriquées à l'étranger. Rassurez-moi!
a écrit le 26/06/2020 à 23:00 :
Nucleaire n'a aucune alternative
a écrit le 26/06/2020 à 18:47 :
On paye gràve 70 ans de choix débiles de centrales sur des rivières sans avoir jamais pensé aux pépins à venir, et si on les avait toutes mises en bord de mer années 50 la ruée imbécile des touristes n'était pas encore arrivée et les locaux de ces zones très très pauvres à l'époque auraient apprécié les mirifiques salaires. (moi le premier)
Avec le changement climatique il faudra les démonter toutes, on ne peut pas garantir le refroidissement 12 mois sur 12.
a écrit le 26/06/2020 à 18:22 :
"EDF a du coup été contraint de s'adapter"

C'était surtout la nécessité de nous coller rapidement Linky, afin que chacun "s'auto-limite" en consommation. Avec du Linky partout, fini les pics hivernaux, quand on tire trop ça coupe !! Et si on veux + on paye beaucoup +

Et encore merci pour cette belle opération...
a écrit le 26/06/2020 à 14:45 :
Le nucléaire aide la France à tenir ses engagements de réduction du CO2. L’énergie tirée de l’uranium n’est malheureusement ni durable, ni renouvelable. Tôt ou tard il faudra trouver des alternatives qui garantissent la sécurité de l’approvisionnement en énergie. L’uranium provenant en totalité de l’étranger lointain, le nucléaire ne garantit dans les faits non plus pas le désir d’indépendance énergétique. Ceux qui font les louanges du GN ou GNL font acte d’ecoblanchissement. Pour passer l’hiver, le mieux c’est d’isoler au mieux le logement, ne pas dépasser les 19 degrés et se couvrir d’une laine (polaire pour les Vegan) sans oublier de chausser des charentaises. Explorer l’énergie du sol est encore un plus, il est possible de se passer de l’atome, même si cela ne devrait pas être la priorité quand on voit tous les autres problèmes bien plus graves qui manquent de financements: dépendance, inclusion, égalité des chances, éducation suffisante!
a écrit le 26/06/2020 à 11:58 :
L'éxécutif est d'une incompétence redoutable, qui en fait les frais ?.... Au nom "imropre" de l'écologie. L'avenir idéolgique (un de plus) est ouvert ! Peu importe le flacon pourvu que l'on ait l'ivresse !
Les Français .... des veaux !!!! Evocation gaulienne !
a écrit le 26/06/2020 à 10:44 :
Certes, mais il fait vraiment froid quand désormais?. Les hivers sont de plus en plus doux, les glaciers reculent par l'action combinée du réchauffement climatique et du manque de neige. Le problème risque de ne plus être l'hiver...mais l'été pour cause de climatisation et
l'énergie du climatiseur est exclusivement électrique.
a écrit le 26/06/2020 à 10:27 :
C'est juste le début, il faut parler du reste du parc. En 2021, c'est 19 tranches (hors fessenheim) qui passe la barre des 40 ans.
Et ce n'est pas les bouses pseudos vertes qui vont les remplacer
Réponse de le 26/06/2020 à 14:05 :
Le nucléaire n’a pas été reconnu comme technologie contribuant à l’objectif climatique dans les « Paquets Climat Énergie » de 2008 et 2014, ni dans le Paquet « Clean Energy for all » de 2019. L’Europe s’est focalisée sur les énergies renouvelables (ENR) dont le développement est planifié sous forme d’un objectif croissant de part d’énergie primaire (20 % en 2020, puis 32 % en 2030, etc.).
À cette fin, les règles de contrôle par Bruxelles des aides d’État en matière d’énergie et de protection de l’environnement, appelées « Lignes Directrices » ou « Guidelines », permettent aux projets ENR de bénéficier de subventions. Mais ces règles ne couvrent pas le nucléaire ce qui rend compliqué pour la France et EDF la mise en place des contrats de garanties de revenus dans la production d’électricité pour les prochains réacteurs nucléaires EPR2.

La nouvelle Commission européenne a annoncé en novembre 2019 son grand projet de « Green Deal », dont l’objectif principal est la neutralité carbone, mais le nucléaire n’a pas été inclus dans la liste des technologies qui pourront bénéficier de financements privilégiés de la Banque européenne d’investissement (BEI).De même, le nucléaire n’a pas été retenu non plus dans la « taxonomie » européenne par le Technical Expert Group (TEG) fixant la liste des technologies labellisées « durables » à destination des investisseurs, des marchés financiers et des banques publiques.Le 15 janvier 2020, le vote d’une résolution du Parlement européen ne reconnaît aucun rôle à l’énergie nucléaire dans le Green Deal.À ceux-ci s’ajoute l’affaiblissement délibéré d’EDF et des grands énergéticiens par la Commission européenne dans le but de limiter leur position dominante.La position dominante d’EDF a été particulièrement visée par Bruxelles. Du fait de l’importance de la production à faible coût par ses centrales nucléaires amorties, la France a dû mettre en place en 2010, et pour 15 ans, le dispositif de l’ARENH (Accès Régulé à l’Énergie Nucléaire Historique).

Cet « accès privilégié » consiste à céder le quart de la production nucléaire d’EDF (porté par la loi énergie-climat de 2019 à 33 %) à ses concurrents à un tarif règlementé aligné sur le coût de revient du nucléaire existant (42 €/MWh actuellement) lorsque les prix de marché sont supérieurs à ce niveau. Donc, EDF alimente ses concurrents en prenant tous les risques de production et d’investissement… en les subventionnant pour qu’ils puissent lui prendre des parts de marché.
a écrit le 26/06/2020 à 10:05 :
"quand ils sont le plus sollicités en raison notamment du recours massif au chauffage électrique." et quand on va tous passer à la pompe à chaleur pour remplacer nos chaudières gaz ou fuel, ça va surcharger un peu plus le réseau. Mes 6MWh annuels (cuisson + chauffage à 17°C) ça ferait quelle facture en pure électricité (en hiver 160-180W en permanence pour circuler l'eau, etc) ?
Stockons l'énergie en trop en été sous forme d'hydrogène, mais j'imagine mal le format de la (giga)pile à combustible pour ensuite réinjecter cette énergie sur le réseau.
a écrit le 26/06/2020 à 9:22 :
le nucléaire devient de plus en plus cher. Cet argent serait bien mieux utiliser à l'isolation des passoires termiques et travaillé sur des projets économes en électricité.

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Réponse de le 26/06/2020 à 9:57 :
Justement par rapport aux exemples que vous donnez (et certain chiffres discutables), Fessenheim n'avait aucun retard, ne coutait rien en construction, produisait de l'électricité et pouvait fonctionner 10 ans de plus. Les Allemands nous ont montré que la sortie du nucléaire c'était le charbon, mais vous avez le droit d'être partisan du charbon.
Réponse de le 26/06/2020 à 10:04 :
De toutes les façons, c'est fuel, gaz ou nucleaire. Pour le reste c'est inutile sur un réseau comme le notre.
a écrit le 26/06/2020 à 9:20 :
Voilà où nous mène l'idéologie écolo.nous en avons une autre illustration avec la conférence pour le climat. Contrairement à ce que l'on veut nous faire croire il n'y a pas de position unanime et unique sur le changement climatique. cela mérite au moins un vrai débat et pas les dictats des associations ecolo au discours stéréotypé
a écrit le 26/06/2020 à 9:18 :
Une vraie politique de l'isolation du batît assurerait une économie énergétique bien supérieure à la production de cette centrale
Réponse de le 26/06/2020 à 9:32 :
Une rénovation accompagnée d'une stratégie architecturale afin d'exploiter au mieux les mouvements d'air extérieur serait également particulièrement profitable.
Réponse de le 26/06/2020 à 9:51 :
On pourra aussi changer les chauffages électriques en quelque chose de plus efficace et moins énergivore.
Réponse de le 30/06/2020 à 9:03 :
j'ai une maison de 200 m2 de 1975, je veux bien pour vous me payiez la facture. Pour le moment, ça coûte moins cher de gaspiller l'énergie.
a écrit le 26/06/2020 à 9:11 :
arret programmé et respecté seul bemol le retard de l E P R de flamanville probleme de securite de construction avec des ouvriers etranger peu qualifiés
a qui profite le retard et les rallonges budgetaires !!!! si l'hiver est rigoureux il faut s'attendre a des coupures de courant et pour changer tout le monde va raler la faite a qui !!!!
trop de normes et trop de securite pour se proteger et ne pas etre trainer en justice il n'y as pas de raison les Chinois font tourner la meme centrale depuis presque 2 ans !!!!!
a écrit le 26/06/2020 à 8:51 :
"Le syndicat CFE-CGC"

Les syndicats s'étant fait acheter leur silence ne sont absolument pas crédibles en matière de nucléaire, on est à peu près dans la même situation qu'avec l'agro-industrie, trop se secrets partagés, trop d'argent public détourné pour avoir à les écouter, ils profitent sur le dos de tout le monde qu'ils se taisent.

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