Hinkley Point : Theresa May sceptique sur l'investissement chinois ?

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Le Royaume-Uni et EDF ont conclu un accord sur le projet Hinkley Point, en Angleterre, en 2013 alors que la participation chinoise a été intégrée deux ans plus tard.
Le Royaume-Uni et EDF ont conclu un accord sur le projet Hinkley Point, en Angleterre, en 2013 alors que la participation chinoise a été intégrée deux ans plus tard. (Crédits : Reuters)
La première ministre britannique ne partageait pas l'enthousiasme de son prédécesseur David Cameron pour l'implication financière de la Chine dans le projet de construction par EDF de deux réacteurs nucléaires EPR à Hinkley Point, a confié samedi à la BBC un ancien collègue.

"Quand nous étions au gouvernement (Cameron)", a rapporté l'ex-ministre des Entreprises Vince Cable, "Theresa May a bien fait comprendre qu'elle n'appréciait pas l'approche plutôt enthousiaste que nous avions vis-à-vis de l'investissement chinois."

"Dans mon souvenir, elle avait soulevé à l'époque des objections", a-t-il ajouté lors d'une interview accordée à la BBC.

Les services de Theresa May n'ont pas réagi aux propos de Vince Cable. Une porte-parole du gouvernement a déclaré vendredi qu'il était "simplement normal" que le nouveau cabinet se penche sur tous les aspects du projet.

Menace chinoise ?

Theresa May a été pendant six ans ministre de l'Intérieur du gouvernement de David Cameron avant de prendre sa succession à la tête de l'exécutif britannique après le vote du 23 juin en faveur d'une sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

Dans les semaines qui ont suivi le "Brexit", la nouvelle chef du gouvernement britannique a souligné que son pays restait ouvert aux investissements. Elle a toutefois prévenu que son gouvernement devait être capable d'intervenir pour défendre un secteur jugé stratégique contre des capitaux étrangers si nécessaire.

L'an dernier, Nick Timothy, un proche collaborateur de Theresa May devenu l'un de ses chefs de cabinet, s'était inquiété du fait que le groupe CGN, détenu par l'Etat chinois, aurait accès à des systèmes informatiques lui donnant la capacité de bloquer la production énergétique britannique.

Un projet (encore) retardé

A peine lancé par EDF, le projet de l'électricien de construire une centrale nucléaire au Royaume-Uni fait face à un nouveau contretemps: le nouveau gouvernement britannique s'est donné plus de temps pour se prononcer sur ce gigantesque chantier controversé, relançant les craintes sur son avenir.

Le ministre britannique des Entreprise et de l'Energie, Greg Clark, a surpris jeudi soir en déclarant que le gouvernement allait "examiner avec soin" le projet et ne rendrait pas sa décision finale avant le début de l'automne.

Cette annonce a pris de court jusqu'au sommet même d'EDF, dont le conseil d'administration venait d'approuver le lancement de la construction de deux réacteurs EPR à Hinkley Point, dans le sud-ouest de l'Angleterre, après des années de discussions.

Fin octobre 2015, EDF, son partenaire chinois CGN et le gouvernement britannique ont conclu une série d'accords en vertu desquels l'électricien public français détiendra 66,5% du projet et CGN (China General Nuclear) 33,5%. Le coût de construction des réacteurs est estimé par EDF à 18 milliards de livres sterling (21,3 milliards d'euros environ).

(Avec Reuters et AFP)

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Commentaires
a écrit le 01/08/2016 à 5:12 :
Je n'imagine pas nos amis anglois donner les cles de l'angleterre aux chinois.
Surtout pour un secteur aussi important.
a écrit le 31/07/2016 à 8:50 :
On se dirige tranquillement vers un enterrement de première classe pour ce projet faramineux, malgré les affirmations de son PDG, qui placé là en fonction des strapontins disponibles servira in fine de fusible.
a écrit le 30/07/2016 à 21:44 :
Enfin la raison va peut-être primer sur l'orgueil du pouvoir politique masculin. Les clients français d'EDF n'auront pas à payer le risque financier d'Hinkley Point. Il ont déjà fort à faire à renflouer Areva.
a écrit le 30/07/2016 à 19:44 :
Tiens, pour une fois, une attitude britannique que j'estime. Mettre des infrastructures vitales sous contrôle d'un puissance qui n'est PAS un allié est vraiment vendre la corde pour se pendre.
a écrit le 30/07/2016 à 18:41 :
Et bam ! Premier coup de trafalgar post-brexit de la perfide Albion en qui on ne peut decidement pas se fier (souvenez-vous du coup du design des porte-avions en 2012). L'Angleterre (oui, l'Angleterre) n'est vraiment interessée que par elle-meme, laissons-la divaguer.
En meme temps, retarder voire annuler Hinkley Point n'est pas forcement un mauvaise chose pour EDF, je ne vois pas comment ils vont faire face au mur d'investissement, sauf à rogner sur la securité.
Réponse de le 31/07/2016 à 8:14 :
Si la perfide Albion comme vous dites annulait ce contrat, vous voyez comment le plan de charge d'AREVA dans les années qui viennent ? Je ne sais pas si l"EPR est un produit génial ni si d'Escatha est son meilleur témoin de bonne conception mais s'il passe à la trappe et que ROSATOM , les Coréens et les Chinois prennent 100% du marché, quel avenir pour les Français ? Quant au "mur d'investissement" , cool: le "grand carénage" ne représente qu'une charge annuelle double de ce qui se faisait dans la dernière période, ce qui n'est pas techniquement infaisable. Et pour la capacité de financement, tout ira bien si l’État arrête de faire plonger le prix de marché du MWh en France en biberonnant les éoliennes de subventions open bar... Sur ce plan, Albion est plus raisonnable, isn't !
Réponse de le 31/07/2016 à 11:19 :
@Steph: alors quand on rompt le contrat des Mistral, on est des héros, mais quand les autres rompent un contrat, ils sont perfides ? Un peu de logique serait bienvenue, non :-)
a écrit le 30/07/2016 à 18:06 :
Parfait, il faut que les anglais annulent le contrat et paient une super indemnité de dédit
EDF en sera doublement gagnant !
Réponse de le 31/07/2016 à 8:11 :
Sauf qu'il n'y a aucun contrat de signé.
Réponse de le 31/07/2016 à 8:16 :
Bof : Si les anglais annulent, la filiale d'EDF au Royaume-Uni perdra énormément de sa valeur.

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