L'hydrogène décarboné est amené à jouer un rôle clé dans la transition énergétique. Mais le chemin est encore long. Aujourd'hui, 98% de la production d'hydrogène dans le monde repose encore sur des énergies fossiles. La bascule de l'industrie traditionnelle de l'hydrogène vers celle de demain, plus respectueuse du climat, représente un immense défi et fait l'objet d'une intense compétition à l'international. Dans cette course, le rôle de l'innovation pour développer de nouvelles technologies et faire baisser leurs coûts est déterminant et l'Union européenne a de quoi se réjouir. En effet, selon une nouvelle étude menée par l'Office européen des brevets (OEB) et l'Agence internationale de l'énergie (AIE), l'UE et le Japon sont les régions du monde les plus innovantes en la matière.
Au cours de la dernière décennie (2011- 2020), les deux zones ont représenté respectivement 28% et 24% des demandes de brevets internationaux en lien avec l'hydrogène. Et, preuve que la bascule entre les deux mondes s'est enclenchée, en 2020, 80% des demandes de brevets dans le secteur de l'hydrogène étaient liées aux technologies alternatives aux combustibles fossiles.
Inédite par son ampleur, l'étude analyse l'ensemble de la chaîne de valeur de l'hydrogène de sa production à ses applications, en passant par son stockage, son transport et sa distribution. Elle identifie toutes les inventions dans le monde en lien avec l'hydrogène qui ont fait l'objet d'une demande de brevet dans au moins deux pays. On parle alors de familles de brevets internationales. Un moyen d'identifier les innovations les plus matures et de corriger les biais de pays qui ont une riche production de brevets à l'échelle domestique, précise l'OEB. « Cette mesure uniforme nous permet de réaliser des comparaisons pertinentes entres les pays », explique Yann Menière, économiste en chef à l'OEB. La méthodologie élimine donc de fait beaucoup de brevets en Chine, qui dépose traditionnellement un grand volume de brevets nationaux (et non internationaux).