« L’électrification de notre économie ne peut se faire sans nucléaire » (Jacques Percebois)
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Est-il correct de dire que le nucléaire est relancé en France ?
Jacques Percebois Disons déjà que nous avons arrêté la sortie partielle du nucléaire. La loi prévoyait en effet la fermeture de quatorze réacteurs, afin de limiter la part du nucléaire dans notre mix électrique à 50 % en 2035. Ce choix a été révisé et un nouvel objectif fut fixé : 50 % de nucléaire d'ici 2050, les 50 % autres provenant du renouvelable. Nucléaire et renouvelable sont tous deux des énergies décarbonées néanmoins, contrairement au nucléaire, les renouvelables ne sont pas pilotables, à l'exception de l'hydraulique de barrage. L'énergie nucléaire dans notre mix va donc être limitée en pourcentage, mais il faut comprendre que, dans le même temps, la part d'électricité dans l'énergie finale, c'est-à-dire l'énergie consommée par les Français, va considérablement augmenter. Elle va passer de 25 % aujourd'hui à 55 % d'ici 2050. Cela s'explique par l'électrification des usages : les industries, la mobilité, le bâtiment, tous se tournent vers l'électricité pour se décarboner. Concrètement, la France a besoin d'augmenter sa production d'électricité et, pour ce faire, a besoin du nucléaire, et donc de construire de nouveaux réacteurs.
Cette idée commence à être de mieux en mieux acceptée par l'opinion publique, notamment à cause de la hausse des prix de l'énergie et des craintes qui pèsent sur notre approvisionnement. Il faut se souvenir que la France est l'une des nations pionnières du nucléaire, dont les origines se trouvent en Europe. Pendant longtemps, ce fut un choix indiscuté, avant que ne montent des oppositions, à partir de 2012 tout spécialement. Actuellement, le pays prend conscience du besoin de relancer son industrie nucléaire.
Outre les implications économiques, l'acceptabilité est aussi liée à la sécurité : le nucléaire est-il un choix sûr ?
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J.P. Cette industrie souffre de son origine militaire, mais elle est sûre. Les grandes catastrophes ont des sources extérieures : une erreur humaine à Tchernobyl, un tsunami à Fukushima. Certes, l'Ukraine et sa centrale de Zaporijia démontrent qu'il existe un risque en cas de conflit, mais les sites industriels, notamment chimiques, présentent eux aussi un risque dans de telles conditions. Avec l'industrie, le risque zéro n'existe pas. Bien entendu, l'opinion publique se préoccupe des risques industriels. Néanmoins, il faut regarder les statistiques du nombre de morts par énergie établies par les Nations Unies et l'OCDE. L'énergie qui a le plus tué, et de loin, est le charbon, entre l'exploitation des mines et la pollution. Vient ensuite l'hydraulique, en raison des ruptures de barrage, en Asie notamment, puis le pétrole et le gaz et, enfin, le nucléaire.