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ClimatEnergie & Environnement

Le rejet des eaux de Fukushima a débuté, la Chine suspend toutes ses importations de produits de la mer japonais

latribune.fr

Publié le 24 août 2023 à 05:43 - Mis à jour le 24 août 2023 à 11:20

La Chine a suspendu toutes ses importations de la mer en provenance du Japon.

La Chine a suspendu toutes ses importations de la mer en provenance du Japon.

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Le Japon a commencé ce jeudi le rejet d'eaux usées issues de la centrale nucléaire accidentée de Fukushima Daiichi dans l'océan Pacifique. La Chine, qui a suspendu toutes ses importations de la mer, et, dans une moindre mesure la Corée, s'inquiètent des conséquences de cette décision sur l'environnement.
[Article publié le jeudi 24 août 2023 à 07h43 et mis à jour à 13h20] Au Japon, les pompes ont été actionnées et les valves ouvertes ce jeudi 24 août pour acheminer l'eau de Fukushima dans l'océan avec, déjà, des conséquences économiques majeures. La Chine vient en effet de décider de suspendre toutes ses importations des produits de la mer japonais. Cette décision, prise au nom de « la sécurité alimentaire, » vise à prévenir « les risques de contamination radioactive causés par le rejet en mer des eaux contaminées, » ont indiqué les Douanes dans un communiqué. Hong Kong avait déjà dit mardi appliquer des réductions sur les importations de certains produits alimentaires japonais. Au grand dam des pêcheurs locaux qui commençaient à peine à relever la tête et qui 

redoutent de voir leur activité rechuter à cause d'un préjudice d'image.

Le Premier ministre japonais Fumio Kishida a répliqué et annoncé ce jeudi que son gouvernement avait demandé à la Chine « d'éliminer immédiatement » la suspension de ses importations.

«Le Japon doit arrêter immédiatement les rejets dangereux d'eau radioactive qui menace sérieusement la sécurité et l'avenir de l'humanité», selon un communiqué du ministère publié par l'agence officielle nord-coréenne KCNA (Korean Central News Agency).

A LIRE AUSSI

Rejet des eaux de la centrale nucléaire de Fukushima : la Chine s'insurge contre la décision du Japon, la Corée du Sud s'inquiète

Devant l'escalade verbale, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) a été contrainte de publier un communiqué ce jeudi. « Les experts de l'AIEA ont collecté des échantillons cette semaine des eaux préparées pour le premier déversement », a expliqué l'instance onusienne, qui supervise l'opération. « L'analyse menée de manière indépendante sur place a confirmé » que la concentration en substance radioactive tritium se situait « bien en dessous de la limite opérationnelle de 1.500 becquerels (Bq) par litre ».

Au total, le Japon prévoit d'évacuer dans l'océan Pacifique plus de 1,3 million de m3 d'eaux usées stockées jusqu'à présent sur le site de la centrale de Fukushima Daiichi, provenant d'eau de pluie, de nappes souterraines et des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs entrés en fusion après le tsunami de mars 2011 qui avait dévasté la côte nord-est du pays.

Ce premier déversement devrait durer environ 17 jours et porter sur quelque 7.800 m3 d'eau de la centrale contenant du tritium, une substance radioactive qui n'est dangereuse qu'à des doses hautement concentrées. Tepco prévoit trois autres déversements d'ici fin mars prochain, pour des volumes équivalents au premier.

Un processus très progressif

Ce processus sera très progressif - il doit durer jusque dans les années 2050 - et la teneur d'eau tritiée dans les rejets en mer quotidiens n'excèdera pas 500 m3. L'eau a été filtrée au préalable pour la débarrasser de la plupart de ses substances radioactives, à l'exception du tritium. Le Japon prévoit de rejeter cette eau avec une importante dilution au préalable, de sorte que son niveau de radioactivité ne dépasse pas 1.500 becquerels (Bq) par litre. Ce niveau est 40 fois inférieur à la norme nationale japonaise pour l'eau tritiée alignée sur la norme internationale (60.000 Bq/litre), et il est par ailleurs environ sept fois inférieur au plafond établi par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour l'eau potable (10.000 Bq/litre).

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Le rejet en mer d'eau tritiée est une pratique courante de l'industrie nucléaire dans le monde entier. « C'est un cas classique où la perception du risque lié au tritium est radicalement plus élevé que le véritable risque qu'il représente », a commenté cette semaine Tom Scott, un expert de l'université de Bristol, rappelant par ailleurs que le tritium est naturellement présent dans la haute atmosphère terrestre et dans les océans.

L'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), qui supervise l'opération de rejet, a donné son feu vert en juillet, jugeant que le projet était conforme « aux normes internationales de sûreté » et qu'il aura un impact radiologique « négligeable sur la population et l'environnement ».

La Chine demande au Japon de mettre «fin à cette action répréhensible»

Reste que la Chine, avant de décider de suspendre ses importations de produits de la mer japonais, a protesté officiellement auprès du Japon dénonçant une action « égoïste et irresponsable » et exigeant du pays qu'il mette « fin à cette action répréhensible ».

« Le gouvernement japonais n'a pas prouvé la légitimité » de ces rejets, « ni qu'ils sont inoffensifs pour le milieu marin et la santé humaine », a estimé le ministère chinois des Affaires étrangères. « Ce que le Japon fait, c'est transférer au monde entier les risques et prolonger la douleur aux générations futures ».

Selon des analystes, la position intransigeante de Pékin sur l'eau de Fukushima est très probablement aussi liée aux relations sino-japonaises déjà tendues sur de nombreux sujets économiques et géopolitiques.

« L'océan n'est pas la poubelle du Japon »

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Pour Han Duck-soo, Premier ministre de la Corée du Sud, le Japon doit « publier de manière transparente » les données sur l'impact des rejets de l'eau de Fukushima « durant les 30 prochaines années ». Il a néanmoins dénoncé les « fausses informations » et la démagogie à propos de la décision du Japon que Séoul a publiquement soutenue. Par ailleurs, seize personnes qui protestaient contre cette action du Japon ont été arrêtées pour avoir tenté de pénétrer dans l'ambassade du Japon à Séoul. Ils s'étaiten rassemblés devant l'ambassade, brandissant des pancartes sur lesquelles on pouvait lire des slogans comme : « L'océan n'est pas la poubelle du Japon ». Dans le pays, des consommateurs ont fait des réserves de sel d'eau de mer ces derniers mois, de peur que ce produit ne devienne bientôt dangereux pour la santé.

(Avec AFP)

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