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Rejet des eaux de la centrale nucléaire de Fukushima : la Chine s'insurge contre la décision du Japon, la Corée du Sud s'inquiète

latribune.fr

Publié le 22 août 2023 à 12:26 - Mis à jour le 22 août 2023 à 14:59

Une manifestation en Corée du Sud contre la décision du Japon de déverser les eaux de la centrale de Fukushima dans l'océan Pacifique, le 22 août à Séoul.

Une manifestation en Corée du Sud contre la décision du Japon de déverser les eaux de la centrale de Fukushima dans l'océan Pacifique, le 22 août à Séoul.

Reuters

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Pékin a, une nouvelle fois, manifesté son inquiétude ce mardi après l'annonce du Premier ministre japonais du début des opérations de rejet des eaux de la centrale nucléaire accidentée dans l'océan Pacifique ce jeudi. Hong Kong a également annoncé appliquer « immédiatement » des réductions sur les importations de certains produits alimentaires japonais. Au grand dam des pêcheurs qui craignent en effet de voir leurs produits boudés par des clients inquiets malgré les messages rassurants de l'exécutif qui assure que ces rejets sont sans danger.

[Article publié le mardi 22 août 2023 à 14h26 et mis à jour à 16h59] Annoncé depuis plusieurs mois, le rejet des eaux de la centrale de Fukushima débutera jeudi. C'est ce qu'a annoncé, ce mardi, le Premier ministre japonais. Une décision qui, même si elle est sans danger comme ne cesse de le répéter l'exécutif nippon, n'a pas manqué de faire réagir la Chine, farouchement opposée à ce projet. Celle-ci a accusé le Japon de rejeter « arbitrairement » dans l'océan Pacifique l'eau contaminée de la centrale nucléaire accidentée par le tsunami du 11 mars 2011 lui-même provoqué par un séisme de magnitude 9,1 sur l'échelle de Richter.

« Le vice-ministre des Affaires étrangères Sun Weidong a convoqué l'ambassadeur du Japon en Chine, Hideo Tarumi, pour lui adresser une déclaration solennelle après que Tokyo a annoncé qu'il commencera à rejeter de l'eau de la centrale touchée de Fukushima dans l'océan Pacifique cette semaine », selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

« L'océan est la propriété de toute l'humanité, ce n'est pas un lieu où le Japon peut arbitrairement rejeter de l'eau contaminée », a ainsi fustigé devant la presse un porte-parole de la diplomatie chinoise, Wang Wenbin.

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Ce n'est pas la première fois que la Chine condamne cette pratique. Le 7 juillet dernier, les autorités douanières du pays avaient déjà annoncé qu'elles allaient « interdire les importations de denrées alimentaires en provenance de dix préfectures japonaises, dont celle de Fukushima » pour des raisons de sécurité. « Les douanes chinoises maintiendront un niveau élevé de vigilance », avait également assuré l'autorité dans un communiqué.

Ce mardi, le chef de l'exécutif de Hong Kong, John Lee, a également déclaré avoir ordonné à son gouvernement d'appliquer « immédiatement » des réductions sur les importations de certains produits alimentaires japonais après l'annonce de Tokyo. « La sécurité alimentaire et la santé publique à Hong Kong sont les priorités essentielles du gouvernement de Hong Kong », a-t-il écrit sur Facebook, ajoutant avoir « immédiatement donné l'instruction (...) aux ministères concernés d'activer des mesures de contrôle des importations pour protéger la sécurité alimentaire et la santé publique à Hong Kong ».

Inquiétude de la population sud-coréenne

De son côté, la Corée du Sud a mené sa propre étude du plan de Tokyo, concluant que le Japon respectera les principales normes internationales et que le déversement aura des « conséquences négligeables » sur les eaux sud-coréennes, selon le ministre de la coordination des politiques, Bang Moon-kyu, le 7 juillet. De plus, il faudrait jusqu'à dix ans pour que l'eau traitée rejetée de Fukushima dans l'océan Pacifique parvienne près de la péninsule coréenne, avait-il ajouté. Néanmoins, le pays a répété ce mardi n'avoir décelé aucun problème scientifique ou technique en lien avec ce projet, tout en soulignant que cela n'impliquait pas qu'il l'approuve.

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D'autant que la population est largement opposée à cette pratique. En témoigne une 

récente enquête de Gallup Korea, selon laquelle environ 80% des personnes interrogées en Corée du Sud ont exprimé leur inquiétude. L'accord octroyé par l'AIEA avait d'ailleurs déclenché des achats de panique de sel dans le pays, par crainte que l'eau de Fukushima ne pollue l'océan, ainsi que le sel provenant de l'eau de mer. Ce mardi, des manifestations se déroulaient à Séoul en signe de protestation.

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Colère des pêcheurs

Au sein même du Japon, la décision des autorités inquiète. En particulier les pêcheurs qui craignent de voir leurs produits boudés par des clients effrayés d'un potentiel risque de contamination. Pour tenter de les rassurer, le Premier ministre s'est entretenu, lundi à Tokyo, avec Masanobu Sakamoto, le représentant de l'industrie de la pêche nippone. Si ce dernier est resté inflexible assurant être « toujours opposés au rejet de l'eau », le chef du gouvernement a, lui, appelé la profession à « de la compréhension face à la nécessité de rejeter » cette eau. Car pour l'exécutif japonais, le rejet des eaux de la centrale apparaît comme « essentiel » pour le progrès du démantèlement de cette dernière, dont « dépend la reconstruction de Fukushima ». D'autant que les réservoirs qui contiennent les eaux issues de la pluie, des nappes souterraines ou des injections nécessaires pour refroidir les cœurs des réacteurs nucléaires entrés en fusion, arrivent à saturation, contraignant ainsi le Japon à les déverser progressivement dans l'océan Pacifique. Au total, 1,33 million de tonnes d'eau y seront rejetées.

Une eau filtrée et diluée

Mais pas avant d'avoir été traitée, éliminant ainsi tout risque de contamination, martèle Tokyo en réponse aux inquiétudes. Elle va ainsi être filtrée selon un processus déjà utilisé dans de nombreuses centrales. Reste néanmoins une substance qui ne peut être filtrée, car de trop petite taille : le tritium et qui doit donc être déversé, avec l'eau filtrée, dans l'océan. Pour autant, le tritium sera dilué avant d'être rejeté. Et Tepco, l'opérateur de la centrale, a privilégié dans son plan des niveaux très faibles après dilution, bien en deçà des limites autorisées.

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Un plan qui a d'ailleurs reçu l'aval, le 4 juillet dernier, de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA). Son chef, Rafael Grossi, a, en effet, indiqué qu'il « satisfai[sait] aux normes internationales de sûreté » et aurait un impact « négligeable ». De quoi rassurer pays voisins et consommateurs ? Rien n'est moins sûr.

(Avec AFP)

latribune.fr

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