Les entreprises accélèrent vers le zéro carbone

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PRISE DIRECTE. Avec 60% de l’empreinte carbone d’un territoire qui dépend des citoyens mais surtout des entreprises, ces dernières doivent accélérer leurs efforts pour remplir les objectifs de l’accord de Paris. Lors du Forum Zéro Carbone organisé par la Tribune et la Mairie de Paris, Marie-Ange Debon, présidente du directoire de Keolis pour le transport, Jean-Bernard Levy, président directeur général d’EDF pour l’énergie et Stéphane Richard, président directeur général d’Orange pour les télécoms et le numérique ont fait le point sur la stratégie de leur secteur économique dans les mobilités, l'énergie et le numérique.

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Parmi les secteurs industriels, celui des transports est un Janus de la pollution; un problème à deux têtes. D'un côté des véhicules individuels responsables d'une bonne partie des émissions de gaz à effet de serre (GES), de l'autre des transports en communs qui contribuent à éviter bon nombre de déplacements individuels dans des voitures à essence ou diesel.

C'est pourquoi Marie-Ange Debon, présidente du directoire de Keolis, filiale à 70% de la SNCF qui opère les modes de transport autres que le train, est à l'aise pour évoquer la lutte contre le réchauffement climatique. « Au km/passager, nous émettons de 50 à 100 fois moins de GES que les voitures. Et nous sommes en pointe sur les mobilités douces ». Le « coach de mobilité » de Keolis est un assistant vocal qui permet d'arbitrer et de coordonner les différents modes de transport que ses clients peuvent emprunter chaque jour (bus, vélos, trottinettes, tramways, etc.). Par ailleurs, la filiale de la SNCF teste les nouvelles énergies comme les bus à hydrogène à Versailles et Pau. « Ce dimanche (12 décembre NdR), nous allons déployer aux Pays Bas la plus grande flotte européenne de bus électriques (250) », annonce Marie-Ange Debon. Keolis profite de la volonté de nombreuses municipalités, en France et dans le monde, de transformer leurs flottes de transports en communs et d'interdire leurs rues aux véhicules polluants.

De son côté, Jean-Bernard Levy, président directeur général d'EDF, rappelle que « grâce au nucléaire et à l'hydraulique, la France émet 5 à 10 fois moins de CO2 que les autres pays comparables ». Le producteur d'électricité a d'ailleurs inscrit dans sa raison d'être sa volonté d'atteindre la neutralité carbone. EDF est sur le point de vivre un changement profond avec le plan Hercule, qui vise à séparer le fournisseur d'électricité en trois branches dont une société publique en charge des activités nucléaires. Mais pour le PDG de l'électricien français, le vrai problème n'est pas là. Il blâme plutôt « la politique européenne de l'énergie qui a été mise en place uniquement dans une perspective de concurrence aux opérateurs historiques, sans se soucier de l'efficacité des systèmes en place ». Des dispositions réglementaires qui « entravent » EDF et a conduit à son surendettement selon son dirigeant. Ce qui ne l'empêche pas de se développer et de gagner beaucoup d'appels d'offre dans le domaine des énergies renouvelables.

La 5G : progrès ou frein pour le zéro carbone ?

Le secteur des télécoms et du numérique est souvent montré du doigt, alors que, selon Stéphane Richard, PDG d'Orange, « il n'est responsable que de 3,5 % des émissions de GES, et ce pour toute l'industrie et toutes ces composantes : réseaux, data centers, terminaux ». À comparer aux 30% d'émissions dans le transport et 20% pour l'industrie. Mais le patron d'Orange est conscient que la croissance des émissions de CO2 dues à son secteur est rapide et qu'il doit aussi faire des efforts accrus : Orange veut atteindre la neutralité carbone en 2040, soit 10 ans avant le but de l'accord de Paris.

L'arrivée de la 5G, technologie controversée, peut-elle aider à remplir cet objectif ? Oui, affirme Stéphane Richard, pour qui la 5G est « un des éléments d'une solution pour la transition énergétique. À consommation égale, elle est 10 fois plus efficace que la 4G ». Car le vrai problème de la téléphonie et du numérique, c'est l'explosion des usages qui va encore s'aggraver quand on pourra télécharger un film en quelques secondes. À quelle date ? Prêt à démarrer, le patron d'Orange se dit respectueux des collectivités, comme la Ville de Paris qui a souhaité organiser une concertation citoyenne autour de la 5G avant de donner son feu vert à l'installation des antennes. « Nous attendons ses conclusions avant de lancer la 5G avec entrain, enthousiasme et ambition » a conclu Stéphane Richard.

Lire aussi : L'Anssi alerte sur le risque de cyberattaques visant les réseaux 5G

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Commentaires
a écrit le 14/01/2021 à 8:38 :
"Les entreprises accélèrent vers le zéro carbone"

Oui mais pour émettre le moins de carbone possible il vaut mieux décélérer justement.

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