Flamanville : l'ASN met la pression sur EDF

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L'ASN estime qu'un travail technique important reste à faire sur les soudures de l'EPR de Flamanville
L'ASN estime qu'un travail technique important reste à faire sur les soudures de l'EPR de Flamanville (Crédits : Reuters)
Suite à la découverte de défauts en avril dernier, l’électricien espérait échapper à la réparation de certaines soudures. Mais l’ASN ne l’entend pas de cette oreille et le retard pourrait être plus important encore qu’annoncé.

Est-ce le coup de pied de l'âne ? L'ASN présidée par Pierre-Franck Chevet, dont le mandat s'achève en novembre, publie ce 3 octobre une note sévère concernant les défauts sur des soudures  situées au niveau des tuyauteries du circuit secondaire principal, qui relient le générateur de vapeur et la turbine.

En révélant ces défauts en avril, l'électricien avait présenté aux autorités un programme de réparation, mais estimait ne pas avoir à refaire certaines soudures, notamment « les huit soudures situées au niveau de l'enceinte de confinement » du réacteur nucléaire.

L'opérateur estimait alors que son programme de justification et/ou de réparation entraînerait un retard d'un an pour la mise en service du réacteur de troisième génération. Soit un chargement du combustible nucléaire repoussé à fin 2019, pour une mise en service courant 2020, huit ans plus tard que le calendrier initial, et un nouveau surcoût de 400 millions d'euros, portant la facture à 10,9 milliards d'euros, trois fois plus que le budget de départ.

Instruire l'option A, préparer un plan B

Or l'ASN se montre plus nuancée et considère "que cette option nécessite la réalisation d'un programme conséquent d'essais visant à mieux caractériser les propriétés mécaniques des soudures", et doit faire l'objet d'une instruction de l'ASN et de son bras technique, l'Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire (IRSN). Et ce processus complexe "nécessitera plusieurs mois et qui dépassera de toute évidence la fin de l'année 2018", a précisé dans un entretien à l'AFP Julien Collet, directeur général adjoint de l'ASN.

Et ce n'est pas tout. "Dans la mesure où il n'est pas certain que cette démarche aboutisse, l'ASN invite EDF à engager dès à présent les actions préalables à la réparation des soudures concernées". Cela concerne au moins les huit soudures situées au niveau de l'enceinte de confinement, c'est-à-dire le dispositif de protection destiné à contenir les produits radioactifs à l'intérieur d'un périmètre fermé pour éviter qu'ils ne s'échappent.

Défaillance de surveillance à justifier

Ni l'ASN ni EDF n'ont précisé les délais dans lesquels ils envisagent de réaliser et instruire ce nouveau programme d'essais, mais si une réparation était décidée, elle pourrait s'avérer complexe en raison d'une accessibilité délicate.

Surtout, un premier problème ayant été détecté dès juillet 2015, l'ASN dénonce "une défaillance de la surveillance" exercée par EDF sur ses prestataires sur le chantier et une mauvaise circulation de l'information qui relève de "questions d'organisation interne". L'Autorité demande donc à l'électricien de fournir une "une analyse approfondie des dysfonctionnements" dans ce dossier et de s'expliquer sur son information tardive des autorités.

Dans un courrier à la direction d'EDF, le président de l'ASN, Pierre-Franck Chevet, demande des explications "sous 4 mois".

EDF, qui à quelques semaines de la présentation de la Programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) pour les périodes 2019-2023 et 2023-2028, plaide pour la construction de nouveaux EPR, se serait bien passée de ce nouveau rebondissement.

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Commentaires
a écrit le 04/10/2018 à 12:58 :
Donc EDF a commis la faute de ne pas exercer de surveillance à temps (ou de ne pas révéler les problèmes causant des retards en attendant de voire si on pouvait les dissimuler). Defaut de management en temps de 'paix', ca donne idée de ce qui se passerait en temps de crise....
Réponse de le 05/10/2018 à 11:45 :
Non, et vous racontez comme d’habitude n’importe quoi :

Après que ces écarts sur les soudures lui aient été remontés par les industriels, l’ASN prévient juste ici qu’elle ne garantit pas une décision favorable à EDF et donc qu’elle lui conseille de refaire directement les soudures pour gagner du temps.
a écrit le 04/10/2018 à 9:31 :
"EDF plaide pour la construction de nouveaux EPR" Mouais, ce n est pas gagné, depuis la vente d Alstom pour toute nouvelle construction de centrale, même en France, Washington doit donner son accord ! Cette été G.Electric a vendu 7 EPR a l Inde, comment EDF va t il pouvoir construire les caissons, s il n arrive pas a le faire en France?
Réponse de le 04/10/2018 à 10:53 :
Attention, GE a racheté la partie d'Alstom qui fabrique les turbines Arabelle, mais le gouvernement américain n'a aucunement la main dessus (ça reste des activités de droit français).

Et ce n'est pas GE qui a vendu des EPR à l'Inde, c'est EDF qui en négociation pour cela.
a écrit le 04/10/2018 à 9:02 :
C'est le bon rôle de l'asn de rappeler la surete et de faire respecter la securite de la construction ainsi que les soudures . Il est clair que l'asn puisse "mettre la pression" a edf pour que le chantier de l'epr de flamanville finisse dans de bonne raisons et que l'epr puisse être mis en service en 2020 après 8 ans de retard. L'epr etant un tête de pont pour les futurs reacteurs nucleaire, il est evident que la surete reacteur doit être assuré partout et tout le temps. Il ne peut en être autrement pour flamanville mais c'est a la fois le rôle permanent d'edf et de flamanville
Réponse de le 05/10/2018 à 16:03 :
L'ASN est dans son rôle de garantir un niveau de fiabilité pour une soixantaine d'année. Deux remarques, ce rappel concerne le métier de base de la chaudronnerie qui doit garantir des soudures sans défauts domaine particulièrement complexe, ensuite la qualité d'un ASN indépendant et très compétent est à souligner, à quand une autorité de ce type dans d'autres domaines : alimentaire, chimie, environnement...
a écrit le 04/10/2018 à 8:22 :
l'ASN fait son travail, mais les conclusions seront sans aucun doute positives , trop d'argent investi.
Tout ceci n'est que de la COM..., avec heureusement un peu de sécurité.
a écrit le 04/10/2018 à 4:27 :
La centrale de Taishan, ou j'etais la semaine passee, fonctionne tres bien. Peut-etre serait-il judicieux qu'EDF demande l'aide des techniciens chinois afin qu'ils refassent ces douteuses soudure a l'autogene ?
Réponse de le 04/10/2018 à 7:16 :
Ce commentaire sans doute faux n’aurait pas dû être publié.
Si vous étiez vraiment à Taishan et aviez la moindre connaissance en ingénierie, vous sauriez que ke démarrage satisfaisant d’une usine ne prouve en aucun cas que des malfaçons cachées ne vont pas causer des accidents catastrophiques.
Fake news!
Réponse de le 04/10/2018 à 8:13 :
Si l'ASN contrôlait la centrale de Taishan, elle n'aurait pas démarré ... Il est souhaitable d'avoir des autorités de sureté sérieuses, mais l'ASN devient imbue de son pouvoir et paralyse, pour des détails sans risques significatifs, pour le fonctionnement des centrales ... l'ASN va devenir responsable des émissions de CO2 en France !
Réponse de le 04/10/2018 à 10:04 :
Areva a participe a cette centrale (et j ai un cousin qui y etait). Franchement, quand vous voyez le recit qu il m en a fait, les chinois auront de la chance si elle leur pete pas a la figure… En tout cas c est sur que si vous ignorez la securite vous allez plus vite et moins cher (enfin au debut, car quand vous aurez un incident, ca va etre bien plus cher. mais en chine c est pas vraiment un Probleme, ils feront comme les sovietiques : on enverra des liquidateurs qu on sacrifiera)
Réponse de le 04/10/2018 à 16:45 :
Et vous étiez aussi à Gènes la veille de l'effondrement du viaduc ?
Et vous étiez aussi à Toulouse la veille d'AZF ?
Et vous croyiez qu'un diagnostic sécurité, c'est "je suis passé dans le coin, cela allait bien, c'est nickel".
Bah une chose est certaine, vous n'y connaissez absolument rien, vous n'avez jamais vécu un audit de sécurité, et le monde ne fonctionnerait pas avec des gens aussi naïfs que vous.
a écrit le 03/10/2018 à 21:56 :
On est pas prêt de fermer fessenheim. Sans doute pas avant la prochaine présidentielle
a écrit le 03/10/2018 à 20:29 :
Le déclin du savoir-faire industriel en chaudronnerie de notre pays est décidément préoccupant. On va finir par devoir acheter nos EPR clés en main aux chinois.
Réponse de le 04/10/2018 à 8:15 :
D'abord les exigences en matière de soudure sont bien plus élevées aujourd'hui qu'il y a 30 ans (sans trop de raisons valables, EDF s'etant mis la pression toute seule). Ensuite rien ne prouve que les soudures en Chine soient méilleure qu'en France (et c'est même certainement le contraire)
Réponse de le 04/10/2018 à 9:39 :
Oui, cher Bruno, ce problème est préoccupant. Il concerne AIRFRANCE, la SNCF et bientôt EDF. Y a t il point commun? Pour ma part, il s'agit de la relation entre le cout du travail et le prix de l'énergie. Voir la note n°6 du CAE. Que Dominique Pialot s'y intéresse.
Réponse de le 04/10/2018 à 16:48 :
@Gepe, vous mélangez tout.
Air France et la SNCF ne sont pas des industriels mais des sociétés de service qui exploitent des équipements construits par des industriels.
Leurs difficultés tiennent à des problèmes d'organisation interne, d'optimisation d'utilisation des trains/avions, de politique commerciale, de rigidités RH internes.
Les soudures des rails, c'est vraiement pas un sujet...
a écrit le 03/10/2018 à 19:04 :
A quand une commission d'enquête pour ce scandale? Qui sont les responsables et qui s'en met plein les poches ?
a écrit le 03/10/2018 à 18:45 :
Le nucléaire c'est dangereux, donc très surveillé, les marges (résistances des matériaux) sont importantes afin d'avoir de la sécurité, au cas où, et résister aux divers ennuis irréalistes mais qui ne sont pas exclus. La nature des alliages joue (ségrégation du carbone), les soudures fragilisent car étant des "pièces" rapportées.
Qui surveille ? Personne, ? Les métiers sont perdus chez EDF ? Les acteurs sont les seuls capables de savoir ce qui se fait ? S'il y a des sous-sous-sous-traitants pour les soudure, on imagine que ça crée de la lourdeur, que les informations nouvelles se perdent, tardent à arriver aux acteurs, d'où ces ennuis (l'alliage n'est pas [exactement] celui demandé je crois avoir lu. Vu les diagrammes de phase en métallurgie sur les alliages, c'est compliqué, et précis. Toujours préféré la chimie molle à la métallurgie).
Les deux EPR en GB, auront-ils les mêmes ennuis ? Vu que Flamanville est censé être un prototype qui essuie tous les problèmes, les enseignement devraient apporter le 'zéro' défaut. Les chinois en construisent beaucoup, et ont donc le savoir faire, les EPR c'est pareil que le reste à fabriquer, pour ça que ça fonctionne chez eux. Les ouvriers en GB seront ceux de Flamanville ?

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