Retard d'un an de l'EPR de Flamanville : le coût grimpe de 400 millions d'euros

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Le chargement du combustible de l'EPR de Flamanville était officiellement attendu fin 2018.
Le chargement du combustible de l'EPR de Flamanville était officiellement attendu fin 2018. (Crédits : Benoit Tessier)
Forcé de reprendre certaines soudures défectueuses sur le réacteur nucléaire EPR de Flamanville (Manche), EDF a annoncé ce 25 juillet que le démarrage de la centrale était décalé d'un an. Ces nouveaux désagréments représentent un surcoût de 400 millions d'euros. La fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim est, elle aussi, repoussée d'un an.

(article publié le 25 juillet à 9h53, mis à jour à 10h35 avec les indications de Laurent Thieffry et Xavier Ursat)

Décidément, l'EPR de Flamanville (Manche) accumule les problèmes. EDF a annoncé, ce 25 juillet, de nouveaux retards et des surcoûts pour le réacteur nucléaire en raison de problèmes de soudures rencontrés sur le chantier. Concrètement, le démarrage du réacteur ne devrait pas avoir lieu avant la toute fin 2019, voire le premier trimestre 2020alors qu'il était jusqu'alors officiellement attendu fin 2018 -, et l'objectif de coût de construction est porté de 10,5 à 10,9 milliards d'euros (soit une hausse de la facture de 400 millions d'euros).

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Raccordement au réseau de l'EPR prévu début 2020

Lors d'une conférence téléphonique ce 25 juillet, Laurent Thieffry, le directeur du projet EPR de Flamanville, a donné plus de précisions sur le calendrier : les réparations des soudures de l'EPR de Flamanville commenceront d'ici à la fin du mois et se dérouleront jusqu'à l'été 2019.

Le couplage réseau de l'EPR de Flamanville est prévu lui pour le premier trimestre 2020, et son fonctionnement à pleine puissance pour le deuxième trimestre 2020.

Pour Xavier Ursat, directeur exécutif d'EDF chargé de l'ingénierie et des nouveaux projets nucléaires, ce nouveau planning est "tout à fait réaliste", ajoutant qu'il est "prématuré de dire comment se répartira la prise en charge du nouveau surcoût de l'EPR de Flamanville". Par ailleurs, il s'est engagé à réexaminer les soudures de l'EPR tous les cinq ans.

Vingt soudures à refaire

EDF avait déjà annoncé en avril avoir constaté des "écarts de qualité" sur des soudures de la tuyauterie du réacteur en construction. Le scénario d'un report de sa mise en service était alors à craindre.

Le groupe indique avoir contrôlé 148 des 150 soudures. Parmi elles, 33 "présentent des écarts de qualité et vont faire l'objet d'une réparation". Vingt autre vont être refaites car elles ne respectent pas les exigences "de haute qualité" définies par EDF même si elles ne présentent pas de défaut à proprement parler.

Dix autres soudures nécessiteront une "justification spécifique" auprès de l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN).

La fermeture de la centrale de Fessenheim "reportée"

Ces nouveaux retards de Flamanville repoussent, de facto, la fermeture programmée de la centrale nucléaire de Fessenheim, dans le Haut-Rhin. En effet, l'accord trouvé au moment de la loi de transition énergétique de 2015 prévoit que le chargement du combustible de l'EPR de Flamanville coïncide avec la fermeture de la centrale haut-rhinoise.

Cette fermeture "est liée au démarrage de l'EPR de Flamanville. Le retard d'un an du chargement du combustible de l'EPR de Flamanville, au quatrième trimestre 2019, décale donc l'arrêt de la centrale de Fessenheim", a déclaré un porte-parole du ministère de la Transition écologique.

Et de poursuivre :

"Il revient à l'exploitant d'en détailler les échéances précises" et "ce délai d'un an sera mis à profit pour mettre en œuvre le projet de territoire."

(avec AFP et Reuters)

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a écrit le 27/07/2018 à 16:57 :
Les EPR de Grande Bretagne, ils seront bénéficiaires du retour d'expérience des malheurs de celui-ci ou aussi "catastrophiques" ? C'est un prototype, ça veut dire que les suivants seront beaucoup mieux, suite à l'expérience des balbutiements ? Les chinois en construisent en quantité des centrales, comme nous à une époque, mais on a (totalement) perdu le savoir faire. Pour ça qu'ils ont réussi, avec les mêmes normes.
Ceux qui ont fait les soudures n'ont pas fait d'auto-contrôle ? Le matériau parait que ça n'est pas exactement celui demandé, c'est compliqué la métallurgie des alliages (et très sensible, des diagrammes de phase à faire "rêver" si on peut dire).
a écrit le 27/07/2018 à 0:17 :
Au rythme ou ça avance on aura une défaillance majeure à Fessenheim avant que l'EPR soit en mesure de prendre le relai.

Je souhaiterai signaler que du fait du changement climatique, toutes les prévisions et hypothèses hydrologiques et hydrogéologiques qui ont été calculées et utilisées lors de la conception de toutes les centrales, sont désormais caduques.

Fessenheim, qui a une situation particulière, pourrait être inondée, mais plus grave encore pourrait se retrouver à cours de liquide de refroidissement et partir en Fukushima. Et c'est valable pour toutes les centrales au fil de l'eau qu'on est déjà obligés de brider en été faute de débit suffisant et qui sont mal protégées contre des crues exceptionnelles (pour nos critères de 2018, qui seront dépassés en 2025 et encore plus en 2050 quand le niveau des cotes aura grimpé de 5 à 9 m, bouleversant totalement le profil d'écoulement des fleuves).
Réponse de le 27/07/2018 à 10:08 :
Fessenheim est une centrale fiable et éprouvée qui connaît très peu d'incidents. Sa fermeture est une décision aberrante. Espérons qu'à la mise en service de l'EPR de Flamanville elle sera simplement mise en sommeil, de manière à pouvoir redémarrer dès qu'un exécutif pragmatique arrivera aux affaires.
Réponse de le 27/07/2018 à 20:30 :
Une chose est certaine, en été on a pas besoin de brider les affreuses éoliennes qui pollueent nos paysages rupestres. Elles se reposent et préfèrent laisser les centrales nucléaires produire en attendant les vents de septembre...
a écrit le 26/07/2018 à 19:42 :
On peut se consoler en constatant que les contrôles qualité sont efficients. Mieux vaut retarder que de lancer la production avec un matériel non aboutit. Entendu ce matin sur France info, le fait que les travaux soient allongés d’un an satisfait toute l’activité économique locale autour de la centrale. Hôtels, restos ouvriers, commerces, loueurs de studios etc.Idem pour le secteur économique local de Fessenheim qui bénéficie d’un sursit d’un an .Donc tout n’est pas négatif dans cette affaire .
a écrit le 26/07/2018 à 10:18 :
A l'image du pays...
a écrit le 26/07/2018 à 9:26 :
La réalité c'est que la France a négligé son industrie, la Chine a maintenant un savoir-faire industriel bien plus élevé, je ne sais pas si la Chine a appliqué les même normes de qualité que la France sur son EPR mais ce qui est certain c'est qu'elle est capable de le faire et de construire plus vite. Il y a eu de nombreux scandales en Chine sur des ouvrages mal construit, en cas d'incident nucléaire grave en Chine, le responsable a peu de Chance d'échapper à la peindre de mort.
Réponse de le 26/07/2018 à 14:24 :
Ne vous inquiétez pas, nous avons le ministre de l'éducation le plus compétent depuis la guerre. Afin de favoriser la culture scientifique et technique, il faut privilégier le latin et le grec au collège. Il faut supprimer les filières d'excellence en S au lycée. Et au bac, les mathématiques, et les autres matières scientifiques ne sont plus obligatoires, contraierment à la philosophie. Il faut que je demande ses devis en latin à mon plombier, et des commentaires sur la relation à la réalité de son devis.

Mais tant que la presse continue à penser qu'on a un génie à l'éducation (voir aussi parcoursup), tout va bien...
a écrit le 26/07/2018 à 8:01 :
Les responsables, est ce qu'ils ont cherches les soudeurs les plus competents, ou plutot benificie les entreprises de leurs copains?
a écrit le 26/07/2018 à 5:18 :
Pourquoi de telles erreurs dans la production ? Études mal ou incomplètement réalisées ? Manque de contrôle tout au long de la production ? Demandes techniques demandées théoriques et pas réalisables ? Emploi de salariés non compétents ? Ĺe contribuable-client-actionnaire que nous sommes tous est en droit d'avoir des explications et de connaître les sanctions appliquées aux responsables de cette catastrophe industrielle. Mais nous sommes en France et la caste des électriciens étant intouchable....
Réponse de le 26/07/2018 à 7:47 :
Simple qui envoie t'on apprendre la soudure en france?
Les mauvais éléves.
Il va falloir que les profs de l'EN révisent leur préjugé et la société française avec.
J'ai un job dans l'industrie qui me plait. Un jour j'ai fait une prés dans un autre cadre et on m'a demandé pourquoi je n'étais pas devenu prof.
Bon dieu. J'ai un job productif, passé des années à l’apprendre, mais l'alpha et l'oméga d'une carrière serait le professorat?
C'est avec ce genre d'idées stupides en tête que l'on a formé les soudeurs de flamanville. Étonnez vous qu'après il n'y ais plus de fierté ouvrière.
a écrit le 25/07/2018 à 14:07 :
Et pendant ce temps là, on ne parle pas du gouffre financier, si, si, des subventions que l'on injecte dans les moulins à vent qui ne produisent que du vent et détruisent les paysages. On ne parle pas plus des panneaux solaires made in China qui ne seront énergétiquement qu'intermittents. A force d'empiler les normes, de prendre "des précautions" inutiles on ne produit plus rien de cohérent. Il ne faut pas s'étonner si les délais s'allongent en même temps (comme dirait l'autre) que les coûts. Quand on ajoute dans les commissions de contrôle parlementaire des écologistes bon teint comme Pompili, pourquoi pas Hulot, c'est comme si on mettait une souris dans les pattes d'un chat. Le sabordage n'est plus loin. La France ressemble de plus en plus au Titanic.
a écrit le 25/07/2018 à 14:06 :
Les faits sont têtus ! Le nucléaire c'est has been (et dangereux) !
Réponse de le 26/07/2018 à 10:10 :
Si ce n'était que le problème du nucléaire... à cause d'un système éducatif devenu fou qui dévalorise les filières techniques à outrance, où l'alpha et l'oméga c'est d'être admis en psycho ou en STAPS plutôt qu'en BTS de chaudronnerie en alternance, on a perdu les compétences techniques qui empêcheront à l'avenir notre pays de réussir des grands projets techniques, quels qu'ils soient.
a écrit le 25/07/2018 à 13:58 :
Ras le bol, car là encore c'est le contribuable qui va payer .
Réponse de le 26/07/2018 à 11:04 :
Le contribuable ne paiera rien, par contre le consommateur d'électricité paye tous les jours des subventions aux éoliennes (5 Md€/an) pour une production erratique.
a écrit le 25/07/2018 à 13:16 :
A l'heure de l’économie de marché, ces errements économiques et technologiques paraissent déraisonnables. On pourrait aussi s’interroger sur le modèle économique, qui ressemble de plus en plus à des idéologies disparues, car elles avaient montré leurs limites à tous points de vue, par exemple dans l'ex URSS.
Même si l’État assure la couverture, qui peut affirmer que ces dysfonctionnements à répétition ne sont pas les symptômes d'un mal plus grave ? Chacun peut en chercher les raisons, si raison il y a encore, mais la solution ne viendra que des responsables eux mêmes, si responsables il y a encore.
Le citoyen ou l’élu lambda n'ayant apparemment pas droit au chapitre, cela relève automatiquement de la responsabilité de ceux qui sont payés pour.
Vu ce que cela a déjà coûté, personne ne peut souhaiter l’échec, mais il faut aussi que la réussite soit pratique, sinon ils auront fait une démonstration de l'inutile.
a écrit le 25/07/2018 à 13:12 :
Cela devient risible.
On ne sait plus faire de soudure en France ou personne ne veut prendre des responsabilités.
Manifestement les Chinois savant souder...
Réponse de le 25/07/2018 à 13:48 :
Est-ce le même niveau de qualité qui est demandé ? Et aussi le même niveau de contrôle ?
Si on ne cherche pas ,on ne trouve pas!
Réponse de le 25/07/2018 à 16:51 :
Les métiers de soudeurs et chaudronniers figurent dans les quatre métiers les plus recherchés. La Darès par exemple estime qu’il manque environ 150 postes de soudeurs qualifiés et formés rien que sur le bassin de Saint-Nazaire. Les recruteurs sont STX, la raffinerie Total, EDF et tous leurs sous-traitants. Les mêmes besoins se manifestent partout pour les centrales nucléaires, le ferroviaire…
Il manque environ 3000 (UIMM) à 6000 ( cabinet Randstat )soudeurs en France Une pénurie ancienne, aggravée par le vieillissement de la profession.Or, le CAP soudeur a été fermée par l’Éducation nationale en 1988.
Réponse de le 25/07/2018 à 17:55 :
C'est clair.
En France, on ne sait plus que cliquer sur son écran et commenter le boulot de ceux qui travaillent :-)
Réponse de le 25/07/2018 à 18:12 :
A vous lire j'ai l'impression que vous croyez que les soudures d'une centrale nucléaire se font les soudures de vos toilettes...
a écrit le 25/07/2018 à 12:34 :
Le contribuable dont je fais partis en a ras le bol ! Qui sont les responsables? A quand une commission d'enquête sur ce sujet ? Un vrai sujet d'importance nationale. On aimerait que nos élus s'occupent de ce genre de problème au lieu d'un garde du corps lambda.
a écrit le 25/07/2018 à 12:28 :
PS : ah oui, l'autre scandale d'Etat ultime, c'est le financement de l'audiovisuel public. Avec ses animateurs quasi milliardaires pendant que nombre de journalistes survivent et ne parviennent pas à boucler l'enquête d'une vie. A raison de 130 euros de redevance audiovisuel par ménage, faites le calcul : c'est la contribution d'un Français pour financer cet EPR peu ou prou ! Sauf que l'audiovisuel public, ça tombe tous les ans dans les caisses.
Réponse de le 25/07/2018 à 18:16 :
Vous ne vous rendez pas compte de ce que vous dîtes !
Avez-vous remarqué que plus aucune émission d'investigation passe sur les chaînes privées ? Bolloré a supprimé la dernière sur Canal +.
Cash investigations, Envoyé spécial, Arte. C'est important.
Dans les JT des TV publics on n'hésite pas à mettre en cause des marques. Jamais vous en verrez ça sur une chaîne de télé qui ne peut se le permettre car elle est financée par la pub et ces mêmes marques. Alors arrêtez votre délire svp !
a écrit le 25/07/2018 à 12:24 :
Le réacteur de la facture s'est depuis trop longtemps emballé. Encore 400 millions d'euros, en plus de combien de milliards ? On en aurait fait des choses pour développer les énergies renouvelables avec cet argent ! C'est encore le contribuable qui va renflouer les caisses de cet État dans l’État pour qui rien n'est jamais trop beau. Le scandale ultime, en France, est bien celui de cette folie nucléaire. Puissent des journalistes enfin sortir le livre référence qui fera tomber ce système.
a écrit le 25/07/2018 à 12:14 :
Savoir faire perdu, ambition disproportionnée aux moyens humains et financiers, guéguerre Areva/Edf, management dépassé et politisé, tout y était pour un flop monumental.
a écrit le 25/07/2018 à 12:03 :
voila comment on voit la perte de compétence de notre industrie .rien que pour les soudures les anciens avaient un savoir faire qui s est perdu au profit de l argent
creusot loire areva framatome actuel on cherche des soudeurs mais ils sont parti en retraite alors on soustraite et il faut s y reprendre a trois fois pour y arriver .
voila l état déplorable de notre industrie qui a été pilier en règle sous l autel de la rentabilité
je ne voudrais pas être la personne qui va appuyer sur le bouton (on ) pour démarrer
remarque qu a 11 milliards d euros pour 3 prévus on est pas loin de la banqueroute sauf que le contribuable va raquer
a écrit le 25/07/2018 à 11:42 :
bien d'accord, le savoir faire en métallurgie nucléaire du Creusot et de Châlons s'est perdu et n'a pas été remplacé.
a écrit le 25/07/2018 à 11:26 :
Cette histoire de Flamanville illustre la perte de compétence industrielle de notre pays. L'EPR chinois est lui opérationnel !
Avant de crier victoire et de vouloir devenir leader dans la gestion de la fermeture de centrales, il est surement aussi important de s'assurer qu'il existe des entreprises capables de gestes aussi simple que de faire des soudures étanches et sans fissures.
Réponse de le 26/07/2018 à 10:05 :
Vous avez malheureusement raison... L'EPR chinois est de conception française mais de réalisation chinoise... Le savoir-faire industriel est maintenant chinois, plus français...

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