Jamais le Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (Giec) n'avait autant parlé du méthane (CH4), le deuxième gaz à effet de serre en termes d'abondance, après le dioxyde de carbone (CO2). Dans son dernier rapport, publié le 9 août dernier, le groupe de scientifiques tire la sonnette d'alarme : si les émissions de méthane ne sont pas réduites, cela pourrait saper les objectifs de l'Accord de Paris. Autrement dit, la seule réduction des émissions de CO2 ne suffira pas à maintenir le réchauffement climatique en dessous de 1,5°C.
Largement négligée dans les politiques de lutte contre le dérèglement climatique, la réduction des émissions de méthane apparaît aujourd'hui comme cruciale car ce gaz contribue désormais à environ 25% du réchauffement climatique. S'il est moins abondant que le CO2 et qu'il reste moins longtemps dans l'atmosphère (environ 9 mois), son pouvoir de réchauffement est beaucoup plus élevé que celui du dioxyde de carbone. Le Giec estime ainsi que l'impact d'une unité de masse de méthane sur le climat est 84 fois supérieur à celui du CO2 sur une durée de 20 ans. Sur une période de 100 ans, l'impact du méthane reste 28 fois plus élevé que celui du CO2. Une caractéristique qui explique l'inquiétude des scientifiques et l'urgence de diminuer les émissions de méthane, en forte croissance ces dernières années.