Pollution : le plan de la mairie de Paris visé par une action de groupe

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A partir du 1er juillet, les voitures essence ou diesel mises en service avant le 1er janvier 1997, considérées comme trop polluantes, ne seront plus autorisées à circuler intramuros entre 08h00 et 20h00 hors week-ends. Cette interdiction, contenue dans le plan antipollution annoncé en décembre 2014 par Anne Hidalgo, et dont les mesures ont été entérinées en février dernier par le Conseil de Paris, cause une perte de valeur qui doit être indemnisée, selon l'association 40 millions d'automobilistes (40MA) qui a annoncé mercredi le lancement d'une action collective contre la Mairie de Paris.
"La mesure est votée, actée. Un arrêté sera pris automatiquement le 1er juillet. Dès qu'il le sera, nous serons prêts" à saisir le tribunal administratif, a expliqué à l'AFP maître Jean-Baptiste Iosca, qui porte la procédure, confirmant une information parue dans Le Parisien. "L'idée est de rassembler un maximum de personnes qui vont souhaiter se faire indemniser d'un préjudice évident", tonne Pierre Chasseray, le délégué général de 40MA. Les propriétaires de ces voitures, qui "ne pourront plus rouler avec", "ne pourront plus non plus les vendre", car "personne ne voudra les racheter", explique-t-il.
La maire socialiste de Paris a plusieurs fois souligné sa volonté d'aboutir à "la fin du diesel" à Paris et "au-delà du périphérique" en 2020. Dans un entretien au Parisien publié mercredi, Christophe Najdovski, adjoint chargé des Transports, met en avant des impératifs de santé publique et "le droit des Parisiens à respirer un air sain".
Les véhicules (essence et diesel) immatriculés avant 1997 seraient 513.000 selon la mairie de Paris, qui prévoit également d'interdire ceux immatriculés avant 2011 (quelque deux millions) à l'horizon 2020.
D'après 40MA, qui estime pour sa part à plus de 800.000 les autos concernées, le préjudice total serait de plus d'un milliard d'euros, puisque chaque voiture subirait une décote d'environ 1.250 euros en moyenne. "Est-ce que Mme Hidalgo est prête à prendre un risque à un milliard d'euros pour une idéologie ?", se demande Pierre Chasseray, critiquant la "ségrégation par l'argent" que porte selon lui une telle mesure, au détriment des plus pauvres.
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"Ces véhicules représentent à ce jour 84,9% des 6 millions de voitures particulières qui composent le parc automobile francilien", précise l'association. Soit, selon ses comptes, plus de cinq millions de véhicules.
Or, on peut lutter contre la pollution autrement, estime Pierre Chasseray, notamment via des "filtres de dépollution" qui éliminent selon lui "deux tiers des particules". L'association appelle tous les automobilistes d'Ile-de-France concernés à s'inscrire sur le site www.remboursemabagnole.com "pour intervenir dans le cadre d'une action collective (...) afin d'obtenir l'indemnisation du préjudice financier subi".
"La plainte n'a pas été déposée. Nous n'avons pas été notifiés. Nous ne savons pas sur quelle base juridique ils veulent attaquer", a réagi un porte-parole de la Mairie de Paris, se refusant à tout autre commentaire. "On ne peut pas, comme le fait l'association 40 millions d'automobilistes, défendre le droit à polluer alors que le tout automobile est un modèle du XXe siècle passéiste", observe pour sa part Christophe Najdovski (EELV), qui s'interroge :
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La mairie ne compte visiblement pas se rendre. Mercredi 11 mai Anne Hidalgo a justement annoncé lancer deux recours devant la Cour de Justice européenne contre la décision, confirmée le 26 avril, de la Commission européenne d'augmenter les seuils autorisés d'émissions diesel. Elle invite 19 autres maires de grandes villes d'Europe à s'associer.
(Avec AFP et Reuters)
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