DOSSIER SPÉCIAL. Accueillant pourtant la plus grande centrale nucléaire de France en capacité installée, la municipalité de Gravelines, près de Dunkerque dans le Nord, doit composer avec l'entretien de pléthore d'équipements municipaux historiques, une baisse de ses recettes fiscales et la hausse des coûts de l'énergie. Le budget de la ville en est devenu un jeu d'équilibriste.« Gérer Gravelines, c'est comme avoir hérité d'un magnifique château mais ne plus avoir les moyens de l'entretenir » : la métaphore vient de Bertrand Ringot, maire de Gravelines depuis mars 2001. Aujourd'hui, la ville qui accueille la plus centrale nucléaire de France compte de très nombreux équipements d'envergure, construits sous les mandatures de son prédécesseur, Albert Denvers, qui a été (entre autres) maire pendant près de 36 ans (de 1947 à 1965, puis de 1977 à 1995).
Ainsi, avec ses quelque 14.000 habitants, Gravelines compte aujourd'hui le plus grand complexe de loisirs et de sports au nord de Paris, baptisé Sportica, avec ses 25.000 m2 d'installations ; un port de plaisance ; le « PAarc des Rives de l'Aa », avec notamment un stade nautique olympique d'aviron ; un Musée du dessin et de l'estampe ; la base nautique Jean-Binard qui propose 16 activités différentes... Mais aussi un centre artistique et culturel, un centre équestre avec une ferme éducative, de multiples salles de sport et stades. Qui s'ajoutent à un patrimoine historique composé de remparts et de trois églises !
Rééquilibrage de la manne du nucléaire au profit des communes mitoyennes
L'héritage de ce maire bâtisseur - qui utilisa pleinement les dispositifs de retombées fiscales aux bénéfices des territoires dans le périmètre proche d'une installation nucléaire, retombées vues au siècle dernier comme une contrepartie aux nuisances ou à tout le moins aux risques potentiels de vivre dans la proximité d'une telle installation industrielle - engendre aujourd'hui des frais de fonctionnement importants.
D'autant que la fiscalité locale a considérablement évolué depuis 40 ans.
« Avant la commune conservait par exemple tout le bénéfice de la taxe foncière, d'un montant significatif certes de 28,56% mais que je n'ai pas augmenté depuis mon élection », détaille le maire actuel. « Alors qu'aujourd'hui, un tiers est reversé au profit de la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) conformément au Pacte Fiscal Financier et de Solidarité, pour une notion de juste équilibre avec les communes mitoyennes de Gravelines. »
Gaëtane Deljurie, à Lille