Technologies bas carbone, réseaux de chaleur, captation de CO2, fabrication d'hydrogène vert, recyclage et économie circulaire, etc. : en quelques années, le territoire de Dunkerque, qui aujourd'hui rejette 21 % des émissions industrielles de France, a vu naître de nombreuses initiatives pour la décarbonation. Reste désormais à mettre en place les conditions optimales, notamment d'accès aux nouvelles énergies vertes.Changer de paradigme. C'était le leitmotiv du « Collectif CO2 », créé il y a quatre ans à Dunkerque, avec pour ambition de créer le premier hub français dédié à la décarbonation industrielle et à l'hydrogène. En quatre ans, le territoire nordiste est passé des paroles aux actes, avec de multiples projets de décarbonation industrielle. Parmi les entreprises moteurs du mouvement, on trouve en première place, ArcelorMittal, numéro un mondial de l'acier et aussi, par la même occasion, premier émetteur de CO2 en France. Le sidérurgiste va mettre en place à Dunkerque une unité de réduction directe (DRI) pour transformer le minerai de fer avec de l'hydrogène, renonçant ainsi au charbon.
1,7 milliard d'euros pour réussir à fondre 1 million de tonnes d'acier bas carbone
À partir de 2027, la nouvelle installation sera couplée à un four électrique, pour un coût de 1,7 milliard d'euros, soutenu par le Plan de relance post-Covid 19.
«L'objectif est d'abaisser les émissions de -35% d'ici à 2030 et la neutralité en 2050, avec ce nouveau procédé de fabrication, mais également en recyclant de l'acier, en réintégrant les chutes de notre production et l'acier issu des filières de tri des déchets», souligne Alexandre Delabre, directeur de communication ArcelorMittal.
ArcelorMittal prévoit ainsi de produire 1 million de tonnes (Mt) d'acier bas carbone, sur les 7 millions de tonnes fondues chaque année à Dunkerque. Donc, sachant que la production de 1 tonne d'acier émet aujourd'hui 1,8 tonne de CO2 dans l'atmosphère, ce sont (7 Mt x 1,8 Mt) 12,6 millions de tonnes de CO2 émises qui devront être réduites de -40% d'ici à 2030.
« L'enjeu essentiel reste l'accès à l'énergie »
La concertation préalable pour alimenter le site en énergie a d'ailleurs débuté le 23 novembre, en partenariat avec RTE, pour le renforcement de l'alimentation électrique du site, et GRTgaz, pour son alimentation en gaz naturel.
«L'enjeu essentiel reste l'accès à l'énergie : une ligne de puissance de 400 mégawatts est d'ores et déjà prévue, mais nous aurons besoin de 1.000 mégawatts à terme, tout en ayant également accès à un gaz naturel et à de l'hydrogène à un tarif économique».
Gaëtane Deljurie, à Lille