Pour sûr, on se souviendra longtemps de l'année 2022 chez EDF. Sans doute même fut-elle structurante, alors que l'Hexagone compte s'appuyer sur le fleuron tricolore pour tracer la voie vers un futur décarboné, plus souverain, et sans explosion des factures d'énergie pour les ménages et les entreprises. C'est d'ailleurs dans cet esprit que le gouvernement a annoncé, ces derniers mois, le retour du groupe à 100% dans le giron de l'Etat, et la relance du nucléaire sur le territoire français. D'autant que la crise du gaz et de l'électricité a mis au jour l'importance capitale d'EDF, au centre du jeu de la politique énergétique française.
Mais tout ne s'est pas déroulé comme prévu - loin de là. Car, dans le même temps, les revers se sont enchaînés et aggravés les uns après les autres, faisant apparaître aux yeux de tous les déboires que traverse actuellement la filière. Entre un parc existant à la peine, des difficultés financières profondes et les complications qui collent à la peau des nouveaux réacteurs EPR, autrefois vus comme des bijoux industriels, mais dont l'image est aujourd'hui écornée, les défis s'avèrent colossaux pour EDF. Pour mieux appréhender les étapes à venir, La Tribune revient sur les principaux événements qui ont marqué ces douze derniers mois.
Au début de l'année 2022, les voyants semblent au vert pour le fleuron français de l'énergie. Après l'accord de principe d'Emmanuel Macron, fin 2021, pour relancer le nucléaire en France et la proposition de Bruxelles de classer l'atome civil parmi les activités contribuant à la transition énergétique en Europe, cette source d'énergie bas carbone signe son retour en force dans plusieurs Etats, dix ans après l'accident de Fukushima. EDF, en tout cas, a de quoi s'en réjouir, lui qui réclame de longue date que soit prise la décision de construire des EPR de nouvelle génération (EPR2) dans l'Hexagone. D'autant qu'il espère toujours exporter cette technologie, vue comme le fer de lance du nouveau nucléaire tricolore, au-delà des frontières du pays.