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Energie : les concurrents d'EDF lui demandent plus d'électricité à bas prix

Photo de Coline Vazquez

Coline Vazquez

Publié le 02 décembre 2022 à 07:26 - Mis à jour le 02 décembre 2022 à 08:23

Photo d'archives du logo d'electricite de france (edf) sur le site de la centrale nucleaire du tricastin a saint-paul-trois-chateaux

EDF doit fournir à ses concurrents un quota annuel de 120 TWH d'électricité nucléaire à bas prix selon le dispositif de l'Arenh.

ERIC GAILLARD

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Le dispositif Arenh, ou « accès régulé à l'électricité nucléaire historique », contraint EDF a vendre un quota annuel aux fournisseurs d'énergie au prix de 42 euros le MWh, soit beaucoup moins que ceux actuels du marché. Mais ces tarifs qui impactent lourdement les comptes d'EDF, sont limités en quantité à 120 TWh. Or, les demandes des fournisseurs dépassent ce montant. Toutes ne pourront pas être satisfaites, pointe donc la Commission de régulation de l'énergie.

Y aura-t-il assez d'électricité à bas prix pour tout le monde ? Il semblerait que non. Jeudi, la Commission de régulation de l'énergie (CRE) a, en effet, indiqué que les concurrents d'EDF ont demandé pour 2023 plus d'électricité nucléaire à bas prix produite par l'opérateur historique qu'ils ne pourront en obtenir.

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Pour rappel, mise en place en juillet 2011, l'Arenh, ou « accès régulé à l'électricité nucléaire historique », oblige EDF à vendre un quota à ses concurrents au prix de 42 euros le Mégawattheure, soit actuellement beaucoup moins que sur les marchés, où les cours se sont envolés. En contrepartie, ils doivent appliquer ce geste sur la facture de leurs clients. Une aide bienvenue tant les prix de l'énergie atteignent des sommets depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine. Fin août, le contrat français pour l'année à venir en matière d'électricité dépassait ainsi les 1.100 euros, contre 85 euros l'année précédente.

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Plus de demandes que le quota prévu

Mais, le volume global affecté au dispositif est limité : la quantité de cette électricité peu chère vendue par EDF ne peut excéder 120 térawattheures (TWh) par an, ce qui correspond à plus d'un tiers de la production nucléaire d'EDF. Or, les fournisseurs ont demandé au total « 148,30 TWh, soit un taux d'attribution de 67,43% », indique la CRE dans un communiqué. Les demandes ne seront donc pas intégralement satisfaites. La quantité exigée par les concurrents d'EDF est toutefois en baisse de 7% par rapport à 2022, note la CRE, ce qui peut s'expliquer par les économies d'énergie que les ménages et industriels français ont d'ores et déjà commencé à réaliser en prévision de l'hiver. « Cela reflète d'une part l'anticipation par les fournisseurs d'une baisse de la consommation d'électricité en 2023, d'autre part l'inflexion récente à la baisse ces derniers mois des parts de marché des fournisseurs alternatifs sur le marché de masse », explique, en effet, le régulateur. L'année précédente, 160,05 TWh avaient ainsi été demandés pour l'année 2022.

Le plafond relevé en mars dernier

Ils auront toutefois plus que l'année dernière. Depuis le 1er avril dernier, le plafond a été relevé à 120 TWh contre 100 TWh, le volume en vigueur depuis dix ans. C'est, en effet, ce qu'avait annoncé le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, en janvier 2022, afin de répondre à la flambée des prix de l'énergie qui avait surpris, à l'époque, le gouvernement par son ampleur. Une mesure qui n'est pas sans conséquences pour les finances d'EDF, qui essuie déjà une dette de plus en plus lourde. Son coût avait été estimé, par le locataire de Bercy, à entre 7,7 milliards et 8,4 milliards d'euros. De quoi ternir un peu plus l'image de l'Arenh auprès d'EDF dont l'ancien PDG, Jean-Bernard Lévy - depuis remplacé par Luc Rémont - avait toujours rejeté le mécanisme, le qualifiant même de « poison ».

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Il devrait prendre fin dans trois ans. L'arrêt de ce dispositif est, en effet, prévu par la loi et le gouvernement planche actuellement sur un nouveau qui viendrait le remplacer au 31 décembre 2025.

(Avec AFP)

Coline Vazquez

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