Sobriété énergétique : les premiers ratés en Europe donnent des sueurs froides pour l’hiver
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Eric Gaillard
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Comme un symbole de la stratégie déployée en urgence par le gouvernement. Après le ministre de l'Économie Bruno Le Maire la semaine dernière, le président Emmanuel Macron s'est affiché à son tour en col roulé ce lundi, afin de porter un message clair : les Français devront moins se chauffer cet hiver afin d'économiser de l'énergie, dont l'approvisionnement est mis à mal avec la guerre en Ukraine.
Une « sobriété » qui doit être enclenchée « dès maintenant » afin d'éviter les coupures lors des prochains mois, avait d'ailleurs pressé mi-septembre le gestionnaire du réseau gazier GRTgaz. « Le message à retenir [...], c'est que ce n'est pas au moment de la pointe qu'il faut réduire le chauffage ; c'est tout le temps », avait insisté son directeur général, Thierry Trouvé, lors de la présentation des perspectives pour l'hiver. Autant de messages censés encourager les citoyens à baisser le thermostat, au moment même où l'Europe n'a d'autre choix que de se passer de ses livraisons massives en gaz russe.
Et pourtant, ce message ne semble pas avoir résisté à la première vague de froid qui a saisi le continent. Car, alors que les températures moyennes dans le nord-ouest de l'Europe sont tombées en-dessous de la moyenne sur trente ans la semaine dernière, la demande de gaz est, elle, montée en flèche. En France, selon les données de GRTgaz, la consommation totale a ainsi dépassé les 800 GWh/j dès le 20 septembre, avant de frôler les 1.000 GWh/j le 28 septembre (auxquels s'ajoutent entre 30 et 42 GWh/j pour la zone Teréga, qui gère le réseau dans le quart Sud-Ouest de la France). Soit bien plus que les données enregistrées sur la même période l'année dernière, puisque la demande n'avait pas franchi la barre des 800 GWh par jour en septembre.
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Surtout, en Allemagne, où la consommation s'avérait jusqu'à la mi-septembre inférieure à la moyenne des années précédentes, la tendance s'est inversée. La demande de gaz des ménages et des petites entreprises a en effet bondi, pour atteindre 14,5 points de plus que la valeur moyenne entre 2018 et 2021, selon l'Agence fédérale des réseaux. « Une analyse des données montre que les ménages privés consomment actuellement encore plus gaz que les années précédentes », relevait ainsi mercredi le journal allemand Der Spiegel.