Tarifs régulés : EDF attaque une décision prise par…l’Etat
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Un recours d'une entreprise détenue par l'Etat contre une décision prise par... l'Etat. Le scénario n'est pas banal. C'est le bras de fer qu'engage EDF avec son actionnaire principal (84% du capital). Alors que ce dernier compte l'obliger, comme annoncé en janvier et formalisé par décret le 11 mars, à vendre davantage d'électricité à bas prix à ses concurrents afin de limiter l'augmentation des tarifs, le fournisseur historique ne compte pas se laisser faire. Et se montre bel et bien combatif face à une mesure que son PDG, Jean-Bernard Lévy, avait immédiatement qualifiée de « véritable choc » dans une lettre aux managers.
Et pour cause, celui-ci a annoncé ce jeudi 12 mai, à l'occasion de l'Assemblée générale des actionnaires du groupe, son intention d'engager un « recours gracieux » contre le dispositif, auquel l'Etat dispose de deux mois pour répondre.
De fait, cette mesure, qui lui impose d'augmenter de 20% la production de 100 térawattheures (TWh) vendue dans le cadre de l'Accès réglementé à l'électricité nucléaire historique (ARENH), devrait lui « coûter » cher : 10 milliards d'euros de manque à gagner sur l'année, selon mes dernières estimations d'EDF présentées début mai.
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Et ce, alors même que l'entreprise fait face à un défaut de corrosion identifié dans plusieurs des réacteurs du parc, qui l'oblige à fermer une partie d'entre eux et abaisser drastiquement sa production pour 2022. Un véritable boulet, au moment où l'entreprise doit investir des dizaines de milliards pour prolonger les centrales existantes, et préparer la construction de nouveaux EPR.
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