Total lorgne les activités d'exploration et de production d'Engie (ex-GDF Suez)

 |   |  376  mots
Ces cessions s'inscrivent dans le cadre du plan stratégique annoncé par Engie
Ces cessions s'inscrivent dans le cadre du plan stratégique annoncé par Engie (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Le groupe pétrolier français serait en discussion avec Engie en vue d'un éventuel rachat de la totalité ou d'une partie des activités d'exploration-production (E&P) d'Engie, rapporte l'agence Reuters de plusieurs sources proches du dossier.

Total va-t-il mettre la main sur les activités d'exploration-production (E&P) d'hydrocarbures estimées autour de cinq milliards d'euros ? D'après des informations obtenues par Reuters, le groupe pétrolier français poursuivrait les discussions avec Engie.

Deux offres déjà rejetées par Engie

Total a déjà soumis deux offres informelles à Engie mais ce dernier les a rejetées en les jugeant trop basses, ont précisé deux des sources, interrogées par l'agence de presse. Il n'est pas certain que les deux parties puissent parvenir à un accord, ont-elles ajouté. De son côté, Total s'est refusé à tout commentaire.

Engie -ex-GDF-Suez- a mandaté Bank of America pour vendre des activités d'exploration-production en Australie, en Indonésie et en Malaisie, et BNP Paribas pour des activités en Azerbaïdjan, ont expliqué les sources. Elles avancent que ces actifs représentent une valeur globale d'environ 2,5 milliards d'euros.

D'autres activités amont d'Engie E&P International sont également à vendre et pourraient être cédées à un industriel comme Total ou dans le cadre d'un rachat par les dirigeants (MBO) financé par des fonds de capital-investissement spécialisés, selon Reuters.

Engie E&P pourrait être valorisée environ 2,5 milliards d'euros. Pour rappel, la société est détenue à 70% par Engie et à 30% par le chinois CIC (China Investment Corporation).

Plan stratégique pour réduire l'endettement d'Engie

Un accord avec Total est considéré comme l'option privilégiée car certaines des activités d'E&P sont liées à des contrats politiquement sensibles, expliquent les sources.

Ces cessions s'inscrivent dans le cadre du plan stratégique de Engie prévoyant des cessions d'un montant total susceptible d'atteindre 15 milliards d'euros sur les trois prochaines années, le groupe voulant tout à la fois réduire son endettement et se concentrer sur la production d'électricité.

Les activités d'exploration-production du groupe sont valorisées environ cinq milliards d'euros au total mais pourraient être vendues en plusieurs fois pour optimiser le produit de leur cession, ont expliqué les sources.

Les activités d'Asie du Sud-Est sont jugées moins sensibles du point de vue politique et pourraient être vendues à des investisseurs locaux, ont précisé deux des sources, interrogées par Reuters.

(Avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 24/03/2016 à 14:11 :
Si Engie cède des actifs à Total c'est probablement en vue d'une OPA ou d'un achat. Se dégager pour complaire aux autorité de fusion est en effet un préalable. Les cibles sont potentiellement du côté espagnol : Enel voudrait-il vendre sa filiale espagnole Endessa ? Pour Engie, Gas Natural est pourtant l'acteur préféré, déjà en participation, à moins que Iberdrola ou Repsol le pétrolier veuillent bouger. Il est certain que la baisse des prix du baril de pétrole oblige à certains mouvements. ACS le constructeur madrilène est largement engagé sur Iberdrola sous la houelette discrète de Edf, Caïxa, la caisse d'investissement espagnole souhaite se concentrer mieux sur ses métiers en se séparant des trop grosses participations, le mexicain Pemex trouve que l'Espagne est un trop petit territoire et souhaite échanger ses actifs vers d'autres positions plus dominantes, les français avancent leurs pions tandis que les fonds arabes et du Quatar veulent se prémunir de tout risque en consolidant au maximum ce qui peut l'être, tout comme les italiens d'ailleurs. Or, le monde du pétrole et de l'énergie permet ces swaps d'intérêts où l'on compense au niveau mondial ce qui est laissé sur certaines régions. Tous ont en effet l'objectif de mieux maîtriser leurs actifs. Le secteur espagnol est assurément le plus propice à des actions d'envergure.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :