"TotalEnergies vise le top 5 mondial des producteurs d'électricité verte", (Helle Kristoffersen, directrice de la stratégie et de l'innovation)
Propos recueillis par Juliette Raynal
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Total
Solaire, éolien terrestre, offshore, gaz naturel, hydrogène propre, capture et stockage du carbone, batterie... TotalEnergies défend sa transformation en société multi-énergies, alors que les associations environnementales et certains de ses actionnaires jugent sa transformation trop lente et critiquent sa volonté de poursuivre l'exploration de nouveaux gisements pétroliers. Et ce, malgré les dernières recommandations de l'Agence internationale de l'énergie (AIE). Entretien avec Helle Kristoffersen, directrice de la stratégie et de l'innovation du groupe et membre du comité exécutif.
LA TRIBUNE - Pour symboliser son virage historique, Total s'est rebaptisé TotalEnergies et a adopté un nouveau logo aux couleurs des différentes énergies qui composeront le mix du groupe. Quelles sont ces différentes énergies et quelles places occuperont-elles ? Finalement à quoi ressemblera TotalEnergies dans dix ans ?
Helle Kristoffersen - Nous avons écrit TotalEnergies au pluriel pour exprimer notre transformation en une compagnie multi-énergies. C'est une évolution en termes de production et de ventes, avec une offre beaucoup plus large pour nos clients. Celle-ci ne se limite plus au pétrole et au gaz et s'étend à l'électricité renouvelable, aux biocarburants, au biogaz ou encore à l'hydrogène. Notre transformation ne date pas d'aujourd'hui. Elle remonte à l'Accord de Paris de 2015, qui a marqué un tournant pour la compagnie avec la création d'une branche dédiée à nos activités bas carbone dès 2016.
Pourtant, l'image de « pétrolier » nous colle à la peau. Encore aujourd'hui, le grand public nous connaît très largement à travers notre réseau de stations-services. Il était donc important que notre nom incarne notre diversification.
D'ici 2030, la part des produits pétroliers dans nos ventes va passer de 55% à moins de 35%, soit un petit tiers de nos ventes mondiales. Cela résume bien l'ampleur de notre transformation. Le gaz, sous toutes ses formes, va lui passer de 40% à 50% de nos ventes. Enfin, la part de l'électricité, essentiellement renouvelable, va tripler de 5% à 15%.
Vous misez sur le gaz naturel. Cela reste toutefois une énergie fossile...
H. K - Certes mais le gaz naturel constitue la meilleure opportunité pour remplacer le charbon, notamment en Chine et en Inde. Il faut tout faire pour mettre fin à l'utilisation du charbon, y compris chez nous, en Europe. Patrick Pouyanné avait dit il y a déjà quelques années : " Si on avait le pouvoir par une baguette magique de transformer toutes les centrales à charbon du monde en centrales à gaz, nous serions immédiatement dans un scénario 2°C".
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