Climat : la résolution de Total ne fait pas l’unanimité chez les investisseurs
Juliette Raynal
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Lors de son assemblée générale, le 28 mai prochain, Total doit soumettre aux actionnaires son changement de nom en TotalEnergies, afin de traduire sa diversification dans l'électricité et les énergies renouvelables.
La société de gestion Meeschaert,le gestionnaire de fonds OFI Asset Management et l'Ircantec ont annoncé qu'ils voteraient contre la stratégie climat de Total lors de son assemblée générale, estimant que l'entreprise devait faire plus d'efforts. La prise de position de ces deux petits actionnaires ne devrait toutefois pas mettre en péril la résolution de la direction.
Article mis à jour le 21/05/21 à 10h50, avec l'ajout de la position de l'Ircantec et la lettre de 33 investisseurs de la coalition Climate Action 100+, publié initialement le 20/05/21.
Le 28 mai prochain est une date clé pour Total. Le géant pétrolier et gazier s'apprête, en effet, à faire voter, lors de son assemblée générale, une résolution sur sa stratégie bas carbone à l'horizon 2030. Mais les efforts de Total pour le climat, qui multiplient les investissements dans le solaire et l'éolien, ne convainquent pas tous les investisseurs.
C'est le cas notamment de la société de gestion Meeschaert. Cette dernière vient tout juste d'annoncer qu'elle voterait contre la résolution climat présentée par la direction de Total lors de la prochaine assemblée générale, rejoignant d'autres investisseurs qui la jugent pas suffisamment ambitieuse.
L'AIE dit stop aux nouveaux projets pétroliers ou gaziers
"Meeschaert AM votera contre la résolution 14 sur sa politique climatique à horizon 2030, tout en saluant les récents progrès présentés par l'entreprise", a expliqué la société de gestion dans un communiqué.
Selon elle, Total doit faire davantage. Elle réclame notamment "l'arrêt de l'exploration de nouveaux gisements pétroliers et gaziers, tel que demandé par l'AIE". Le dernier rapport de l'Agence internationale de l'énergie, publié ce 18 mai, tombe en effet très mal pour Total. Dans ce document, l'agence exhorte le monde à renoncer dès maintenant "à tout nouveau projet pétrolier ou gazier, au-delà de ceux déjà approuvés, s'il veut atteindre d'ici à 2050 la neutralité carbone et avoir une chance de limiter le réchauffement climatique à 1,5°C". Cette recommandation est d'autant plus marquante que l'AIE a longtemps été réputée pour son conservatisme en matière d'énergies fossiles.
Total fait partie des majors du pétrole les plus actives en matière de transition énergétique. A l'automne dernier, il a dévoilé un plan stratégique multi-énergie qui doit lui permettre d'atteindre la neutralité carbone à l'horizon 2050. Concrètement, l'entreprise vise la production de 35 GW d'énergies renouvelables d'ici à 2025 dans le monde, avec l'ambition que sa production d'énergies renouvelables atteigne 40% du total de ses ventes d'ici à 2050. Le groupe s'est aussi engagé à ce que le niveau des émissions mondiales dites "scope 3", liées à l'utilisation des produits par ses clients (comme le carburant brûlé dans les voitures), soit inférieur en 2030 au niveau de 2015.
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