Face à la crise de Thyssenkrupp, les actionnaires valident la scission de TKMS

TKMS naviguera désormais en solitaire après la validation de sa scission par les actionnaires de Thyssenkrupp.
ThyssenKrupp Marine Systems

TKMS naviguera désormais en solitaire après la validation de sa scission par les actionnaires de Thyssenkrupp.
ThyssenKrupp Marine Systems
Les actionnaires ont tranché, Thyssenkrupp va se séparer de son activité navale militaire. Sa filiale Thyssenkrupp Marine Systems (TKMS), spécialiste des sous-marins et des navires de guerre, va être scindée du reste du conglomérat allemand par un « spin-off ». Elle sera ensuite introduite en bourse. Cette décision a été très largement approuvée par les actionnaires, lors de l'assemblée générale extraordinaire tenue ce vendredi. Elle doit permettre au géant industriel de se restructurer en profondeur, alors que celui-ci est en crise après deux exercices déficitaires et semble engoncé dans une structure trop lourde.
En préambule du vote, Miguel López, directeur général du groupe, a présenté cette scission comme « une décision cruciale » et d'une « étape vers une nouvelle ère ». Il a visiblement été entendu car la proposition a récolté pas moins de 99,96 % des votes. Cela a également été bien accueilli en bourse, sans emballement pour autant, avec une progression du titre d'un peu plus de 2 %.
Le capital du futur TKMS se répartira entre Thyssenkrupp qui conservera une majorité et donc le contrôle avec 51 % du capital et les actionnaires qui se partageront les 49 % restants. Ils recevront une action du spin-off toutes les 20 actions du groupe détenues. Il pourra ensuite être introduit à la Bourse de Francfort. Volkmar Dinstuhl, membre du directoire du groupe, a indiqué que cette manœuvre était prévue pour le mois d'octobre en fonction de l'approbation du gendarme financier allemand, comme le rapporte l'AFP.
Pour Miguel López, « avec l'indépendance entrepreneuriale, TKMS acquiert la liberté d'innover plus rapidement, d'investir de manière ciblée et de répondre avec souplesse aux exigences des clients et du marché ». Concurrent du français Naval Group, le chantier naval allemand est déjà doté de solides perspectives avec un carnet de commandes record de 18 milliards d'euros, qui a gonflé de plus de 50 % en un an. Elle doit notamment fournir au moins une dizaine de sous-marins Type 212CD aux marines danoise et allemande, les nouvelles frégates F127 de la marine allemande, ou encore les frégates Tamandaré de la marine brésilienne.
TKMS ne représentait qu'environ 6 % du chiffre d'affaires du conglomérat en 2024, mais c'est l'une des seules branches à être encore rentable, portée par le dynamisme de ses commandes passées avec plusieurs armées européennes et alliées. Mais le groupe envisage aussi des opérations similaires pour le reste de ses activités, qui englobent aussi l'acier, les pièces automobiles, ou les électrolyseurs.
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Ce plébiscite n'a pas empêché les critiques. Au cours de l'assemblée, plusieurs actionnaires ont remis en question un mode de gouvernance de la future entreprise trop étroitement lié à la maison mère. En particulier, le futur conseil de surveillance de TKMS sera majoritairement composé de représentants de Thyssenkrupp. « Il faut bien plus qu'une indépendance symbolique », a critiqué Henrik Schmidt du fonds d'investissement DWS, comparant la maison mère à « un capitaine fantôme » qui veut « garder le navire TKMS amarré au port ». Pour Florian Honselmann, de l'association pour la protection des investisseurs, l'assemblée du jour « ne va rien changer au déficit des activités sidérurgiques, le problème central de Thyssenkrupp ».
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Le conglomérat a retrouvé des couleurs au premier semestre de l'exercice 2024-2025, achevé le 31 mars, avec des résultats opérationnel et net qui sont repassés dans le vert, et une perte de cash quasiment contenue. Mais il avait accumulé près de 3,5 milliards d'euros de pertes au cours des deux exercices précédents.
(Avec AFP)