Annoncée pour 2025 dans la seconde ville du Loir-et-Cher, à Vendôme, la construction de la gigafactory d’électrolyseurs à hydrogène décarboné par le fabricant francilien Elogen a été suspendue. En cause, les incertitudes qui pèsent sur l'avenir de cette énergie verte.L'hydrogène décarboné, l'un des composants du mix énergétique français qui remplacera en partie l'énergie fossile (gaz, pétrole, charbon) d'ici 2035, peine toujours à décoller. Et les incertitudes budgétaires en 2025 viennent encore aggraver le handicap de cette énergie émergente. Elle nécessite d'être subventionnée par l'État pour être compétitive. Conséquence, le groupe de technologie et d'ingéniérie Gaztransport & Technigaz (GTT), maison mère de la société Elogen (ex Areva H2Gen), vient d'annoncer la mise à l'arrêt temporaire de la construction de sa gigafactory d'électrolyseurs (stacks) à Vendôme.
De façon laconique, GTT spécialisé dans les solutions pour le transport fluvial de gaz liquéfiés, explique ce statu quo « par une revue en cours des activités d'Elogen dans un contexte de marché difficile pour l'hydrogène vert, et une volonté de limiter les besoins de financement de sa filiale ». Le groupe tranchera sur la poursuite ou l'arrêt du projet au plus tard le 21 février, lors de ses résultats 2024 au marché boursier, assure-t-il.
50 millions d'euros et 200 emplois
Gaztransport & Technigaz avait annoncé en 2022 la construction de la gigafactory d'Elogen, retenue la même année par le ministère de la Transition énergétique parmi 15 autres projets de développement d'hydrogène vert. Le groupe, qui a ainsi bénéficié d'un coup de pouce financier de l'État (dont le montant n'a pas été dévoilé) dans le cadre du volet hydrogène du plan France 2030, avait indiqué être prêt à investir 50 millions d'euros dans l'opération.
Une partie de cette enveloppe a servi à financer l'achat d'un terrain de 20 hectares près de la gare de TGV de Vendôme-Villiers ainsi que la construction (toujours en cours) d'une usine de 20 000 m2 en 2024. Basée aux Ulis dans l'Essonne, Elogen prévoyait de recruter 60 salariés au démarrage de l'unité et d'employer à moyen terme quelque 200 collaborateurs dans sa future gigafactory.