Autrefois compétitive, la robotique industrielle française est désormais dépassée par la concurrence chinoise alerte l'association Evolis, qui regroupe les fabricants de machines et solutions industrielles. Une inquiétude qui intervient après une année 2024 peu dynamique pour ces équipementiers.« C'est une situation nouvelle », ne cache pas Fabien Vincentz, le PDG de Marposs France et surtout président d'Evolis, une association qui regroupe 600 fournisseurs français de solutions industrielles (86.000 salariés, 21 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2024). La robotique française doit faire face à une rude concurrence de la robotique chinoise sur le marché hexagonal, voire européen.
« Depuis quelques mois, nous voyons des solutions de robotique industrielle asiatiques pénétrer très fortement le marché français avec des prix de vente inférieurs de 70 % à ceux pratiqués par nos adhérents. Nous ne pourrons pas tenir très longtemps de cette manière, nous sommes face à un risque majeur pour l'industrie. Cette situation préoccupe aussi les Allemands et les Italiens », poursuit le dirigeant, qui représente les intérêts des fabricants de machines industrielles.
Pourtant, pendant plusieurs années, de nombreuses entreprises françaises du secteur se sont vantées d'être compétitives en termes de prix par rapport à leurs concurrents chinois. C'était encore le cas dans un passé récent. « Le problème est que la Chine a identifié la robotique comme stratégique pour son économie et a décidé de soutenir financièrement certains de ses acteurs. Nous sommes donc face à une concurrence anormale », appuie Lionel Couturier, le directeur adjoint du pôle économique d'Evolis.
La structure - qui représente huit corps de métiers - compte faire remonter sans plus tarder cette situation à la direction générale des entreprises. L'association prépare également un observatoire sur cette question pour appuyer ses dires par de la donnée. Dès lors, Fabien Vincentz attend avec une certaine impatience les annonces de la Commission européenne autour du Clean Industrial Deal, qui doit permettre de redonner une certaine compétitivité à son industrie. Le Mécanisme d'Ajustement Carbone aux Frontières (MACF), également connu sous l'acronyme anglais CBAM (Carbon Border Adjustment Mechanism) devrait également jouer un rôle.