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La voiture électrique, un incontournable pour les constructeurs ?

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(Crédits : Shutterstock)
Lors de la dernière édition du salon automobile de Francfort (12-22 septembre 2019), de nombreux nouveaux modèles de voitures électriques ont été dévoilés. Si ce secteur ne devrait pas devenir leader dans l'immédiat, l'année 2020 pourrait en revanche constituer un véritable tournant.

En janvier 2012, alors qu'il est encore directeur général délégué aux opérations du groupe Renault, Carlos Tavares se positionne très clairement en faveur de la voiture électrique : « Contrairement à ce qu'affirment certains, le véhicule électrique n'est pas un pari mais une démarche courageuse et stratégique vers laquelle il convient d'aller. Nous avons un défi environnemental devant nous qu'il convient d'affronter et de régler au mieux ». Huit ans plus tard, force est de constater que les paroles du désormais PDG du groupe PSA se sont avérées prémonitoires. C'est en tout cas ce que la dernière édition du salon de l'automobile de Francfort laisse entendre.

Si le secteur des véhicules électriques ne devrait pas, dans l'immédiat, devenir leader du marché de l'automobile, l'année 2020 pourrait en revanche constituer un véritable tournant. De nombreux nouveaux modèles ont en effet été présentés en Allemagne, et ceci dans quasiment toutes les catégories et gammes que peuvent proposer les constructeurs. Impossible de dire à l'heure actuelle si cet engouement est provisoire, ou s'il s'inscrit dans le temps et une stratégie de transition plus globale. Impossible également de prédire comment les consommateurs réagiront à cette offre plus large. Mais toujours est-il que ces modèles existent, et qu'ils n'attendent que de trouver preneur.

Lire aussi : Recharge par induction, l'avenir de la voiture électrique ?

Citadines et berlines en tête

Catégorie a priori la plus adaptée à la propulsion électrique, les citadines voient effectivement leur catalogue s'agrandir. A côté des pionnières que sont la Renault ZOE -la deuxième génération est d'ores et déjà disponible-, ainsi que la Smart Fortwo et Forfour Electric, de nombreux modèles sont sortis ou ont été annoncés pour cette fin d'année 2019. C'est le cas de ceux du groupe Volkswagen, à savoir la nouvelle version de la Volkswagen e-Up (équipée d'une nouvelle batterie), la Seat Mii Electric, et la Skoda Citigo iV. Le groupe PSA n'est pas en reste avec la Peugeot e-208 ou encore l'Opel Corsa-e. Dans une gamme plus haute, la Mini Cooper SE devrait aussi être disponible prochainement, tandis que la Honda E et surtout la Fiat 500 électrique sont attendues sur les routes pour le second semestre 2020. Petit bémol pour ces modèles : des prix de vente élevés -ce qui ne change pas fondamentalement de leurs versions thermiques-, et une autonomie encore limitée.

Du côté des berlines compactes et familiales, le choc pourrait venir de la Volkswagen ID.3 (disponible en pré-commande, premières livraisons en juin 2020), qui sonne la contre-attaque des constructeurs allemands en matière de véhicules électriques. Avec ses dimensions généreuses et son prix assez proche de celui d'une citadine, elle est particulièrement prometteuse, et devrait renforcer les positions de l'entreprise de Wolfsbourg. Citons également la Polestar 2, berline sportive du groupe Volvo, prévue pour le second semestre 2020. Il faudra en revanche vraisemblablement attendre 2021 pour découvrir la version électrique de la Citroën C4, la Mercedes EQA, ou encore sa rivale la BMW i4.

Si l'on monte en gamme, la Porsche Taycan, programmée pour la fin de cette année, est très attendue (modèle de base à 150 000 euros quand même...), tandis que Jaguar devrait dévoiler sa XJ au second semestre 2020. Avec les Audi e-tron GT et Mercedes EQS, ces voitures de luxe iront concurrencer Tesla dans son pré carré.

La surprise vient des sportives

Au-delà des citadines et des berlines, catégories qui proposaient déjà des modèles électriques, l'année 2020 va surtout confirmer l'extension de l'offre à des catégories que l'on attendait moins, en premier lieu les SUV. Citroën propose d'ores et déjà sa DS3 Crossback e-tense, qui sera rejointe en 2020 par la Peugeot e-2008, l'Opel Mokka X, et même l'étonnante MG ZS EV.

Si l'on passe aux SUV familiaux, le choix s'étoffe largement, confirmant que cette catégorie est aujourd'hui celle qui connaît la croissance la plus importante, toutes motorisations confondues. Premier à entrer dans la danse, le BMW iX3 sera rejoint par le Volkswagen ID.4 -exclusivement disponible en version électrique-, la Mazda MX-30, ou encore le Ssangyong Korando. De nombreux autres projets entrent également dans leur phase finale de développement, notamment du côté de Porsche. Qui l'eût cru... Aston Martin va de son côté faire renaître la marque Lagonda -qui lui appartient depuis 1947- à travers un grand SUV électrique prévu pour 2022, tandis qu'Amazon se lancera également dans la course à la voiture électrique à travers la marque Rivian.

Enfin, beaucoup plus surprenant, plusieurs sportives devraient arriver sur le marché dès l'année prochaine. Certes, Tesla avait commencé à défricher le terrain avec son Roadster. Mais voir des marques légendaires comme Lotus (avec sa Evija), Pininfarina (et sa Battista), ou encore Maserati -et son modèle Alfieri à moteur arrière 100% électrique- s'engouffrer dans la brèche est à la fois étonnant et encourageant. Plus aucune excuse désormais pour bouder la voiture électrique : tout le monde s'y met, et il y en a pour tous les goûts.

Lire aussi : Où en est le marché de la voiture électrique d'occasion ?

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Commentaires
a écrit le 16/12/2019 à 11:30 :
Pour la vouture électrique, pourquoi ne pas mieux prendre en compte les nouvelles possibilités du solaire cinq fois plus performants pour les recharges de sécurité et pour une autonomie additionnelle de plus de 50km, pouvant déjà à elle seule assurer une autonomie totale pour beaucoup de besoins journaliers ?

Le syndrome de la peur de la panne sèche, le manque d'autonomie ainsi que les coûts encore tres dissuasifs sont les principaux freins au développement des voitures électriques. Avec des séries de fabrications plus grandes et avec le recours aux nouvelles générations de batteries sodium ion on sait que l'on pourra déjà beaucoup réduire les coûts des voitures électriques, mais il convient de remédier aux deux premiers aspects mentionnés.

On peut y parvenir à court terme en pouvant augmenter d'un facteur cinq l'efficacité des surfaces photovoltaïques sur une voiture, avec l'addition d'une part des encapsulements robustes à la fois anti réfléchissants, anti salissures, antiérosion et anticorrosion (facteur deux à trois) et d'autre part avec les panneaux solaires en silicium dopé multicouches (qui sont de longues durées de vie et industriels et largement compatibles avec les nouvelles exigences environnementales faisant que l'on peut parvenir à au moins un facteur cinq de mieux.

Des révisions nouvelles de bases fondamentales théoriques, techniques et pratiques de mise en œuvre ont déjà été décrites dans plusieurs publications de fond relativement récentes ( 2018 et 2019) dans des revues scientifiques des plus réputées à caractère quasi officiel que je peux faire parvenir à la rédaction du journal.

On notera qu'il y a déjà des voitures solaires électriques sur le marché. Leur concept novateur est intéressant, mais qui pourraient encore être fortement améliorées et un concept qui pourrait alors devenir tres attrayant d'un point de vue d'usage pratique et économique et commercial et pas seulement écologique.

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