Olivier Sibony : « Il n'y a pas de lien entre la diversité et la performance globale d'une entreprise »
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Olivier Sibony, professeur Affilié au sein du Département Stratégie d’HEC Paris.
Olivier Sibony
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Olivier Sibony, professeur Affilié au sein du Département Stratégie d’HEC Paris.
Olivier Sibony
LA TRIBUNE - Beaucoup d'entreprises aux États-Unis ont abandonné leur programme de diversité après l'arrivée de Donald Trump, le président américain faisant la chasse aux programmes de diversité. Pourtant, certaines entreprises européennes, comme SAP récemment, ont aussi sauté le pas. Comment expliquer cela ?
OLIVIER SIBONY - Il faut d'abord préciser que cette situation est une situation américaine. Le retour de balancier aux États-Unis concerne les politiques de diversité, d'équité et d'inclusion (DEI) qui sont des politiques américaines mises en œuvre dans un contexte américain et différent des nôtres. Quand vous comptez dans une entreprise combien il y a de noirs, de gays, de transgenres, etc., ce sont des choses qu'on n'a pas le droit de faire en France.
Deuxième chose : ces entreprises qui sont capables de changer radicalement de position sur un sujet dont ils vous expliquaient, d'une part, que c'était sur une question de valeurs auxquelles ils étaient profondément attachés et, d'autre part, que c'était une question de performance, n'étaient en fait absolument pas convaincues ni de la première chose ni de la seconde. Ces entreprises, qui nous disaient que la diversité est une question de performance, ne le pensaient donc pas. Elles avaient raison de ne pas le penser : toutes les études sérieuses disent qu'il n'y a pas de lien entre la diversité et la performance globale d'une entreprise.
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Le troisième enseignement que nous pouvons tirer de ce retour de balancier est que lorsque nous utilisons de mauvais arguments à l'appui d'une bonne cause, ici la diversité, nous ne lui rendons pas service. En utilisant l'argument de la performance, qui est un argument pour le moins faible, en réalité faux, on a donné des armes à ceux qui, aujourd'hui, pour des raisons absolument idéologiques et pas du tout pour des raisons de performance, veulent revenir en arrière sur les questions de diversité.