Casino lance le cash-back dans 230 magasins

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Casino permet à ses clients de retirer jusqu'à 50 euros dans certains de ses supermarchés, pour l'achat d'au moins un article sans minimum de prix.
Casino permet à ses clients de retirer jusqu'à 50 euros dans certains de ses supermarchés, pour l'achat d'au moins un article sans minimum de prix. (Crédits : Casino)
Le groupe de distribution est le premier à proposer en France depuis ce lundi dans 150 supermarchés et 80 hypers Géant de retirer de l'argent liquide à la caisse en réglant ses achats par carte. Un service gratuit chez Casino, rendu possible par une loi promulguée cet été, transposant la directive européenne sur les services de paiement (DSP2).

Le cash-back séduira-t-il les Français ? Cette pratique, déjà courante aux États-Unis, au Royaume-Uni, en Belgique et en Allemagne, qui permet aux clients de retirer de l'argent liquide lors de leur passage en caisse en magasins, débarque pour de bon en France. Casino a annoncé ce lundi 10 septembre être la première enseigne à proposer dans l'Hexagone ce nouveau service, autorisé par une loi publiée au Journal officiel le 5 août dernier et qui transpose en droit français la directive européenne sur les services de paiement (DSP2).

« Géant Casino est la première enseigne de distribution en France à proposer un service de retrait gratuit d'argent en caisse. Lancé cet été dans 80 hypermarchés, le service sera également déployé fin septembre dans 150 supermarchés Casino équipés de caisses automatiques », a annoncé le groupe de distribution sur son compte Twitter.

Par exemple, si un client réalise 40 euros d'achat et qu'il souhaite récupérer 20 euros, il lui suffira de régler 60 euros par carte bancaire pour que la différence lui soit rendue en espèces. Ce ne sera pas possible avec un chèque, conformément au texte de loi.

Lire aussi : Paiement : la directive DSP2 entre en vigueur, c'est quoi ?

Un service d'appoint gratuit

Casino a choisi de proposer ce service uniquement aux caisses en libre service, celles où le client scanne lui-même ses articles. Cependant, le client devra « informer l'hôtesse de caisse de son souhait d'obtenir de l'argent liquide », l'employé enregistrant alors la transaction à l'aide d'un code-barre afin d'activer la caisse automatique pour fournir les espèces avec la fonction de remise de monnaie.

« Gratuit, sous réserve de l'achat d'au moins un article sans limite de prix, ce service d'appoint offert aux clients a vocation à faciliter le quotidien des clients » indique Casino dans un communiqué.

Ce sont en tout 500 caisses automatiques qui permettront ce genre d'opérations à la fin du mois de septembre, avant un déploiement progressif à l'ensemble des supermarchés Casino équipés de caisses automatiques.

Le groupe de distribution se défend de vouloir « concurrencer les banques » et présente le service comme un moyen de « dépannage. » Il attend le décret d'application en préparation à Bercy pour aller plus loin, notamment de généraliser aux autres caisses. Ce décret doit fixer le montant minimal de l'achat permettant de retirer des espèces et le montant maximal de liquide qu'il est possible d'obtenir par cash-back. Un plafond de 100 à 150 euros avait été évoqué jusqu'ici par Bercy. Casino a choisi pour l'instant de permettre de retirer de 10 euros à 50 euros maximum. Selon les dispositions prévues dans la loi, il n'est pas possible de retirer du liquide si aucun achat n'a été réalisé au préalable.

La loi précise que le commerçant pratique le cash-back sur la base du volontariat, sans préciser si le service doit être gratuit ou peut être payant. Le cash-back peut devenir « une source de revenus supplémentaires pour les commerçants si ceux-ci réussissent à prendre une commission », a expliqué Marin Delatte, consultant chez Sia Partners, à l'AFP.

Pour les ruraux et les touristes

Mis en place depuis la fin mai dans 80 des 106 hypermarchés Géant, le service reste, pour l'heure, peu utilisé.

« C'est plutôt mitigé pour l'instant chez les hypermarchés Géant. Cela va surtout dépendre des emplacements, c'est au cas par cas. Par exemple, le cash-back a beaucoup plus de succès dans les zones touristiques », a expliqué une porte-parole de Casino.

A l'heure de l'essor du paiement mobile (Apple Pay, Lydia, etc) et du paiement sans contact, notamment pour les petits montants, l'introduction du cash-back semble aller à l'encontre des évolutions récentes. Mais selon Philippe Joguet, chargé des questions financières à la Fédération du commerce et de la distribution (FCD), ce système intéresse particulièrement les distributeurs, car « il répond à un besoin des consommateurs », même s'il ne s'agit pas d'« attentes massives ».

« En Belgique, où la pratique existe depuis longtemps, environ 5% des clients qui payent en carte en profitent pour demander aussi des espèces », a affirmé Philippe Joguet à l'AFP.

Les consommateurs, en particulier les ruraux, y verront l'occasion de faire d'une pierre deux coups, en s'évitant un déplacement au distributeur automatique de billets (DAB) parfois loin de chez eux. Le cash-back devrait s'avérer utile surtout dans les zones rurales, car si la France possède environ 57.000 DAB, ceux-ci sont inégalement répartis dans les territoires. Philippe Joguet considère également que le cash-back peut séduire des séniors, qui apprécieront de pouvoir effectuer un retrait dans l'environnement plus sécurisé d'un magasin qu'en pleine rue.

Les banques ne sont pas très favorables à la mise en place de ce service qu'elles ont tendance à trouver inutiles. Une source bancaire citée par l'AFP estime que ce système illustre plutôt une « volonté d'aménagement du territoire qu'une volonté de revoir la filière des paiements en France », compte tenu du nombre de DAB qui est « en train de stagner, voire baisser », et d'une « baisse régulière du nombre de retraits ».

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Commentaires
a écrit le 11/09/2018 à 23:55 :
Utilisation de notre cash radicalement limité par la loi Sapin 2 et Accès à notre cash laissé à la discrétion d'entreprises privées comme Casino, dont l'activité principale ne relève pas du secteur bancaire. Pour résumer : "consommer mes produits si vous voulez avoir accès à votre cash !"

Il faut libéraliser les paiements en cash et obliger l'État français à garantir des points de retrait de cash intégralement gratuit par zone de 1000 habitants minimum !
a écrit le 11/09/2018 à 23:01 :
ca m'a dépanné a vienne en l'an 2000 pour éviter les opérations multiples soumises a frais lorsque le franc était encore en vigueur
a écrit le 11/09/2018 à 18:25 :
Quand je suis arrivé à LONDRES en 1995 soit il y 23 ans , ça existait déjà dans mon magasin SAINSBURY !
a écrit le 11/09/2018 à 17:20 :
A quel tant avec le commerçant que la banque du client (hors réseau)?
a écrit le 11/09/2018 à 9:00 :
Difficile de ne pas être dubitatif devant les messes néolibérales des établissements financiers européens voulant nous imposer la disparition du cash alors que les gens font la queue aux distributeurs de billets des banques et ont fait de ce "cash-back" un véritable succès alors qu'à peine mise en application.

L'intérêt du financier est contraire à celui du citoyen.

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