Casino visé par une enquête pour escroquerie au jugement
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Jean-Charles Naouri, ancien PDG de Casino avant que le groupe ne soit repris en mars 2024 par un consortium mené par le milliardaire Daniel Kretinsky.
Reuters
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Jean-Charles Naouri, ancien PDG de Casino avant que le groupe ne soit repris en mars 2024 par un consortium mené par le milliardaire Daniel Kretinsky.
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Les pratiques de l'ancienne direction du groupe Casino sont examinées par la justice. Le parquet de Paris a confirmé ce mercredi 15 janvier à l'AFP qu'une enquête est en cours, confiée à la brigade financière, après une plainte déposée contre X en février 2023. Le grief de celle-ci : escroquerie au jugement visant l'obtention en 2019 d'une procédure de sauvegarde. Elle a été déposée par Xavier Kemlin, petit actionnaire historique et arrière-petit-fils de Geoffroy Guichard, fondateur de Casino en 1898.
Un retour en arrière s'impose. En 2019, en raison de graves difficultés financières, Rallye, l'ancienne maison mère de Casino, a sollicité l'ouverture d'une procédure de sauvegarde. Celle-ci a été approuvée en 2020 par le tribunal de commerce de Paris, lui permettant de rééchelonner sa dette. Mais pour Xavier Kemlin, cette procédure constitue une possible escroquerie au jugement.
Il estime, dans sa plainte, que le surendettement de Rallye aurait dû conduire à un « redressement judiciaire avec dessaisissement de facto de Jean-Charles Naouri (le PDG de l'époque, NDLR) de l'administration du groupe ». Il avance que l'ex-PDG a trompé le tribunal de commerce en soutenant que les difficultés étaient liées aux attaques des vendeurs à découvert - qui parient sur la chute de l'action d'entreprises - qui avaient agité la rentrée 2018.
Et il n'est pas le seul à avoir déposé plainte pour ce même motif. Des héritiers de la famille Guichard, fondatrice de Casino, l'ont fait quelques mois après lui, en décembre 2023. « Je me réjouis de l'ouverture de l'enquête et du fait que cela progresse dans la bonne direction », a réagi l'avocat de ces plaignants, Thomas Amico.
Les avocats de plusieurs anciens membres de la direction de Casino - Jean-Charles Naouri, Olivier Baratelli, Marie-Alix Canu-Bernard et Nicolas Huc-Morel - contredisent cette théorie. « Cette obsession de Xavier Kemlin est répétée à l'envi depuis 2019 (...). Il veut absolument persuader les autres qu'il y aurait eu une escroquerie au jugement en 2019, ce qui est totalement faux », ont-il réagi. Pour eux, il s'agit d'une « élucubration ». « Il ne suffit pas de ressasser des choses fausses pour qu'elles deviennent une vérité », ont-ils ajouté.
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De son côté, la direction actuelle de Casino n'a pas souhaité commenter « ces procédures relatives à des faits antérieurs au changement de gouvernance ». Pour rappel, le distributeur a en effet changé de main en mars 2024, repris par un consortium mené par les milliardaires Daniel Kretinsky et Marc Ladreit de Lacharrière, adossés au fonds d'investissement Attestor. Le groupe n'avait pas réussi à sortir la tête de l'eau, croulant sous une dette colossale de 5 milliards d'euros, ce qui l'a conduit à une importante restructuration.
Casino n'est toutefois pas totalement sorti d'affaire. La nouvelle direction a présenté à l'automne dernier son plan stratégique pour retrouver l'équilibre « en 2026 » et « devenir le meilleur des marques de proximité ». Ce qui passera par un plan social et une rationalisation du nombre de magasins, sachant qu'une très grande partie a été cédée à ses concurrents.
En parallèle de cette enquête pour escroquerie au jugement, Jean-Charles Naouri, d'anciens cadres de Casino et un éditeur de presse sont menacés d'un procès pour manipulation de cours en 2018 et 2019. Sous couvert d'une convention de prestations de conseils, d'un montant de 800.000 euros, Nicolas Miguet aurait utilisé ses publications, audiotels et son réseau pour défendre le cours de Bourse de l'entreprise. Notamment auprès des petits porteurs particuliers et sans avoir informé son public de ses liens financiers avec le groupe, selon le ministère public.
Concrètement, l'éditeur aurait bénéficié d'informations confidentielles et biaisées, transmises par des cadres de Casino qui auraient corrigé ses articles avant publication, d'après des éléments de l'enquête de la brigade financière. Selon la même source, l'opération a eu un impact « significatif » sur le cours du titre. Or, à cette époque, Casino était sous le feu d'analystes financiers s'inquiétant de sa solvabilité et était pressé par les marchés de réduire son endettement. Début septembre 2018, son action était tombée au plus bas de son histoire, autour de 25 euros.
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La défense de l'ancien PDG conteste ces accusations. Les délits retenus peuvent encore évoluer jusqu'à la décision finale sur l'éventuelle tenue d'un procès, attendue d'ici plusieurs semaines voire mois.
(Avec AFP)
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