En magasin, le vol perd du terrain

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La démarque inconnue représentait plus de 4 milliards d'euros en France l'an dernier.
La "démarque inconnue" représentait plus de 4 milliards d'euros en France l'an dernier. (Crédits : reuters.com)
La "démarque inconnue", comprenant notamment le vol, a reculé en France l'an dernier. Dans le reste du monde, à l'inverse, il a plutôt eu tendance à augmenter.

Le chapardage change de visage. Le taux de "démarque inconnue" en France, c'est-à-dire le pourcentage de chiffre d'affaires "perdu" en raison de vols à l'étalage, de vols internes, de fraudes provenant des fournisseurs ou de pertes administratives, a atteint 0,81% en 2014-2015. Ce qui représente une baisse de 0,28 points de pourcentage par rapport à l'année précédente, selon le baromètre annuel du vol dans le commerce et la distribution réalisé par The Smart Cube pour la société spécialisée Check Point Systems.

La France sur le podium, avec la Norvège et la Suisse

Des 24 pays étudiés, la France fait partie des meilleurs élèves, puisqu'elle est le troisième après la Norvège et la Suisse, où le taux de démarque inconnu est le plus faible.

Dans le reste du monde, ce taux a tendance à progresser puisqu'il atteint 1,42%, contre 0,94% l'année précédente. Traduit en valeur, cela atteint un niveau difficilement imaginable: 123,39 milliards de dollars (112 milliards d'euros).

Pour se faire une idée, cela représente deux fois le PIB du Kenya. Ce chiffre ne prend pas en compte la fraude en ligne, qui elle est évaluée à quelque 7 milliards d'euros par le Merchant Risk Council, association international de commerçants qui luttent contre la fraude en ligne.

Des puces sur les lames de rasoirs

En France, la démarque inconnue représente 4,61 milliards d'euros en France dont 44% sont dus au vol à l'étalage (soit 1,52 milliard d'euros). Ce taux était de 58,5% lors de la précédente édition du baromètre. Par ailleurs, un peu plus d'un tiers provient de vol internes.

Premières cibles: dans la mode, ce sont les accessoires; dans l'électronique, les accessoires de téléphonie - sans doute moins bien protégés que les smartphones et tablettes qui arrivent tout de même en deuxième position.

Chapardage de viande... de luxe

Dans l'alimentation ce sont les vins et spiritueux. Dans ce domaine en particulier, Matthieu le Taillandier, vice-président, directeur général de Checkpoint Systems met en exergue un phénomène particulier:

"Le vol de produits alimentaires haut de gamme, notamment de la viande ou du poisson est une tendance lourde. Mais attention, il s'agit de produits de luxe destinés à la revente, et non à une consommation immédiate".

Des rasoirs suivis de très près

Au rayon soins et beauté, les lames de rasoirs sont apparemment un objets très prisé des auteurs de ces rapines, qui d'après cette enquête réalisées auprès de responsables de la sécurité ou des achats, est de plus en plus le fait de bandes organisées.

"Les industriels ont compris que la problématique du vol conduit les distributeurs à mettre leurs produits un peu moins en valeur, derrières des vitres par exemple, et que leurs ventes en souffrent indirectement. Donc certains commencent à intégrer des systèmes anti-vol à l'intérieur de leur produits", explique Mathieu Le Taillandier.

Deux solutions sont les plus souvent utilisées: soit des antivols "classiques" qui émettront un son s'ils n'ont pas été désactivés en caisse. Soit des puces "rfid", à basse fréquences, qui elles, permettent de localiser un produit. En principe, elles doivent aussi être désactivées après un passage en caisse.

>> Ces étiquettes intelligentes qui communiquent à distance

La puce RFID, mouchard encore peu utilisé

Ces puces multifonctions pouvant même remplacer les codes-barres, elles simplifient le passage en caisse. Restent qu'elles sont encore très peu utilisées en France : "moins de 15% des marchands en utilisent" selon un expert du secteur.

Parmi eux, la moitié les utilisent pour lutter contre le vol, d'après le baromètre. Ces mouchards doivent en principe être signalés très clairement, collés sur des étiquettes par exemple, et donc détachables.

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Commentaires
a écrit le 04/11/2015 à 11:24 :
Dans l'habillement, l'antivol est cousu, fait "partie" du vêtement (un short pour moi) et il faut le découper une fois rentré sinon il fait sonner les portiques. Mais c'est marqué nulle part, la caissière ne le signale pas (j'use mes affaires jusqu'à plus mettable donc achète pas souvent). Chez Lec*** à l'accueil ils ont une paire de ciseaux pour aider le client à se séparer du mouchard auquel on n'a pas pensé. Ça fait étrange de devoir découper un bout de son achat une fois passé en caisse. On reporte le boulot sur le client ? Il va bien me faire 15 ans, on verra ça plus tard.
A-t-on une idée du taux disparu en magasin / disparu dans l'arrière boutique voire avant livraison ?

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