Face au Covid, aux darkstores, au quick commerce, Casino dégringole en Bourse
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Eric Gaillard
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L'accélération du e-commerce, liée à la pandémie de Covid-19, ne profite pas à toutes les enseignes du commerce de la même manière. Parmi elles, Casino, qui, après avoir partagé un chiffre d'affaires en hausse de 4,1% au troisième trimestre 2021, à 7,7 milliards d'euros, semblait avoir renoué avec une tendance positive. Mais ses espoirs ont rapidement été douché. Son résultat annuel, et plus particulièrement sur son excédent brut d'exploitation (Ebitda), devrait être dans le rouge en 2021. La réaction en Bourse ne s'est pas faire attendre. Lundi matin, suite à un avertissement sur ses prochains résultats, l'action du groupe de distribution, propriétaire de Monoprix, Franprix, Cdiscount, Géant, Franprix, Naturalia, Vival... perdait près de 14%.
Vendredi soir, le groupe a en effet indiqué anticiper désormais un Ebitda en retrait de 1,7% "à environ 1.280 millions d'euros contre 1.305 millions en 2020". Le groupe, qui rendra public ses résultats annuels 2021 le 25 février, attribue ce revers à une évolution du marché de la distribution alimentaire défavorable "dans des proportions plus fortes qu'attendues" en France au quatrième trimestre.
Des signes avant-coureurs se sont manifestés en fin d'année. Les ventes des enseignes alimentaires du groupe ont baissé légèrement en France (-3,2%) au troisième trimestre 2021 par rapport à la même période en 2020. Ses enseignes, très présentes en région parisienne, sont notamment impactées par la baisse du tourisme et "l'effet du passe sanitaire sur les hypermarchés", indique Casino.
Pour faire face à cette nouvelle concurrence, Casino tente d'emboîter le pas à ses innovations d'usage. Dès le premier confinement, le groupe a noué des partenariats avec les plateformes Uber Eats ou Deliveroo pour s'inscrire dans le raz-de-marée de la livraison à domicile. Deliveroo propose déjà des produits de grandes enseignes, telles que Carrefour ou Casino, mais également de commerces de bouche.
De même, l'Allemand Gorillas, acteur de la livraison de courses ultra-rapide, pourra s'approvisionner en produits Franprix et Monoprix, mais aussi préparer et livrer des commandes des deux enseignes.
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Aussi, pour accélérer ce pivot, il a annoncé son entrée prochaine au capital de Gorillas mais n'a pas communiqué sur la valeur de cette participation.
Casino a aussi lancé un supermarché "autonome" ouvert 24h/24 à Paris depuis 2018, mais le client doit scanner les produits avec son téléphone avant de payer en caisse automatique ou via son application. Monoprix, qui appartient au groupe Casino, a lancé en octobre 2020 un concept plus proche de celui de ses concurrents, avec des mini-magasins nommés "Black Box".
Mais face à la déferlante de ces nouveaux usages, les enseignes traditionnelles se trouvent rapidement distancées. A tel point que son concurrent Auchan (groupe Mulliez qui possède notamment Décathlon, Leroy Merlin, Flunch, Boulanger...) a engagé des manoeuvres capitalistiques pour étudier un rachat de l'autre géant du secteur, le groupe Carrefour.
Cette concentration s'opère d'ailleurs déjà parmi les nouveaux acteurs de la livraison aussi appelée "quick commerce", à l'image du rapprochement entre Gorillas, plus fort que son homologue français Frichti, annonce ce début 2022.
Pour l'heure, la croissance globale du groupe Casino est surtout tirée par l'Amérique latine, qui représente près de la moitié de son chiffre d'affaire et affiche une croissance de 11,5% sur un an.
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L'action de Casino, qui valait 22,70 euros vendredi soir avant l'avertissement sur résultats, perdait 13,77% de sa valeur lundi, à 19,69 euros à 12H08, alors que le CAC 40 s'affichait au même moment en hausse de 0,21%.
(Avec AFP)
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