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Entreprises & FinanceDistribution

Habillement : cinq choses à savoir sur la liquidation de Mim

Photo de Grégoire Normand

Grégoire Normand

Publié le 28 avril 2017 à 08:40 - Mis à jour le 28 avril 2017 à 08:41

Le Quotidien Numérique

18 juillet 2026

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Le tribunal de commerce de Bobigny a ordonné, ce mercredi, la liquidation judiciaire de l'enseigne Mim. Ceci entraînerait la suppression de 800 postes et la fermeture immédiate de 162 boutiques. Le sort de ce groupe méconnu, fondé en 1976, a retenu l'attention de l'Elysée qui a reçu les représentants du personnel ce jeudi 27 avril.

Le secteur du textile et de l'habillement s'enfonce dans la crise. Alors que tous les regards étaient braqués vers Emmanuel Macron et Marine Le Pen à Amiens, s'intéressant aux 289 emplois menacés chez Whirlpool, le tribunal de commerce de Bobigny a confirmé la liquidation judiciaire de l'enseigne de mode à petit prix qui entraînera la suppression de 791 emplois en CDI. A l'exception de Benoît Hamon, Jean-Luc Mélenchon et Nathalie Arthaud qui ont apporté leur soutien aux salariés, aucun autre candidat de premier plan n'a manifesté sa solidarité envers les employés, explique l'AFP.

1- Un redressement judiciaire après plusieurs rachats

L'enseigne de vêtements à bas prix a annoncé son placement en redressement judiciaire en novembre dernier par le tribunal de commerce de Bobigny. Dans un communiqué, le groupe, qui comptait environ 1.500 salariés à l'époque, avait annoncé :

"Dans un contexte général dégradé du marché du textile en France, résultant notamment de conditions météorologiques défavorables et des récents attentats", la direction de Mim "a fait le choix de se placer sous la protection de la justice commerciale afin de rechercher une solution qui permette de préserver l'emploi et de relancer l'activité."

L'enseigne britannique New Look avait racheté le groupe en 2006 avant de le revendre au groupe hongkongais Main Asia en 2014. Ce dernier avait nommé une nouvelle équipe au début de l'automne pour restructurer la société. Mais les différents rachats n'ont pas suffi à sauver la société. L'avocate des salariés Justine Candat, avait expliqué, au micro de France 3, que "dès l'instant où l'entreprise a été rachetée, les pertes se sont accumulées, la qualité des vêtements s'est dégradée, les prix ont augmenté et les clientes ne se sont plus retrouvées dans les vêtements Mim, donc la marque est détériorée."

2- Des offres peu satisfaisantes

Depuis la mise en redressement judiciaire, plusieurs offres de reprise avaient été proposées sans aboutir à un résultat satisfaisant. Le comité d'entreprise avait voté à l'unanimité en faveur du plan de reprise de la Compagnie du Clémenty, qui prévoyait selon l'AFP, de sauver 90% des emplois en CDI et de relancer la marque. Mais les juges ont estimé que cette offre ne présentait pas de garanties suffisantes, selon l'avocate des salariés Justine Candat, du cabinet LBBA interrogé par l'agence de presse. L'apport nécessaire pour faire repartir Mim s'élevait à plus de trois millions d'euros, sachant que le groupe cumulait une dette de 60 millions d'euros et accusait une perte de neuf millions sur l'exercice 2015/2016.

3- Une reprise partielle

A la fin du mois mars, la juridiction de Bobigny a validé l'offre de reprise partielle par le groupe suisse Tally Weijl et le français Etam. Les deux sociétés ont annoncé qu'elles ne reprendront 287 personnes sur 1078 salariés ainsi que 71 des 233 magasins de la chaîne Mim.

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Les deux repreneurs sont des poids lourds de la mode. Tally Weilj emploie plus de 3.400 personnes et compte 800 magasins dans 37 pays à travers la planète. Quant à Etam, le groupe possède 3.906 points de vente dans le monde et affiche un chiffre d'affaire de 1,3 milliard d'euros. Dans le plan de reprise, Etam a accepté de racheter deux magasins seulement dans l'Ille-et-Vilaine et dans le Gard, dans lesquels travaillent huit salariés. De son côté, Tally Weilj a proposé de reprendre 69 boutiques.

4- Un projet de Scop avorté

Face aux difficultés, plusieurs salariés ont émis l'idée de fonder une Société coopérative ouvrière et participative (Scop). Le but du projet consistait à reprendre les boutiques de Mim délaissées par Etam et Tally Weilj. Selon Isabelle Velila, déléguée du personnel du syndicat SECI-UNSA interrogée par Le Monde "la SCOP doit permettre de sauver entre 500 et 550 emplois sur les 791 actuels et entre 110 et 120 magasins".  Mais les personnes à l'initiative du projet ont dû faire face à plusieurs difficultés. 

Le projet était loin de faire l'unanimité au sein de l'entreprise. Dans un sondage publié sur la page Facebook du syndicat FO Mim, 58% des interrogés, soit 348 votants, ont exprimé un vote défavorable à la mise en place de ce projet (sachant que ce sondage n'a pas de valeur légale et prend en compte les non-votants).

Par ailleurs, les salariés devaient démontrer l'existence d'un marché pour avaliser le projet de Scop. Les salariés ont ainsi assuré avoir contacté cinq fournisseurs qui auraient accepté de travailler avec eux. Ces derniers auraient accepté à condition d'être payés en avance pour la première livraison. Mais cette solution n'a pas été retenue par les juges.

5- Un soutien tardif du gouvernement

Dans un courrier consulté par l'AFP, le secrétaire d'Etat à l'industrie Christophe Sirugue a assuré au président du tribunal que "l'Etat était prêt à s'engager pour soutenir ce projet, en examinant sans délai l'octroi d'un prêt du Fonds de développement économique et social". "Dans ses conditions", a-t-il poursuivi, "il serait souhaitable que le tribunal accorde un délai supplémentaire et autorise la poursuite de l'activité".  Avec cette somme, les salariés pouvaient espérer travailler avec les fournisseurs précités mais leur sort a été tranché mercredi dernier.

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Pour la grande majorité d'entre eux, c'est la perspective d'un licenciement qui les attend. Un plan de sauvegarde de l'emploi doit être annoncé. A l'issue de cette procédure, les employés licenciés devraient recevoir une enveloppe de 2,6 millions d'euros, soit environ 3.200 euros par personne. De son côté, l'Etat devrait débloquer la somme de 2,2 millions d'euros pour accompagner le reclassement des salariés qui ont perdu leur travail.

Grégoire Normand

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