La bonne recette des startups de la restauration à domicile

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Le marché de la restauration à domicile pourrait atteindre 124,3 millions d'euros d'ici à 2017, avec un nombre croissant de concurrents.
Le marché de la restauration à domicile pourrait atteindre 124,3 millions d'euros d'ici à 2017, avec un nombre croissant de concurrents. (Crédits : "Worksman delivery trike" by Yanks9596 - Own work. Licensed under CC BY-SA 3.0 via Wikimedia Commons.)
On ne compte plus les start-up de la restauration à domicile qui se lancent à l'attaque des géants du secteurs comme Allo Resto, Delivery Hero ou Foodpanda. Et pour cause : le modèle séduit aussi bien les consommateurs pressés que les restaurateurs qui peuvent y gagner jusqu'à 50.000 euros par mois.

C'est une première depuis dix ans. Le marché de la restauration a enregistré une baisse des recettes en 2014. Mais une niche peuplée d'irréductibles entrepreneurs résiste toujours et encore : celle de la restauration à domicile. À en croire une étude du cabinet Xerfi publiée le 5 mars, les formules de livraison, comme les plateaux-repas, ont le vent en poupe. Les experts anticipent ainsi une hausse de 6% par an du chiffre d'affaires des spécialistes du secteur entre 2014 et 2017, pour atteindre 124,3 millions d'euros.

Consolidation et concurrence

Et les acteurs de la restauration à domicile comptent bien saisir leur part du gâteau. En témoigne, "une période très agitée dans ce secteur avec des levées de fonds hallucinantes", constate Benjamin Chemla, directeur général France et Belgique de Restoin market, une PME française pionnière de la restauration à domicile.

Ainsi, l'américain Hello Fresh qui propose la livraison d'ingrédients frais pour cuisiner soi-même une recette du jour, a notamment levé 112 millions d'euros en février. Delivery Hero, le super-livreur allemand de la restauration à domicile a acquis son homologue turc pour 520 millions d'euros début mai, juste après avoir lui même été renfloué à hauteur de 518 millions d'euros par Rocket Internet. Et ce n'est pas fini. Ce dernier, spécialiste de la duplication de start-up à l'étranger, a réalisé pas moins de neuf acquisitions dans le secteur depuis le début de l'année...

Comme un air de déjà vu

En France, c'est la même effervescence. Fort de ses 3.500 restaurants partenaires, Allo Resto, l'annuaire géant des restaurateurs proposant un service de livraison, enregistre des records de croissance chaque année et entraîne ainsi nombre de start-up dans son sillage. La dernière en date : Pop Chef, qui livre tous les midi dans Paris un menu du jour frais et sain cuisiné par un chef, le tout pour moins de dix euros et quinze minutes d'attente. La formule choisie -des repas équilibrés préparés avec des aliments locaux, livrés en un temps record- rappelle celle d'Attablez-vous et sa sélection de plats exclusivement élaborés dans certains restaurants traditionnels, scrupuleusement choisis en fonction de la qualité de leurs services. Là encore, le modèle a un goût de déjà vu.

"Proposer un service de livraison à des restaurateurs dont ce n'est pas l'ADN était inédit quand Resto-In est né, en 2006", note Benjamin Chemla. "Mais aujourd'hui, avec la géolocalisation, c'est un standard".

Briac Lescure, fondateur de Pop Chef ne s'en cache pas : son service repose essentiellement sur un système de géolocalisation permettant d'estimer dans quel secteur les prochaines commandes devraient avoir lieu. "Nous voulons apporter au secteur de la livraison à domicile ce qu'Uber a apporté au service de taxi", déclare-t-il. Notons toutefois que les livreurs d'Attablez-vous et de Pop Chef, à la différence de ceux de Resto-In, se déplacent uniquement de façon écologique, les premiers utilisant des scooter 100% électriques et les seconds des vélos. Une initiative qui plaît à des consommateurs de plus en plus sensibles à la dimension environnementale de la livraison.

Se diversifier pour se singulariser

Face à cette concurrence croissante, pas question, pour Resto-In, de se cantonner à l'offre des restaurateurs et des pâtissiers-chocolatiers. La PME rebaptisée pour l'occasion Restoin market vient d'étendre son service de livraison à de nouvelles catégories de produits : les fleurs, la parapharmacie, l'épicerie fine et certains articles de grande surface. "En se diversifiant, on se singularise", explique Benjamin Chemla qui rêve d'une offre aussi large que le leader japonais du e-commerce Rakuten. "Ce groupe propose même des produits frais, des oeufs, du lait, des fruits et légumes...", s'enthousiasme le créateur de Citycake, le spécialiste de la livraison de pâtisseries, racheté en 2014 par Resto-In.

"Je partage la même vision que son fondateur, Benoît Clément : faire évoluer la plate-forme vers des produits toujours plus diversifiés pour répondre à un maximum de besoins entre huit heures du matin et minuit". À l'en croire, le marché évolue ainsi vers le "tout livrable de façon collaborative" :

"Dans dix ans, un service existera qui saura que vous allez à Châtelet en partant de Pantin. Il pourrait alors vous proposer de récupérer le colis de madame X avant de partir et le lui déposer boulevard Sébastopol quand vous arriverez", imagine Benjamin Chemla.

Une solution miracle pour les restaurateurs ?

En attendant d'être capable de proposer un tel service, l'entreprise espère déjà accroître la répétition des commandes avec son offre élargie et passer ainsi la barre des 50% de croissance sous six mois. Car depuis la naissance de Resto-In, la mayonnaise a pris. Implantée dans neuf villes européennes, la société croît aujourd'hui de 25% par an et effectue quelques 1.000 livraisons par jour à Paris.

"Certains restaurants restent même ouverts uniquement pour nous le soir", s'enorgueillit Benjamin Chemla.

Rien d'étonnant quand le service de livraison génère un surplus d'activité de 4.000 à 50.000 euros par mois, selon la capacité et la notoriété du restaurant.

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Commentaires
a écrit le 04/06/2015 à 16:15 :
En ayant déjà vécu ce genre de prestation et ses immenses inconvénients (à commencer par les retards et par le prix final du produit, toujours plus cher) je ne peux considérer cet article de LT comme une jolie plaisanterie estivale.
a écrit le 04/06/2015 à 16:05 :
L'argent des investisseurs est là pour faire des expériences et essayer de prendre des positions sur la marché. Mais jusqu'à présent aucune de ces sociétés ne montre le début d'une exploitation rentables, ou même à l'équilibre, même aux USA.
Qui vivra verra. ceux qui ont les poches les plus profondes resteront peut être sur un vrai marché ?

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