Tourisme : comment la France a « sauvé son été »

Contrairement aux craintes des professionnels de l'hôtellerie, de la restauration et du tourisme, le pass sanitaire a aidé à maintenir l'activité touristique, a déclaré le secrétaire d'État au Tourisme ce matin, se félicitant des belles performances estivales de l'industrie touristique tricolore.

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La montagne fait partie des valeurs sûres de l'été : On a été sur du +24% dans les Pyrénées, par exemple. C'est vous dire que la montagne a repris des couleurs après un hiver qui a été très compliqué puisque les remontées mécaniques étaient fermées, a expliqué le secrétaire d'État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne ce mercredi matin sur LCI.
La montagne fait partie des "valeurs sûres" de l'été : "On a été sur du +24% dans les Pyrénées, par exemple. C'est vous dire que la montagne a repris des couleurs après un hiver qui a été très compliqué puisque les remontées mécaniques étaient fermées", a expliqué le secrétaire d'État au tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne ce mercredi matin sur LCI. (Crédits : Reuters)

Le 19 août dernier, le ministre de l'Économie Bruno Le Maire assurait dans un entretien à Sud-Ouest, que "la France devrait renouer dès la fin de cette année avec le niveau économique qu'elle connaissait avant la crise sanitaire du Covid-19", en ligne avec le relèvement mi-juillet par le gouvernement des prévisions de croissance du PIB à 6% contre 5% précédemment. Mais restait néanmoins un gros point d'interrogation: l'évolution de la situation sanitaire, avec la crainte de certains professionnels, notamment dans la restauration, l'hôtellerie ou le tourisme, que l'introduction du "pass" sanitaire pour lutter contre l'épidémie de COVID-19 vienne freiner leur activité.

Un premier bilan a été établi ce matin sur LCI, par le secrétaire d'État au Tourisme Jean-Baptiste Lemoyne, qui répondait aux question de Jean-Michel Aphatie sur le plateau de LCI.

« Je crois qu'on a sauvé l'été dans un contexte qui n'était pas évident", celui d'une recrudescence de l'épidémie de Covid-19 en raison du variant Delta, "très contagieux », a assuré mercredi.

Le secrétaire d'État s'est même félicité de la mise en place du pass sanitaire:

« On a réussi à poursuivre la saison estivale grâce aux mesures de freinage qui ont été prises très tôt, grâce aussi au pass sanitaire », s'est félicité M. Lemoyne.

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85% des vacanciers français sont restés en France

Parmi les Français partis en vacances, 85% sont restés sur le territoire contre 75% en 2019, a-t-il rappelé.

Le secrétaire d'État au Tourisme a insisté sur les "très belles performances" des campings et gîtes. « Les Gîtes de France sont à +10% par rapport à 2019, qui elle-même était une année record au mois de juillet. »

En Auvergne-Rhône-Alpes par exemple, depuis le mois de juin, les hébergements Gîtes de France ont connu des progressions exceptionnelles, en comparaison des années précédentes. Avec notamment des taux d'occupations qui ont atteint, à l'échelle régionale, 47% en juin, 79% juillet, jusqu'à 84% en août, tandis que le mois de septembre affichait déjà, à date, 30% de taux d'occupation.

« Ces chiffres sont records car ils constituent, par rapport à ce que l'on connaissait, avant cette crise, une progression de +7 points en juin, de +16 points en juillet, +10 points en août, ou encore de +6 points en septembre, par rapport aux mêmes mois de l'année 2019 », affiche la présidente du réseau national de Gîtes de France, Solange Escure.

| Lire : Saison estivale : les (très) bons chiffres de Gîtes de France en Auvergne Rhône-Alpes

En outre, le littoral et la montagne restent des "valeurs sûres"

« On a été sur du +24% dans les Pyrénées, par exemple. C'est vous dire que la montagne a repris des couleurs après un hiver qui a été très compliqué puisque les remontées mécaniques étaient fermées », a fait remarquer M. Lemoyne.

Le secrétaire d'État mise sur une arrière-saison qu'il espère positive « avec une relance petit à petit de l'événementiel, très important pour Paris par exemple », mais aussi la reprise des voyages pour les groupes de seniors, empêchés l'automne dernier.

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L'agilité des opérateurs a été une clé du succès

Ce qui aussi contribué au succès de cette saison estivale, c'est l'agilité des opérateurs qui ont réussi à transformer leur offre pour l'adapter aux contraintes de la situation sanitaire. Des transformations parfois radicales, à l'image de celles opérées par Asia Tours ou Voyageurs du Monde, qui, comme leurs noms l'indiquent, n'ont pas une offre tournée vers l'Hexagone...

De fait, chez Asia, la volte-face a été radicale: dès la fin mars, le tour-opérateur, spécialiste de la zone Asie où il propose une quarantaine de destinations, a monté en six semaines une offre de voyages en France où il n'avait jusqu'alors aucune activité.

« On est partis de zéro. Dès fin mars, des clients qui devaient partir avec nous en Asie cet été nous ont demandé de leur organiser des vacances en France. Cette demande a grandi, et on sentait aussi que c'était mal engagé pour les voyages à l'étranger », explique le PDG Guillaume Linton.

Asia a donc noué des partenariats avec des opérateurs touristiques régionaux français, « privés cette année de leur clientèle étrangère », ce qui lui a permis de lancer début juin une "collection" d'une centaine d'escapades dans l'Hexagone, en Corse, le long du Canal du Midi ou au Pays Basque.

« Il fallait faire preuve d'agilité, et on a voulu valoriser le fait que nous étions d'abord des concepteurs de voyages avant même d'être des spécialistes de l'Asie », résume M. Linton, qui, suite à cette diversification forcée par la crise sanitaire, envisage de conserver à l'avenir cette programmation locale.

Voyageurs du Monde a lui aussi relevé le défi imposé par le confinement et les restrictions sanitaires et de circulation, à commencer par cette petite phrase mise en exergue sur son site pour présenter ses voyages itinérants dans l'Hexagone : "La France répond à toutes les espérances de dépaysement."

"Nos offres pour la France étaient essentiellement destinées à la clientèle non-française; mais nous avons du coup décidé de les mettre plus en avant, directement sur la page d'accueil du site de Voyageurs du Monde », indiquait fin juin à l'AFP Jean-François Rial, président du groupe.

Et de fait, fin juin, la clientèle française s'avérait déjà au rendez-vous, les randonnées ou les treks dans l'Hexagone étant particulièrement plébiscitées :

« Notre marque Terres d'Aventure a par exemple réalisé en une semaine 1,7 million d'euros de chiffre d'affaires, ce qui est quatre fois plus que d'habitude. »

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Un été « plutôt bon » : l'hôtellerie satisfaite de l'« effet de compensation »

En juin, d'autres professionnels du tourisme étaient également plein d'espoir : « Nous avons 40% de réservations en plus pour les mois de juin, juillet et août, qu'en 2019 à la même période », observait Grégory Sion, directeur général de Pierre et Vacances. Même son de cloche chez son homologue du groupe Maeva, Nicolas Beaurain : « Nos réservations sur juillet-août ont été multipliées par trois par rapport à 2019 », confiait-il.

En cette fin du mois d'août, les propos d'Olivier Cohn, directeur général de Best Western Hotels & Resorts France, au micro de BFM Business ce mercredi, confirment que l'été a été "plutôt bon" :

« Il est meilleur que l'année dernière, pas encore tout à fait au niveau de 2019, on est à -15% en juillet et -2 ou -3% sur août par rapport à 2019".

« La campagne ou la mer ont extrêmement bien fonctionné », a remarqué M. Cohn, à l'inverse du tourisme culturel de centre ville, plutôt prisé dans les capitales par les touristes étrangers. Le dirigeant a également observé que la part de touristes étrangers dans sa chaîne d'hôtels, d'ordinaire de 40%, est tombée à 10% cette année.

« Il y a eu un effet de compensation », assure-t-il. « 90% de notre clientèle (...) est française cet été », a-t-il explique. "Les Français sont restés en France et le peu d'étrangers présents étaient des touristes proches, allemands, belges ou néerlandais".

On attend encore les chiffres de la fréquentation des touristes étrangers, mais, au 1er août dernier, Jean-Baptiste Lemoyne, se voulait optimiste. « Cette année, nous espérons accueillir 50 millions de touristes étrangers, contre 35 millions l'an passé, et 90 millions en 2019, affirmait-il. L'été est donc porteur d'espoir. » En l'occurrence, son espoir portait essentiellement sur les touristes européens. « Une clientèle européenne de proximité est là : Allemands, Néerlandais, Belges... »,

En clair, exactement ce que vient de confirmer ce matin Olivier Cohn (Best Western) sur sa clientèle étrangère.

Lire aussi 2 mnLa France espère 50 millions de touristes étrangers cet été

(avec AFP et Reuters)

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Commentaires 2
à écrit le 25/08/2021 à 16:23
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Non ce n'est pas le pass sanitaire c'est le besoin profond des gens de s'évader en partant en vacances.

à écrit le 25/08/2021 à 14:32
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on voit mal un ministre dire que le pass sanitaire a plombé la saison touristique ;-) pour le reste, etant donné que les francais sont surtout resté en france, la saison n a pas du etre trop mauvaise, a part aux endroit qui travaillaient essentielle...

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