Locations type Airbnb : 1 million d'euros d'amendes depuis janvier

 |   |  573  mots
Selon des chiffres fournis par Airbnb, un hôte loue en moyenne 33 nuitées par an à Paris à l'heure actuelle.
Selon des chiffres fournis par Airbnb, un hôte loue en moyenne 33 nuitées par an à Paris à l'heure actuelle. (Crédits : Charles Platiau)
Toujours aussi déterminé dans sa lutte contre les dérives de la location touristique entre particuliers, l'adjoint au logement à la mairie de Paris Ian Brossat a tenu à mettre en avant le montant des amendes infligées aux propriétaires hors la loi depuis le début de l'année.

Près de 1 million d'euros d'amendes au total ont été infligées depuis le début de l'année à Paris à des loueurs de meublés touristiques sur des plateformes de réservation ne respectant pas le plafond légal de 120 nuitées par an, a annoncé Ian Brossat, adjoint au logement à la mairie de Paris, dans un entretien au Journal du Dimanche du 3 décembre 2017.

"Depuis janvier,  nos 25 inspecteurs ont prononcé des amendes pour une valeur de près d'un million d'euros (14.000 euros en moyenne, concernant 68 logements)", précise l'élu communiste dans cette interview.

Ian Brossat s'était déjà félicité des bons résultats obtenus par ses services au premier semestre de l'année. L'adjoint à la mairie de Paris avait alors souligné que les amendes pour location illégale de meublés touristiques avaient été multipliées par dix entre le premier semestre 2016 et le premier semestre 2017.

| Lire aussi : Airbnb : les amendes à Paris ont explosé au premier semestre 2017

Un registre encore trop peu utilisé

Pour faciliter les contrôles, les propriétaires louant ponctuellement leur logement via des plates-formes numériques doivent désormais se déclarer en ligne auprès de la mairie, qui leur fournit en retour un numéro d'enregistrement qu'ils sont tenus de faire figurer sur leurs annonces depuis le 1er décembre.

Évoquant un chiffre "insatisfaisant" de 15.000 inscrits sur le registre de la mairie, Ian Brossat souligne que l'intention de la municipalité "n'est pas d'embêter ceux qui louent leur propriété principale deux semaines par an, mais d'éviter que des appartements se muent en machines à cash".

"Depuis cinq ans, 20.000 logements ont ainsi été transformés en hôtels clandestins", souligne-t-il en prévenant que "la Ville ne laissera pas faire".

La plateforme californienne Airbnb a confirmé mi-novembre qu'elle allait instaurer à compter de janvier 2018 dans les quatre arrondissements du centre de Paris une limitation automatique à 120 nuitées de location, alors que ce plafond fixé par la loi s'applique à l'ensemble du territoire français.

| Lire aussi : Limite des locations à Paris : à quoi joue Airbnb ?

"Cette multinationale américaine, dont je déplore aussi les pratiques douteuses en termes d'optimisation fiscale, doit comprendre que Paris, ce n'est pas le Far West !", prévient Ian Brossat.

Un recours en justice contre Airbnb envisagé

L'adjoint au logement n'exclut pas l'éventualité d'un recours en justice contre Airbnb."Si cette plateforme refuse de respecter les règles de bon gré, nous utiliseront évidemment tous les moyens judiciaires à notre disposition", déclare-t-il dans les colonnes de l'hebdomadaire dominical.

Il précise par ailleurs qu'un sommet sera organisé à Paris au premier semestre 2018 "afin de construire un rapport de force plus favorable, une coalition des villes" réunissant notamment Berlin, Barcelone, New York ou encore San Francisco.

Accusées de concurrence déloyale par les professionnels de l'hôtellerie, les plateformes de location d'appartements entre particuliers comme Airbnb, Homeaway ou Abritel sont également dans le viseur des politiques, qui estiment qu'elles accentuent la pénurie de logements et l'inflation des loyers.

Selon des chiffres fournis par Airbnb, un hôte loue en moyenne 33 nuitées par an à Paris à l'heure actuelle. La plateforme américaine, créée en 2008 à San Francisco, déclare avoir collecté depuis octobre 2015 un montant total de 12 millions d'euros en taxe de séjour auprès de ses hôtes parisiens, au bénéfice de la ville de Paris.

| Lire aussi : Combien gagnent les Parisiens grâce à Airbnb ?

(avec Reuters)

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 05/12/2017 à 17:06 :
" .... la dérive de la location touristique .0........." ?!?!! .... c'est surtoit celle des lobbies et des politiques a leur botte qui veulent se réserver des secteurs juteux tout comme les maffieux se réservent le secteur de la drogue et du proxénétisme ...... !
Réponse de le 05/12/2017 à 22:00 :
Entièrement d accord avec ce commentaire , les particuliers qui louent sur airbnb sont loin d'être des lobby sur ou des politiques douteux.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :