Meublés touristiques (Airbnb) : Paris veut une offensive internationale

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Paris cherche à réguler ce type de locations qui se développent au détriment du secteur hôtelier, favorisent la spéculation immobilière, vident certains quartiers de leurs habitants et provoquent des désagréments quotidiens pour les autres.
Paris cherche à réguler ce type de locations qui se développent au détriment du secteur hôtelier, favorisent la spéculation immobilière, vident certains quartiers de leurs habitants et provoquent des désagréments quotidiens pour les autres. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Les saisines par la Ville à la justice se sont accélérées, passant de 42 logements meublés illégalement loués en 2016 à 196 en 2017 Le montant des amendes a également été décuplé, approchant le million d'euros. Mais Paris souhaite aller plus loin et veut un "échange de pratiques" entre grandes villes pour peser davantage face aux plateformes type Airbnb.

Vent debout contre les locations illégales de meublés touristiques type "Airbnb", Paris souhaite désormais obtenir l'appui d'autres grandes villes étrangères. La capitale française souhaite ainsi organiser une rencontre internationale en mars 2018 sur le sujet. L'objectif serait de permettre "un échange de pratiques" et de devenir "plus fort dans le rapport de force avec les plateformes", a déclaré Ian Brossat, adjoint PCF au logement de la maire PS de Paris Anne Hidalgo, en marge d'une audience au tribunal de grande instance de Paris.

"Il faut tenir compte du fait qu'à Paris on construit environ 4.000 logements neufs chaque année, donc 30.000 logements c'est beaucoup par rapport au flux de logements qu'on est capable de construire", a-t-il souligné.

Paris cherche à réguler ce type de locations qui se développent au détriment du secteur hôtelier, favorisent la spéculation immobilière, vident certains quartiers de leurs habitants et provoquent des désagréments quotidiens pour les autres. La ville estime qu'environ 30.000 biens sont loués de manière permanente et illégale.

Près de 1 million d'euros d'amende en 10 mois

L'élu a fait cette annonce en marge de la comparution en justice à Paris de deux loueurs, poursuivis par la location illégale de meublés. L'un, un multipropriétaire, était poursuivi pour avoir mis en location de courte durée trois appartements situés dans les Ier et VIIIe arrondissement de la capitale, à des tarifs allant de 167 à 382 euros la nuit. Il risque 50.000 euros d'amende par bien, le montant maximum encouru pour une location illégale. Le tribunal rendra sa décision le 4 décembre.

Les saisines par la Ville à la justice se sont accélérées, passant de 42 logements en 2016 à 196 en 2017. Le montant des amendes a également été décuplé : il a atteint 976.000 euros au 31 octobre, contre 100.000 euros sur l'ensemble de l'année 2016, selon la mairie.

"L'exemple qu'on a eu aujourd'hui est le témoignage éclatant qu'on a besoin de mettre un peu de régulation", a déclaré Ian Brossat après l'audience.

Un numéro d'enregistrement sera ainsi obligatoire à partir de décembre pour toute personne désirant louer son appartement sur une plate-forme numérique.

Quelque 100.000 annonces sont proposées à Paris, toutes plates-formes confondues. Paris est notamment pour Airbnb l'un des premiers marchés du monde avec 65.000 logements revendiqués.

(avec AFP)

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Commentaires
a écrit le 28/11/2017 à 2:36 :
Ras-le-bol de la Mairie de Paris qui veut faire la loi : justement, il y a des lois en France et la Mairie de Paris quand bien même convertie aux lobbys hôteliers n'est pas au-dessus !
a écrit le 15/11/2017 à 18:24 :
Si Air BnB rencontre ce succès, c'est qu'il occupe une place vacante. Il est faux de dire que cela concurrence les hôtels, qui font l'essentiel de leur CA avec de la courte durée (1 à 2 jours); au delà, à Paris comme ailleurs, pour un couple avec enfants, l'hôtel est hors de prix. D'ailleurs le taux d'occupation des hôtels parisiens n'a pas baissé avec l'arrivée d'Air BnB. Par contre, les touristes logeant chez l'habitant consomment au restaurant, dans les magasins, les musées, etc. Le tourisme est un secteur de poids à Paris comme ailleurs et ce n'est pas en décourageant les touristes de venir à Paris dans des logements abordables qu'on fera progresser cette activité.

Ceux qui viennent via Air BnB n'ont pas (ou beaucoup moins) les moyens de se payer l'hôtel. Dans le prix de l'hôtel, il y a beaucoup de choses qui n'ont pas de valeur pour le client Air BnB comme l'accueil 24/24, le ménage quotidien, le petit-déjeuner, les normes handicapés (sauf pour ceux qui en on besoin bien sûr), les normes multiples et variées. Les apparthotels gérés par des professionnels (type Adagio) ont des produits concurrents aux logements Air BnB mais à des prix bien plus élevés et pour des logements standards très peu attrayants en termes de cachet. Ils réalisent des TO avec des séjours professionnels pour l'essentiel. et doivent eux aussi respecter des normes de sécurités très fortes.

Maintenant, bien sûr, il y a aussi des points négatifs chez Air BnB: j'ai parfois eu (à l'étranger notamment mais pas seulement) des hébergements sales, aux normes de sécurité non respectées. Un prix bas (ou moins cher qu'un hôtel) se paye parfois par des contraintes (aller chercher sa clé à 1 km) ou une prestation moins élevée: le client Air BnB averti sait exactement à quoi il peut s'attendre pour le prix qu'il paye.

Une solution pourrait être de contrôler les abus, de fiscaliser les professionnels déguisés (qui restent minoritaires 196 saisines sur 65.000 logements soit 0,3%) et de réduire les normes pesant sur les hôteliers. Si les 65.000 logements Air BnB (en comptant 2 lits en moyenne) étaient remplis 120 jours par an, cela ferait plus de 15 millions de nuitées. Il n'y a pas assez d'hôtels à Paris pour y faire face. Laissons un peu le marché vivre et corrigeons les abus.
a écrit le 14/11/2017 à 15:17 :
Bravo, continuons à pousser les résidents et touristes hors de France tout en ne touchant pas à la dépense publique faramineuse et aux lobbys amis.
a écrit le 14/11/2017 à 14:27 :
1 million d’euro d’amende ?
C’est une blague j’espère !

Airbnb est évalué à 20-30Mrds€, une amende sous le milliard ne sert à rien !!!
=> ils couvrent les propriétaires, ne déclare pas leur revenu, cela suffit pour mettre l’amende
Réponse de le 15/11/2017 à 10:57 :
Michel a parfaitement raison. En plus, AIRBNB n'a jamais eu aucune amende. Celles-ci sont réservées aux français.
Pas d'amende, pratiquement pas d'impôts, pas de contrainte... La belle vie quoi !
Il faut mettre AIRBNB devant ses responsabilités et lui infliger aussi des sanctions à la hauteur du mal qu'il fait aux opérateurs légaux français, ce qui se chiffre en milliards d'euros.
Eux paient leurs charges, leurs impôts, leurs employés et ne détournent pas les logements à leur profit. Ils utilisent des surfaces commerciales.
a écrit le 14/11/2017 à 9:35 :
Quel pays ou tout est reglementé , interdit , taxé et surtout a la botte des lobbies !!!
On ne peut disposer librement de RIEN : biens , pensées , comportements , ..... tout est sous la coupe de ceux qui se sont auto-proclamés gestionnaires-régulateurs de la société !
Réponse de le 14/11/2017 à 15:08 :
Vivement que tu te fasses piquer ton boulot par un "disrupteur" ;-)

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