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Dialogue de sourds autour de SeaFrance

latribune.fr, avec Reuters

Publié le 05 janvier 2012 à 14:53 - Mis à jour le 05 janvier 2012 à 15:11

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Le gouvernement a estimé ce jeudi que la balle était dans le camp des syndicats pour assurer l'avenir de SeaFrance, mais ceux-ci se disent "atterrés" par les propositions gouvernementales et en appellent au chef de l'Etat.

Alors que la compagnie de ferries trans-Manche est menacée de liquidation, les porteurs du projet de Société coopérative et participative (Scop) qui envisagent de la reprendre doivent déposer un projet au tribunal de commerce au plus tard vendredi soir, en vue d'une audience lundi matin.

A l'issue d'une réunion au ministère des Transports avec les représentants de la Scop et de la SNCF, maison mère de SeaFrance, Nathalie Kosciusko-Morizet et Thierry Mariani ont estimé qu'ils avaient apporté à la CFDT maritime toutes les informations nécessaires au dépôt d'un dossier "solide". "Nous avons répondu, et de manière précise, aux questions qui nous étaient posées", a déclaré à la presse la ministre de l'Ecologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, "Aujourd'hui, la question de confiance est posée aux salariés", a-t-elle ajouté.

Le gouvernement propose à la Scop de passer par une liquidation judiciaire totale de SeaFrance et de racheter la compagnie avec les indemnités de licenciement des salariés. Plus de 800 emplois sont concernés. Quarante à 50 millions d'euros au minimum sont nécessaires au projet de Scop, dont 11 à 12 millions seraient apportés par les collectivités locales. L'idée du président de la république est de financer le reste par des indemnités. Mais les représentants de la Scop ont réaffirmé jeudi leur opposition à cette offre, en raison des incertitudes juridiques et économiques qu'elle implique d'après eux.

"Je suis atterré parce que malgré les déclarations du président de la république, nous avons été reçus entre deux portes, et cela a été un discours incroyable", a déclaré à la presse Didier Capelle, secrétaire général de la CFDT maritime, qui a dit attendre une intervention de Nicolas Sarkozy.

Offre de la SNCF

Dans une lettre ouverte adressée aux syndicats, la SNCF a par ailleurs proposé de verser aux salariés des indemnités d'un montant global de 50 millions d'euros, soit environ 60.000 euros par employé. Elle s'est également dit prête à acquérir les navires de SeaFrance pour les louer à la Scop si celle-ci "répond aux exigences de constitution et fonctionnement requis pour gérer une telle activité". La ministre a précisé que le loyer devrait se faire aux conditions du marché, mais pourrait être "progressif".

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Ces propositions ne satisfont pas les syndicats. Ils demandent au gouvernement un prêt de 50 millions d'euros pour une reprise en plan de cession des activités de SeaFrance, prêt qu'ils entendent rembourser sous cinq mois grâce à la vente d'un navire. Une possibilité dont la ministre de l'Ecologie a assuré jeudi qu'elle était illégale aux yeux de Bruxelles, pour qui un prêt d'Etat s'apparenterait à de l'aide publique. "Le seul prêt qui serait possible ce serait un prêt privé", a-t-elle dit. "Mais les syndicats ne veulent pas discuter avec le privé".

Thierry Mariani militait pour une reprise de la compagnie par une société privée, Louis Dreyfus Armateur, solution rejetée par les salariés et leurs syndicats.
Regrettant une situation qui d'après elle, n'offre "pas de perspectives pour sauver" les emplois, la confédération nationale CFDT et son union régionale ont reproché dans un communiqué aux leaders CFDT de SeaFrance de ne pas avoir examiné d'autres projets de reprise, parmi lesquels celui de Louis Dreyfus Armateur.

Les ministres ont par ailleurs reproché à François Hollande d'être de "mauvaise foi" et d'avoir tenu des propos "factuellement faux" sur ce dossier. Le candidat socialiste à la présidentielle a déclaré mardi qu'il rejetait la liquidation et préconisait un investissement direct de l'Etat dans l'activité.

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La SNCF a également proposé une offre de reclassement aux quelque 800 salariés. Le président de la SNCF, Guillaume Pepy, s'est dit prêt mercredi soir à cette solution si le projet de reprise de la compagnie par la Scop échoue. Mais les syndicalistes s'y sont formellement opposés jeudi. Avec cette offre, seul un petit nombre de salariés pourraient retrouver un emploi sur place, à Calais, le reclassement s'effectuant dans d'autres métiers de la SNCF - chauffeurs d'autocars notamment - et dans d'autres zones géographiques.

latribune.fr, avec Reuters

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