Avec SeaFrance, les Scop prennent du galon

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La Tribune Infographie
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La création d'une Scop, seul projet de reprise de SeaFrance sur la table, sera examinée le 9 janvier. Retour sur ces entreprises atypiques bien installées dans le paysage économique français.

Le feuilleton SeaFrance se poursuit. L'audience au tribunal de commerce de Paris, qui devait statuer ce mardi sur le sort de la compagnie en liquidation judiciaire avec poursuite de l'activité jusqu'au 28 janvier, a été reportée au lundi 9 janvier. Le temps pour les salariés de muscler la partie financière de leur projet de reprise de la compagnie, via une coopérative (Scop), qui a reçu, contre toute attente, le soutien du gouvernement lundi (voir article ci-contre).

Quelle que soit l'issue de ce délicat dossier, il aura mis sur le devant de la scène politique et économique ces entreprises pas tout à fait comme les autres. Et souvent méconnues du grand public. Pourtant, dans le top 3 du classement des Scop en fonction de leur chiffre d'affaires en 2010 figurent Acome (qui développe des produits et systèmes destinés aux communications, aux équipements électriques et au bâtiment), le Groupe Chèque Déjeuner ou encore le groupe Scopelec, qui a développé son savoir-faire en réseaux et télécommunications au service des opérateurs, des équipementiers, des entreprises, des collectivités et du grand public.

Si les quelque 2.000 sociétés coopératives et participatives recensées en 2010 - qui emploient 40.000 salariés pour un chiffre d'affaires de 3,5 milliards d'euros - se sont développées ces dernières années, c'est parce qu'elles répondent de manière originale aux attentes des co-entrepreneurs : la création ex nihilo de nouvelles activités, la transmission d'une entreprise saine aux salariés ou bien la reprise d'une entreprise en difficulté, comme c'est le cas de SeaFrance, où les salariés sont incités par le gouvernement à financer la reprise, via une partie de leurs indemnités de licenciement. Un cas de figure qui s'est déjà produit par le passé.

Elles permettent également « l'émancipation de salariés qui ont envie d'aller au-delà du rôle de salarié, et de participer aux décisions de l'entreprise selon le principe : ?Un salarié associé = une voix? et ce, quel que soit le montant investi dans la Scop. C'est notamment ce qui différencie les Scop des sociétés de capital, où les votes se font au prorata du capital détenu », explique Pascal Trideau, directeur général de la Confédération générale des Scop.

Longévité supérieure

Autre règle de fonctionnement des coopératives qui suscite l'intérêt : « Le fait qu'environ 40 % de leurs résultats sont affectés à leurs réserves financières (l'obligation légale est de 16 %) et 40 % des excédents nets de gestion (l'obligation légale est de 25 %) sont reversés à tous les salariés sous forme de participation, y compris ceux qui ne sont pas associés (environ 20 %) », poursuit Pascal Trideau. Celui-ci rappelle également que « le taux de survie des Scop à cinq ans était de 62 % en 2010 selon l'Insee, contre 52 % pour les entreprises de droit commun ». Il reste que, si séduisant sur le papier soit-il, le modèle de la Scop ne fonctionne que si « la viabilité économique du projet est avérée en termes de positionnement de l'entreprise sur le marché, de concurrence ou de capacité à gagner des marchés, et si l'aspect humain est pris en compte. Cela suppose une adhésion des salariés à gérer l'entreprise et un dirigeant qui ait la capacité de gérer une PME, de comprendre le modèle économique et sache communiquer et faire de la pédagogie auprès des salariés. Car la démocratie, c'est tous les jours... », argumente Pascal Trideau. À bon entendeur...

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Commentaires
a écrit le 04/01/2012 à 20:00 :
Quid de l'Europe qui risque de considérer les indemnités exceptionnelles comme des aides dissimulées?
a écrit le 04/01/2012 à 12:35 :
Heureusement qu'il y a l'humour du titre parce que sinon sur le fond, on est dans la farce la plus sinistre et cynique qui soit.
a écrit le 04/01/2012 à 10:01 :
question M. HOLLANDE : pourquoi l'Etat devrait il intervenir alors que même les salariés de SEAFRANCE croient tellement peu dans le projet qu'ils ne veulent pas investir. Sans oublier qu'il y avait une autre solution.
Donc les salariés n'y croient pas mais on demande à l'Etat de donner des fonds pour sauver une société dont les salariés ne sont même pas motivés pour la sauver. Bravo, bel exemple pour un futur Président
Quand en France on aura fini de tout demander à l'Etat sans payer d'impot et sans se demander si un jour on n'aura pas une dette un peu trop élevée....
a écrit le 04/01/2012 à 9:32 :
Sans campagne électorale, SeaFrance aurait sombré corps et bien. De toutes façons ce n'est qu'une question de semaines. L'outil de travail est obsolète et la charge salariale insupportable (voir le rapport de la Cour des comptes en 2008).
a écrit le 04/01/2012 à 9:04 :
est ce que les syndicats font aussi la lutte des classes quand ils ont leur argent pose sur la table?
a écrit le 04/01/2012 à 7:49 :
Pour ce secteur, le transport maritime, je crains que l'idée d'une SCOP soit une fausse bonne idée. Le concept un salarié-une voix et les indemnités des salariés investies dans l'entreprise est un mélange explosif, favorisant dans le temps les rancoeurs, les clans, l'émergence d'ego, les coups tordus, les luttes de pouvoir...Inexorablement les problèmes vont se poser, des orientations, des investissements à faire etc...Le salarié de base a surtout un objectif, récupérer son argent rapidement, les conflits sur les objectifs sont inexorables et souvent létaux.
a écrit le 04/01/2012 à 7:49 :
Pour ce secteur, le transport maritime, je crains que l'idée d'une SCOP soit une fausse bonne idée. Le concept un salarié-une voix et les indemnités des salariés investies dans l'entreprise est un mélange explosif, favorisant dans le temps les rancoeurs, les clans, l'émergence d'ego, les coups tordus, les luttes de pouvoir...Inexorablement les problèmes vont se poser, des orientations, des investissements à faire etc...Le salarié de base a surtout un objectif, récupérer son argent rapidement, les conflits sur les objectifs sont inexorables et souvent létaux.
Réponse de le 04/01/2012 à 8:57 :
le souci, est c'est que leur re-investissement, si finalement ca coule, sera perdu, et comme vous dites, il y aura de la rancoeur!
Réponse de le 04/01/2012 à 9:32 :
JB38. Pour avoir travaillé en tant que client d'une scop, je peux vous garantir que ce que vous décrivez est justement ce qui ni s'y passe pas. Comme par exemple, lorsqu'un fraiseur OHQ, une fois le boulot qu'il a fait pour vous terminé, vous demande de l'excuser car il va aller voir s'il faut un coup de main à la peinture, là, vous constatez que l'encadrement n'a même plus besoin de fournir le boulot. Les ouvriers vont le chercher seuls et s'organisent en conséquence. Testez, vous verrez.
Réponse de le 04/01/2012 à 11:06 :
Cela ne peux pas marcher,les employés ne prendront pas le risque de tout perdre.c'est un coup syndical.plus de 1000 personnes à gerer, IMPOSSIBLE.
a écrit le 04/01/2012 à 7:38 :
Vous rapportez que Pascal Trideau rappelle également que « le taux de survie des Scop à cinq ans était de 62 % en 2010 selon l'Insee, contre 52 % pour les entreprises de droit commun ». Compte-tenu que la forme juridique de la scop (au sens large) est souvent mobilisée dans les projets de reprise (d'entreprises en difficulté), on pourrait se demander si ce taux de survie ne serait pas finalement supérieur à celui indiqué... D'autre part, parler d'entreprises de droit commun en lieu et place des sociétés de formes juridiques "classiques" (EURL, SARL, SA, etc.) est une erreur d'analyse selon moi : rappelons que les sociétés de droit commun relèvent d'une législation spécifiquement simplifiée.
a écrit le 04/01/2012 à 7:25 :
bravos courage

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