Ryanair rassure les investisseurs. L'action de la compagnie à bas coûts irlandaise progressait de plus de 8% en séance. Ces derniers ont, comme à leur habitude, davantage regarder les perspectives de la compagnie que les résultats financiers du dernier trimestre de l'année 2013 (octobre-décembre, en fait le 3ème de l'exercice fiscal de Ryanair qui s'achèvera le 31 mars), lesquels ont affiché une perte après impôts de 35 millions d'euros contre un bénéfice de 18,1 millions un an plus tôt. La performance a beau être décevante, elle n'en est pas moins conforme aux prévisions de la compagnie. A l'automne, la direction avait enchaîné coup sur coup deux avertissements sur résultats en raison d'une baisse du prix moyen des billets. Au cours du troisième trimestre, le prix moyen des billets de la compagnie a chuté de 9% par rapport à la même période de l'année dernière. Pour l'ensemble de l'année fiscale, Michael O'Leary, le directeur général de la compagnie vise toujours un bénéfice compris entre 500 et 520 millions d'euros.
Nouveau modèle
Le plus important n'est pas là. Ryanair est en train de revoir de fond en comble son modèle en cessant de se focaliser uniquement sur les aéroports secondaires pour se poser davantage sur les grands aéroports. Ceci s'accompagne d'une volonté de se préoccuper enfin des passagers. De nombreux services sont mis mis en place pour notamment, attirer la clientèle affaires, comme le font Vueling et Easyjet. Présentes sur des aéroports principaux et proposant des produits spécifiques aux voyageurs d'affaires, ces deux compagnies arrivent, contrairement à Ryanair, à augmenter le prix moyen de leur billets. Ryanair s'engouffre donc lui aussi dans ce modèle value cost pour faire remonter ses prix. Et cette stratégie semble plaire.
Réservations supérieures
Après avoir ouvert une base à Rome Fiumicino (le principal aéroport de Rome), le hub d'Alitalia, Ryanair va ouvrir le 28 février prochain une base à Bruxelles Zaventem, située à une soixantaine de kilomètres à peine de sa base de Charleroi, puis deux autres à Thessalonique le 1er avril et Lisbonne, le hub de TAP Portugal, le 2 avril.
Autrement dit, si ces prévisions s'avèrent exactes, Ryanair transportera près du quart de ses passagers au départ de grands aéroports d'ici à 5 ans.
Fin de l'ultra low-cost
Ryanair va en effet faire coexister deux modèles. L'un sur les grands aéroports, qui constituera son levier de croissance, l'autre sur les petits aéroports, lequel est néanmoins menacé par les contraintes budgétaires des collectivités locales et le durcissement Bruxelles de la réglementation européenne en matière d'aides publiques.
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La montée en gamme de Ryanair et la fin de l'ultra low-cost concernent évidemment l'ensemble des vols de la compagnie. Le virage est assez impressionnant. En quelques mois, la compagnie a mis en place un grand nombre de nouveaux services. Son site Internet est devenu à la fois plus élégant et plus pratique. Une réservation se fait en 5 clics contre 17 auparavant. La politique bagage est moins stricte et l'allocation des sièges en amont est désormais en place. En avril, la carte d'embarquement sur téléphone mobile devrait être lancé. Ce changement stratégique est majeur dans la structure du transport aérien européen en pleine recomposition.
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