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Pourquoi le modèle d’Easyjet est plus solide que celui de Ryanair

Photo de Fabrice Gliszczynski

Fabrice Gliszczynski

Publié le 19 novembre 2013 à 13:23 - Mis à jour le 19 novembre 2013 à 19:12

Le Quotidien Numérique

11 juillet 2026

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Les bénéfices record d'Easyjet constrastent avec la baisse annoncée de ceux de Ryanair. Une différence de tendance qui s'explique par la capacité du modèle d'Easyjet à augmenter ses prix au moment où celui de Ryanair l'en empêche. Explications.

Les résultats financiers d'Easyjet contrastent avec ceux de Ryanair. Les bénéfices sont en forte hausse quand ceux de sa rivale irlandaise ont été récemment revus à la baisse deux fois en deux mois. Ce mardi, Easyjet a annoncé un profit annuel avant impôts de 478 millions de livres (569,9 millions d'euros), en hausse de 50,9% pour un chiffre d'affaires en augmentation de 10,5% à 4,258 milliards de livres. Un record pour la low-cost britannique, qui a décidé de reverser 308 millions de livres de dividendes à ses actionnaires, déjà tout sourire d'avoir vu l'action de la compagnie bondir de 69% depuis le début de l'année, après avoir déjà augmenté de 79% en 2012. Une performance boursière qui fait pâlir les actionnaires de Ryanair. Le 4 novembre, son directeur général, Michael O'Leary, prévoyait une baisse de son bénéfice net à l'issue de son exercice fiscal, fin mars, compris entre 500 et 520 millions d'euros.

Une question de recettes

Les courbes des compagnies se croisent. Peut être pour longtemps. Car derrière les chiffres, c'est la pertinence d'un modèle par rapport à l'autre qui explique la différence de performances entre les deux compagnies. Non pas en termes de réductions de coûts, un domaine où Ryanair reste imbattable, mais en termes de "price power". Aujourd'hui, Easyjet parvient à augmenter le prix moyen de ses billets de 7% quand Ryanair les voit s'effondrer. La compagnie irlandaise table, en effet, sur une baisse de ses tarifs de 9% et de 10% respectivement au troisième et quatrième trimestre, après un recul de 2% au premier semestre. La faute à la crise et à une guerre des prix accrue, explique le transporteur irlandais.

Peu de marges de manoeuvre pour Ryanair

Problème pour Ryanair. Les leviers pour augmenter les recettes semblent limités. La compagnie, qui a construit tout son marketing sur un service a minima et des prix dérisoires, doit en en effet veiller à ce que l'écart de prix reste important avec ses concurrentes installées sur des gros aéroports ou offrant plus de services . Sinon à quoi bon, pour un parisien, aller à Beauvais plutôt qu'à Orly ou à Roissy, qui-plus-est pour voler sur une compagnie qui estimait jusqu'à tout récemment que ses tarifs dérisoires la dispensaient d'entretenir la moindre relation avec ses clients ?

Certes, la compagnie veut rectifier le tir mais le mouvement ne vient que débuter.  Par ailleurs, trop augmenter les prix priverait Ryanair d'une autre clientèle : celle qui ne voyage tout simplement pas sans les très bas tarifs de la compagnie. Les marges de manœuvres sont donc réduites. D'autant plus que Ryanair ne peut pas trop compter sur une hausse des aides publiques des collectivités locales en contrepartie de la desserte de leur territoire.

D'une part les finances des régions sont exsangues et, d'autre part, Bruxelles risque de durcir les règles dans ce domaine, comme l'indiquait début octobre la commission des Affaires européennes du Sénat. «Le projet de nouvelles lignes directrices sur les aides aux aéroports et aux compagnies aériennes tend à limiter considérablement la possibilité pour les collectivités locales de subventionner les aéroports au titre de leur mission de service public".

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25% de clients professionnels pour Easyjet

La problématique est différente pour Easyjet. Privilégiant dès le début les grands aéroports, la compagnie britannique n'est pas dépendante du soutien des régions. En outre, sa stratégie de se focaliser en grande partie sur la clientèle affaires (dessertes des grandes villes avec des fréquences permettant l'aller-retour journée, tarification flexible, offre tarifaire flexible avec de nombreux services demandés par cette clientèle tant au sol qu'à bord, rapprochement avec les agences de voyages qui verrouillent cette clientèle…), lui permet d'attirer des voyageurs plus rémunérateurs qui compensent largement le surcoût d'une présence sur ce type de plateformes.

Easyjet peut augmenter ses prix, ils resteront toujours plus attractifs que ceux des compagnies traditionnelles. Par ailleurs, la mise en place de services et en le rapprochement avec les agents de voyages, lui permettent d'élargir sa base de clientèle au-delà des seuls hommes d'affaires. Notamment vers des personnes "plus âgées". "Nous avons le profil de clientèle le plus large", estime François Bacchetta, le directeur général France d'Easyjet.

Potentiel énorme

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"Easyjet est le gagnant structurel sur les routes intra-européennes face aux compagnies classiques mais aussi aux autres compagnies low-cost", avait déclaré, l'an dernier, Carolyn McCall, la directrice générale de la compagnie orange. Personne ne l'avait contredite. Easyjet est en effet le grand gagnant de la crise. Et au-delà. Car on voit mal le modèle se gripper. Le potentiel de croissance est énorme. En particulier sur le segment professionnel qui représente 25% du trafic d'Easyjet. Selon une étude réalisée par Mondial Assistance et Déplacements Pros publiée en septembre, 52% des voyageurs d'affaires interrogés, issus d'entreprises de toutes tailles, indiquent avoir voyagé au moins une fois sur les Easyjet, Vueling et autres au premier semestre 2013 et 31% entre deux et quatre fois. Seuls 17% des voyageurs disent ne pas y avoir eu recours.

Fabrice Gliszczynski

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