Aérien : Korean Air débourse près d'un milliard pour acheter Asiana
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Korean Air avait annoncé en novembre 2020 vouloir racheter Asiana, alors en proie à de lourdes difficultés financières.
Kim Hong-Ji
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Korean Air avait annoncé en novembre 2020 vouloir racheter Asiana, alors en proie à de lourdes difficultés financières.
Kim Hong-Ji
C'est fait : quatre ans après l'avoir annoncé, la compagnie aérienne sud-coréenne Korean Air a racheté sa consœur et concurrente Asiana Airlines. Elle a indiqué ce jeudi avoir acquis 63,88% de son capital pour 1,5 milliard de wons (environ 995 millions d'euros) et en prendre ainsi le contrôle.
Ce rapprochement donnera naissance au deuxième plus gros transporteur aérien d'Asie en termes de capacités, après Singapore Air, selon l'agence financière Bloomberg. Et placera Korean Air au 10e rang mondial. La compagnie exploite actuellement une flotte de 158 appareils desservant 115 villes dans 40 pays. Asiana, elle, dessert 53 destinations dans 22 pays, et assure des services de fret vers une douzaine de pays.
Asiana sera gérée comme une filiale avant de s'intégrer dans une compagnie aérienne qui conservera le nom de Korean Air, mais avec une nouvelle image de marque. Korean Air se laisse « un délai de deux ans » pour finaliser cette intégration, prévient-elle.
Korean Air précise que cette intégration se déroulera « sans restructuration des effectifs ». « Les employés occupant des fonctions qui se chevauchent [seront] réaffectés au sein de l'organisation », ajoute-t-elle. L'accroissement de l'activité induit par ce rachat devrait en outre être accompagné d'une « croissance naturelle du personnel ».
Asiana Airlines tiendra une assemblée générale extraordinaire de ses actionnaires le 16 janvier prochain. Cette réunion sera notamment l'occasion d'élire le nouveau conseil d'administration désigné par Korean Air, désormais sa société mère.
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Pour rappel, ce rachat avait été annoncé en novembre 2020. « La principale raison d'acquérir Asiana Airlines en ce moment est la volonté de stabiliser l'industrie aéronautique coréenne frappée par la pandémie de Covid-19 », justifiait Korean Air. Car sa consœur, déjà sous le coup de problèmes financiers avant la crise sanitaire, avait été encore plus plongée dans les difficultés. Elle avait ainsi fait état, au cours du premier semestre 2020, de pertes d'exploitation de 268 milliards de wons (environ 204 millions d'euros à l'époque). Son déficit s'élevait alors à 11.500 milliards de wons.
Disposer de deux compagnies aériennes s'est avéré un frein pour la compétitivité de la Corée du Sud, pays de 52 millions d'habitants. « Généralement, les pays de moins de 100 millions d'habitants comptent un seul transporteur offrant un service complet », expliquait Korean Air il y a quatre ans. La Corée en comptant alors deux, cela la « [rendait] moins concurrentielle par rapport à des pays comme l'Allemagne, la France et Singapour qui n'ont qu'une seule grande compagnie aérienne ». Un désavantage qui n'est donc plus.
Reste que ces quatre années ont été l'objet de négociations intenses menées par Korean Air. Car le rachat d'Asiana avait fait naître des inquiétudes en matière de concurrence dans le secteur. Différents organismes de régulation de 14 pays, selon Bloomberg, avaient donc imposé des conditions à la compagnie sud-coréenne pour lui donner leur feu à cette opération.
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La Commission européenne notamment, puissant gendarme de la concurrence dans l'UE. Car elle redoutait un manque d'alternatives sur les liaisons entre l'Europe et la Corée du Sud dans le transport de fret et de passagers. Bruxelles avait donc enjoint Korean Air à se séparer des activités mondiales de fret d'Asiana pour éviter une trop forte concentration sur ce créneau. Elle lui avait en outre demandé de céder des actifs (créneaux, droits de trafic, accès à des avions) à sa compatriote T'way pour qu'elle puisse opérer des vols entre Séoul et quatre villes européennes (Barcelone, Paris, Francfort et Rome) afin de maintenir une concurrence sur ces itinéraires.
Korean Air s'étant pliée à toutes les conditions imposées, la voie lui a été laissée libre pour finaliser le rachat. Le début d'une nouvelle ère.
(Avec AFP)
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