Après Air France-KLM, Lufthansa s'intéresse à Air Europa
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Les discussions avec Lufthansa portent sur une prise de participation de 20% de la compagnie nationale allemande dans Air Europa (photo d'illustration).
Kai Pfaffenbach
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Les discussions avec Lufthansa portent sur une prise de participation de 20% de la compagnie nationale allemande dans Air Europa (photo d'illustration).
Kai Pfaffenbach
Lufthansa va-t-elle entrer au capital d'Air Europa ? La compagnie aérienne allemande est en tout cas en pourparlers avec le transporteur espagnol sur la possibilité d'acquérir une participation minoritaire, selon deux sources ayant connaissance des négociations.
Selon les informations du journal espagnol El Economista, confirmées par Reuters, les discussions avec Lufthansa portent sur une prise de participation de 20 % de la compagnie nationale allemande dans Air Europa. Mais Air Europa et Lufthansa ont refusé de répondre à une demande de commentaire. Le transporteur espagnol cherche des fonds pour rembourser un ensemble de prêts d'une valeur totale de 475 millions d'euros accordés par le gouvernement pendant la pandémie de COVID-19.
Air Europa, qui dispose actuellement d'une flotte d'une cinquantaine d'appareils, effectue non seulement des vols intérieurs espagnols, mais aussi des liaisons européennes et long-courriers vers l'Amérique latine et les Caraïbes. Elle a transporté 11,7 millions de passagers en 2023. La compagnie a engrangé l'an dernier un chiffre d'affaires de 2,76 milliards d'euros, en hausse de 18% par rapport à 2022.
Mais dans le même temps, Globalia, propriétaire d'Air Europa, avait confirmé en novembre qu'Air France-KLM envisageait également l'acquisition d'une participation de 20 % dans le transporteur espagnol. De son côté, Air France-KLM avait alors évoqué des discussions sur un simple « renforcement de la coopération commerciale ». « Il y a un intérêt », tout comme il y en a « de la part d'autres compagnies aériennes ou d'autres fonds », avait déclaré à l'AFP courant novembre une porte-parole de Globalia, interrogée sur une information d'El Economista assurant que des négociations sont déjà en cours. « Il n'y a rien de conclu actuellement », avait précisé la porte-parole.
Mais le coût de cette opération serait « largement supérieur » aux 100 millions d'euros déboursés par IAG, maison mère de British Airways et Iberia, pour une prise de participation similaire dans la compagnie espagnole durant la crise du Covid-19, soulignait à ce moment El Economista.
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Dans la foulée de cette prise de participation, IAG avait d'ailleurs engagé des discussions avec Globalia pour racheter Air Europa. Mais ces négociations ont finalement été abandonnées l'été dernier en raison de l'hostilité de la Commission européenne à cette opération. En janvier, Bruxelles avait en effet ouvert une enquête sur ce projet de rachat, redoutant que l'opération ne réduise la concurrence sur plusieurs liaisons, notamment entre Madrid et l'Amérique latine ainsi qu'entre la péninsule ibérique et les îles Baléares et les Canaries.
Sauvé de la faillite par l'intervention des États français et néerlandais pendant la crise du Covid-19, deux fois recapitalisé, Air France-KLM, redevenu bénéficiaire, a dit sa volonté de participer à la consolidation du secteur aérien européen, comme ses principaux concurrents IAG et Lufthansa. Le groupe dirigé par Benjamin Smith est officiellement entré l'été dernier au capital de la compagnie scandinave SAS, à hauteur de 19,9 %. Il a aussi manifesté son intérêt pour la compagnie portugaise TAP, qui doit être privatisée en 2025 après avoir été renationalisée dans l'urgence pendant la crise sanitaire.
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Lufthansa vient par ailleurs d'officialiser en janvier l'entrée du groupe allemand au capital d'ITA Airways, scellant ainsi le mariage très attendu entre le géant aérien et la compagnie publique italienne née des cendres d'Alitalia. Dans une première étape, Lufthansa a acquis une part minoritaire de 41 % dans ITA Airways par le biais d'une augmentation de capital de 325 millions d'euros, avant de monter progressivement à 100 % pour un prix total fixé à 829 millions d'euros.
(Avec AFP)
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