Boudé par les géants du maritime, le canal de Suez ne voit pas le bout de la crise
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Les porte-conteneurs se font toujours aussi rares dans le canal de Suez. (Photo d'illustration.)
AMR ABDALLAH DALSH
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Les porte-conteneurs se font toujours aussi rares dans le canal de Suez. (Photo d'illustration.)
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Le canal de Suez ne voit pas le bout du tunnel. Les espoirs entrevus au printemps ne se sont pas concrétisés dans les chiffres. La conclusion d'un cessez-le-feu entre les rebelles houthistes au Yémen et les États-Unis début mai, suivie par la mise en place d'une réduction de 15 % des tarifs pour les grands navires porte-conteneurs pendant trois mois par l'Autorité égyptienne du canal de Suez auraient pu faire espérer un redémarrage du trafic. Or, les statistiques des derniers mois montrent que celui-ci reste atone, voire inférieur à celui de 2024. Les grands services de porte-conteneurs continuent ainsi d'éviter la zone et la situation pourrait empirer.
Les chiffres parlent d'eux-mêmes : le canal de Suez a vu passer environ 3 000 navires au premier comme au deuxième trimestre de l'année en cours. Ce n'est même pas la moitié du trafic qu'il pouvait accueillir aux mêmes périodes en 2023. Ce sont même quelques centaines de navires de moins que l'an dernier aux mêmes dates, alors que la crise en mer Rouge battait son plein avec les attaques des rebelles houthistes dans le détroit de Bab el-Mandeb (porte d'entrée de la mer Rouge et passage obligé pour rejoindre le canal).
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Le constat est encore plus alarmant du point de vue tonnage. Cela tient au fait que ce sont les porte-conteneurs qui sont les plus affectés, avec des armateurs qui se sont empressés de se détourner du canal pour établir de nouvelles routes entre l'Asie et l'Europe passant par le cap de Bonne-Espérance - en dépit d'un allongement de deux semaines du temps de parcours. Leur nombre a été divisé par trois et ils ne représentent plus que 15 % environ du tonnage transitant par le canal, contre 40 % à 45 % auparavant.