Coronavirus: « Nous sommes dans une situation d'urgence économique » (DG d'Air France)

Photo d'illustration
Regis Duvignau

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Troisième annonce de baisse de capacités en une semaine pour Lufthansa. Comme si la situation du groupe allemand s'écroulait chaque jour davantage avec la baisse de la demande provoquée par la crise du coronavirus. Après avoir annoncé le 27 février qu'il clouait au sol 13 gros-porteurs, puis 150 avions il y a deux jours (25 gros-porteurs, et 125 monocouloirs pour réduire la moitié de ses vols court et moyen-courriers, le groupe Lufthansa (composé également de Swiss, Eurowings et Austrian) a annoncé ce vendredi qu'il allait réduire de 50% ses capacités au cours des prochaines semaines, en raison de la baisse de la demande. Jusque-là, le groupe exploitait 750 avions.
Cette stratégie est à la fois une première dans l'histoire du transport aérien mondial, et un cas unique aujourd'hui en Europe. Disposant d'un grand nombre d'avions en pleine propriété et amortis, Lufthansa a plus de facilités que d'autres pour mener cette politique. L'objectif est de réduire les coûts et maintenir les recettes sur les vols restants. Cette politique n'est pas sans risque. Déjà, il crée de facto un énorme sureffectif qu'il faut gérer, sachant que toute suppression de postes pourra devenir un handicap quand les marchés repartiront. Le groupe va geler ses embauches et proposer des congés sans solde à ses employés. Lufthansa étudie l'option du chômage partiel, a expliqué un porte-parole à l'AFP. Sa filiale Austrian Airlines a déposé vendredi - pour la première fois depuis 2008 - une demande en ce sens à Pôle Emploi, avec un début souhaité le 1er avril, a annoncé à l'agence autrichienne APA un porte-parole.
Lufthansa "évalue" aussi l'immobilisation de "toute sa flotte d'Airbus A380", soit 14 avions basés à Francfort et Munich.
Air France-KLM n'a pas choisi cette voie. Si le groupe a réduit son offre vers la Chine, il redéploie ses capacités sur d'autres axes. C'est notamment le cas d'Air France qui va redéployer ses avions vers l'Amérique du Nord, l'Afrique et les Antilles. La compagnie française a par ailleurs prévu de réduire de 30% son offre vers l'Italie en mars et agit au cas par cas sur le reste de l'Europe. En long-courrier, une diminution de la capacité est également prévue sur Chennai en Inde et Singapour.
Et d'ajouter qu'outre la protection de la santé des salariés et des clients la priorité « est de préserver la trésorerie de notre entreprise. Nous sommes dans une situation d'urgence économique qui peut nous rappeler de précédentes crises, telles que celle du 11 septembre 2001, ou encore la crise financière mondiale de 2008. A court terme, et tant que nous n'aurons pas de visibilité sur la durée et l'ampleur de la crise actuelle toutes les dépenses, projets et investissements non indispensables à la sécurité, à la sûreté et à nos opérations, sont reportées ou annulées. De même, en raison de la baisse d'activité, nos recrutements sont limités aux seuls besoins opérationnels indispensables de la compagnie. Enfin, des mesures de réduction du temps de travail sur la base du volontariat vont être proposés ».
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La compagnie française propose notamment aux salariés volontaires d'anticiper leurs congés, de prendre des congés sans solde, d'utiliser leurs droits acquis ou de travailler à temps partiel ou à temps alterné. Du chômage partiel est aussi à l'étude.
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