Coronavirus : « Nous sommes dans une situation d'urgence économique » (DG d'Air France)

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(Crédits : Regis Duvignau)
Dans un courrier envoyé aux salariés que La Tribune s'est procuré, Anne Rigail explique que l'impact économique du coronavirus dans les comptes sera plus significatif que les 200 millions d'euros indiqués le 20 février.

Troisième annonce de baisse de capacités en une semaine pour Lufthansa. Comme si la situation du groupe allemand s'écroulait chaque jour davantage avec la baisse de la demande provoquée par la crise du coronavirus. Après avoir annoncé le 27 février qu'il clouait au sol 13 gros-porteurs, puis 150 avions il y a deux jours (25 gros-porteurs, et 125 monocouloirs pour réduire la moitié de ses vols court et moyen-courriers, le groupe Lufthansa (composé également de Swiss, Eurowings et Austrian) a annoncé ce vendredi qu'il allait réduire de 50% ses capacités au cours des prochaines semaines, en raison de la baisse de la demande. Jusque-là, le groupe exploitait 750 avions.

Cette stratégie est à la fois une première dans l'histoire du transport aérien mondial, et un cas unique aujourd'hui en Europe. Disposant d'un grand nombre d'avions en pleine propriété et amortis, Lufthansa a plus de facilités que d'autres pour mener cette politique. L'objectif est de réduire les coûts et maintenir les recettes sur les vols restants. Cette politique n'est pas sans risque. Déjà, il crée de facto un énorme sureffectif qu'il faut gérer, sachant que toute suppression de postes pourra devenir un handicap quand les marchés repartiront. Le groupe va geler ses embauches et proposer des congés sans solde à ses employés. Lufthansa étudie l'option du chômage partiel, a expliqué un porte-parole à l'AFP.  Sa filiale Austrian Airlines a déposé vendredi - pour la première fois depuis 2008 - une demande en ce sens à Pôle Emploi, avec un début souhaité le 1er avril, a annoncé à l'agence autrichienne APA un porte-parole.

Lufthansa "évalue" aussi l'immobilisation de "toute sa flotte d'Airbus A380", soit 14 avions basés à Francfort et Munich.

Redéploiement pour Air France

Air France-KLM n'a pas choisi cette voie. Si le groupe a réduit son offre vers la Chine, il redéploie ses capacités sur d'autres axes. C'est notamment le cas d'Air France qui va redéployer ses avions vers l'Amérique du Nord, l'Afrique et les Antilles. La compagnie française a par ailleurs prévu de réduire de 30% son offre vers l'Italie en mars et agit au cas par cas sur le reste de l'Europe. En long-courrier, une diminution de la capacité est également prévue sur Chennai en Inde et Singapour.

Lire aussi : Coronavirus : Air France redéploie ses capacités long-courriers

« Nous continuons d'adapter quotidiennement notre programme en fonction de l'évolution des réservations mais aussi des décisions plus soudaines de certains pays quant aux conditions d'entrée sur leur territoire. Notre réseau vaste et équilibré nous permet de redéployer des capacités vers des marchés qui résistent mieux aujourd'hui, comme l'Afrique et les Caraïbes Océan Indien. Nous prenons par ailleurs des mesures commerciales sans précédent pour nos clients. Pour autant, nous observons une baisse significative des réservations sur l'ensemble de nos lignes et sur une période de temps étendue. Nous avions annoncé le 20 février un impact de cette crise sur le résultat d'exploitation d'Air France KLM de l'ordre de 200 millions d'euros. L'ampleur et la durée de la crise s'accentuant, nous savons aujourd'hui que ses effets économiques seront encore plus significatifs. Les incertitudes quant à son évolution et ses conséquences nous conduisent à anticiper tous les scénarios », a déclaré la directrice générale d'Air France, Anne Rigail, dans un courrier adressé aux salariés.

Priorité  : préserver la trésorerie

Et d'ajouter qu'outre la protection de la santé des salariés et des clients la priorité « est de préserver la trésorerie de notre entreprise. Nous sommes dans une situation d'urgence économique qui peut nous rappeler de précédentes crises, telles que celle du 11 septembre 2001, ou encore la crise financière mondiale de 2008. A court terme, et tant que nous n'aurons pas de visibilité sur la durée et l'ampleur de la crise actuelle toutes les dépenses, projets et investissements non indispensables à la sécurité, à la sûreté et à nos opérations, sont reportées ou annulées. De même, en raison de la baisse d'activité, nos recrutements sont limités aux seuls besoins opérationnels indispensables de la compagnie. Enfin, des mesures de réduction du temps de travail sur la base du volontariat vont être proposés ».

La compagnie française propose notamment aux salariés volontaires d'anticiper leurs congés, de prendre des congés sans solde, d'utiliser leurs droits acquis ou de travailler à temps partiel ou à temps alterné. Du chômage partiel est aussi à l'étude.

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Commentaires
a écrit le 09/03/2020 à 9:11 :
La compagnie va t-elle pouvoir compter sur ses pilotes? Le climat social dans cette société étant nauséabond, on se demande si ce virus ne va pas l'achever.
a écrit le 08/03/2020 à 18:35 :
commencer par réduire salaire et avantage de la direction
air France ne coute pas plus cher que la SNCF ou la RATP réserve aux parisien
et que tous les Français éponge leur déficit par des impôts
Réponse de le 08/03/2020 à 22:39 :
@helios: votre remarque amènerait certainement une amélioration dans la gestion de la France où les responsables vivent dans le luxe dépassé de l'ancien régime; dans les entreprises, où les frais et avantages sont de plus en plus encadrés, je doute que l'entreprise s'en trouve mieux; il me souvient que le pdg d'une compagnie d'assurances venu avec la ds de dg d'un puissant groupe d'assurances avait fini, suite à un "sinistre de frais généraux" avec une simca 1100 et son dg avec une R6. Faisons confiance aux administrateurs et aux comités des rémunérations.
a écrit le 08/03/2020 à 12:37 :
Les Syndicats SNPL et CGT, d'Air Grève l'ont tant affaibli,
qu'elle n'a évidemment pas les ressources et la résilience pour faire face à une crise
Réponse de le 09/03/2020 à 8:31 :
facile toujours accuser les syndicats et jamais remettre en cause la tres mauvaises gestion des amis du pouvoir .
que ce soit a air France ,la sncf et autre entreprise national
il est temps de la transparence dans la gestion de ces entreprises
et de la remuneration des presidents d'entreprise
exp remuneration connu pour de dg de la banque allemande et secret
pour la banque de france
Réponse de le 09/03/2020 à 10:38 :
Malheureusement une nouvelle fois , Anne Sophie , vous êtes complètent à côté de la plaque , c’est à dire les grands équilibres économiques qui régissent le secteur du transport aérien.
Toutes les études sur le domaine concordent à dire que le déficit de compétitivité dont souffre Air France est essentiellement dû aux taxes spécifiques à l’aérien que l’état français inflige au transport aérien français.
Les faillites d’aigle azur et ,d’XL ne vous rappellent donc rien ?
Ces taxes viennent tenter de combler le tonneau des danaïdes qu’est le budget de l’état qui dépense sans compter au bénéfice des français.

Ce sont donc des choix faits par l’état français : déshabiller Air France pour habiller les citoyens , vous, entre autres, Anne Sophie...
a écrit le 08/03/2020 à 8:15 :
Pour air grève france , il est temps de faire une liquidation à la aigle azur et repartir sur une structure saine . Bruno le pompier Lemaire va sortir le carnet de chèques du contribuable pour recapitaliser le groupe encore une fois et moi qui ait subi les grèves à répétition je ne veux pas comme des millions de français que les impôts soit utilisés pour ça
Réponse de le 08/03/2020 à 8:57 :
@ Richti.
Vous êtes hors sujet et bien méchant .....
a écrit le 07/03/2020 à 21:19 :
Les transports en général sont une catastrophe pour le climat. Le transport aérien de masse ajoute désormais une composante liées à la vitesse. Avec des temps d'incubation d'une dizaine de jours, il est évident qu'une contamination devient rapidement "virale"et mondialisee. L'avion est écologiquement et désormais sanitairement nuisible.
Réponse de le 07/03/2020 à 22:48 :
@Valbel89
Essayez de vous renseigner un peu avant de faire des commentaires.
Les transports sont vitaux pour les économies mondiales, et ne pèsent que 15% des émissions mondiales (le transport aérien, 3%)
Je vous laisse vous renseigner sur les 85% restantes......
Le transport est de toute façon vital pour les sociétés, le sujet est donc de savoir comment faciliter leur transition écologique plutôt que de les arrêter purement et simplement.
Votre raisonnement est aussi stupide que de dire qu’il faudrait arrêter la surpopulation en demandant aux gens d’arrêter de respirer....
Bonne lecture
Réponse de le 08/03/2020 à 7:37 :
Ceux qui prétendent que le transport aérien ne représente que 3% des émissions taisent le fait que les prises de kérosène dans les aéroports français représentent environ un tiers des consommations de carburant automobile du pays...Et il dégage autant de carbone que le Diesel des taxis.
Il y a longtemps que le transport aérien a dépassé le stade du nécessaire voire de l'utile, pour toucher au superflu - du genre des week-ends à Ibiza ou en Thailande. Réduire sa voilure sera une gène tolérable.
Rappelons qu'il est aussi largement subventionné, car affranchi de quasiment toutes les taxes dûes, en particulier, par un mystérieux tour de passe-passe, de la TVA intra-européenne, : Montant de cette seule subvention, environ 5 milliards par an en Europe. La mini-taxe instaurée,en trainant des pieds, sur les billets , ne représente que peanuts en comparaison.
Réponse de le 08/03/2020 à 11:00 :
certains bateaux consomment l'équivalent de 55 millions de voitures, donc tout est dit...
Réponse de le 08/03/2020 à 17:50 :
Les avions actuels consomment 2.5 L/100KM par passager
très bientot 2L/100 par passager.
3.5% des émissions mondiales en matière climatique et pollution.

Après tout, que la FR rase ses aéroports, vende ou détruise ses avions,
et vous serez PEUT-ETRE " presque...." satisfait
Réponse de le 09/03/2020 à 21:36 :
Nuisible est le bon terme, ce tourisme des masses incultes est insupportable !
a écrit le 07/03/2020 à 9:48 :
"La compagnie française a par ailleurs prévu de réduire de 30% son offre vers l'Italie en mars et agit au cas par cas sur le reste de l'Europe"

Vous avez fait un article récent sur une compagnie anglaise il me semble qui préférait clouer ses avions au sol plutôt que de rentrer dans le cercle vicieux de l'augmentation des couts et de la baisse des revenus qui ne peut que fragiliser encore plus l'entreprise non ?
Réponse de le 07/03/2020 à 13:59 :
Post incompréhensible.

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