EXCLUSIF. Ancien steward, pilote, responsable des opérations, directeur marketing, directeur général d'Air Dolomiti - d'où un parfait italien - et patron de la stratégie du Groupe Lufthansa, Joerg Eberhart arrive chez ITA Airways avec un sacré bagage. Pourtant, cet allemand de 54 ans fait preuve d'une apparente modestie et une impression de sympathie se dégage assez vite derrière son costume sombre, ses cheveux poivre et sel, et ses yeux d'un gris profond.
Rencontré à l'occasion du Salon du Bourget, il reconnaît d'emblée qu'il ne connaissait la compagnie nationale italienne que de l'extérieur avant d'en prendre la direction. Pourtant, il ne faut pas longtemps pour comprendre qu'il sait très bien où il a mis les pieds, lui qui a été directement impliqué comme « deal captain » dès la première tentative de rachat du Groupe Lufthansa il y a huit ans, alors qu'ITA Airways s'appelait encore Alitalia. Et son implication a encore été renforcée au cours du long processus d'acquisition, qui a mis environ deux ans à aboutir en raison des discussions serrées avec l'État italien, puis avec la Commission européenne.
Il se réjouit d'y avoir trouvé « nombre de personnes qualifiées » ou encore « des décisions de qualité » qui ont permis à ITA Airways de croître rapidement au cours des quatre dernières années. Il faut dire que la compagnie créée fin 2020 à la suite du naufrage d'Alitalia n'était alors que l'ombre de son illustre. La solution de discontinuité imposée par la Commission européenne avait en effet imposé des conditions drastiques en contrepartie du sauvetage de la compagnie par l'État italien (alors propriétaire à 100 %) : abandon de la marque, d'un tiers de la flotte, de la moitié des salariés, de créneaux horaires et d'une large part de l'activité.