La DGAC cloue au sol tous les avions de la compagnie Air Antilles Express pour manquements à la sécurité

La flotte de la compagnie régionale Air Antilles Express a été clouée au sol en raison de manquements à la sécurité constatées lors d'une inspection. Cette décision a été prise le 27 août à la suite d'une inspection de l'Organisme pour la sécurité civile (Osac), qui a constaté huit "non-conformités majeures".

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Photo d'illustration: un ATR 42 de la compagnie Air Antilles Express au roulage sur l'aéroport international Aimé Césaire International en Martinique, le 19 décembre 2015.
Photo d'illustration: un ATR 42 de la compagnie Air Antilles Express au roulage sur l'aéroport international Aimé Césaire International en Martinique, le 19 décembre 2015. (Crédits : Maxime C-M via Flickr et Wikimedia (CC BY-SA 2.0))

[Cet article a été mis à jour le 31 août à 4h30 et fait l'objet d'un droit de réponse de la part d'Air Antilles]

La décision est brutale et extrêmement rare. Une partie de la flotte de la compagnie régionale Air Antilles Express a été clouée au sol en raison de manquements à la sécurité constatées lors d'inspections, a expliqué lundi à l'AFP la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Onze avions d'Air Antilles, sept ATR et quatre Twin Otter, sont donc sur le tarmac et n'assurent plus les vols de la compagnie, filiale de la Compagnie aérienne interrégionale express (CAIRE) basée en Guyane (qui avait lancé au début de l'été une campagne de publicité sur la reprise de ses vols dans l'arc caraïbe), qui dessert la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, la Dominique, Saint-Barthélemy, et toutes les autres îles caraïbes comme Haïti et la République Dominicaine, Porto Rico, ou encore vers la Guyane ou les États-Unis (Miami).

Pour l'instant, les seuls appareils autorisés à voler sont un Cessna Caravan (Air Antilles) et trois LET 410 (Air Guyane), mais seulement pour une durée d'un mois a décidé l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile (Osac), chargé par la DGAC du contrôle technique de l'aviation civile.

Des manquements graves à la sécurité: "8 non-conformités majeures"

C'est d'ailleurs l'Osac qui a relevé que les "butées calendaires" (les délais entre les révisions des avions) n'étaient pas respectés.

La DGAC, au vu du rapport de l'Osac, a adressé un courrier cinglant à la CAIRE :

Au cours de la surveillance de votre organisme depuis le début de l'année 2021, nous avons constaté 8 non-conformités majeures, concernant les flottes ATR et Twin, qui démontrent que votre système de gestion ne permet pas de contrôler la conformité aux procédures requises pour assurer la navigabilité des ces flottes d'aéronefs et d'adéquation des procédures", est-il écrit dans le rapport de la DGAC envoyé à Air Antilles, selon La Première.

"S'il y a une suspicion d'impact direct sur la capacité à transporter des passagers, il y a une suspension immédiate", a précisé la DGAC à l'AFP.

Surveillance renforcée pendant 6 mois

La maintenance est un sujet essentiel dans l'aviation civile, et l'OSAC, au vu des irrégularités du cahier de contrôle, a signifié qu'elle attend "des mesures correctives adéquates" pour lever la suspension. Si ce n'était pas le cas, la CAIRE se verrait retirer définitivement l'agrément d'exploitation des ATR et Twin Otter. La compagnie aérienne se voit en outre placée sous un régime de surveillance renforcée pour une durée de 6 mois.

Joint par La Première vendredi soir, le Pdg d'Air Antilles, Éric Kourry, également à la tête du consortium d'investisseurs privés et publics domiens qui a racheté Corsair l'an dernier, a reconnu un problème de maintenance mais sur un seul appareil, un Twin Otter. Il a expliqué que ce dernier avait été envoyé pendant une longue période aux Etats-Unis pour un changement d'aile mais qu'il n'avait "jamais transporté de passagers". Le Pdg a dit regretter que cet incident fasse peser  "un doute sur la fiabilité de notre système de suivi de la navigabilité pour le reste de la flotte".

Cela dit, Eric Kourry a assuré avoir tout mis en œuvre pour apporter dès samedi une réponse adéquate à l'OSAC, espérant faire redécoller sa flotte dans les "tout prochains jours".

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Effondrement du trafic et guerre des prix, une rude période

L'embellie de juillet, quand Air Antilles se préparait, à l'instar des autres compagnies desservant la zone, à augmenter ses liaisons sur toute la zone des Caraïbes avait été anéanti par la flambée épidémique de Covid-19 début août.

Air Antilles publicite juin 2021

[Un exemple de publicité par mail réalisés par la compagnie Air Antilles au début de l'été. DR]

Avec l'effondrement du trafic, cet incident repousse encore un peu plus les espoirs de redémarrage de la compagnie aérienne, d'autant que, dans tout le secteur, une guerre des prix fait rage depuis la fin 2020 qui pourrait reprendre de plus belle au sortir de cette rude période.

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DROIT DE RÉPONSE

Droit de réponse de la compagnie Air Antilles Express

Dans votre article « La DGAC cloue au sol tous les avions de la compagnie Air Antilles Express pour manquement à la sécurité » du 29 août 2021, vous décrivez une situation qui est largement erronée. Tout d'abord vous évoquez la suspension de notre Certificat de Transporteur Aérien puis l'arrêt de la totalité de notre flotte par la DGAC (Direction Générale de l'Aviation Civile). Ensuite vous sous entendez que nous n'aurions pas respecté les butées de révisions des avions. Ces trois points sont inexacts :

1 - Notre CTA (Certificat de Transporteur Aérien) n'a pas été suspendu

2 - Cinq avions de notre flotte sont toujours autorisés à voler

3 - Les butées périodiques de revision des avions ont toutes été respectées.

En effet ce n'est qu'une partie de notre flotte qui a été immobilisée, en conséquence d'une suspension provisoire de l'habilitation de notre CAMO (Organisme de suivi de la navigabilité) pour deux types d'avions, parmi les quatre opérés par notre compagnie. Ceci, le temps d'apporter des réponses administratives sur la situation et l'organisation de ce service. Ces demandes ont été sollicitées suite au constat d'anomalies dans le cadre d'un convoyage retour, après un chantier de 10 mois chez un sous-traitant aux Etats-Unis, d'un avion sur lequel certaines pièces détachées avaient dépassé leur butée calendaire nécessitant une révision. Nous précisons qu'aucun passager n'était à bord de cet avion en convoyage qui a été immobilisé par nos services à son arrivée en Guadeloupe. Suite au constat de ces anomalies, l'OSAC a suspendu l'habilitation de notre service de suivi de la navigabilité  pour deux types d'appareils, le temps que nous apportions les garanties que ces événements ne pourraient arriver sur d'autres appareils de la flotte et que l'organisation du service était capable d'anticiper un tel événement dans le futur. Il s'agit donc d'un contrôle administratif et non de la remise en cause de l'état de la flotte.

Les réponses et les explications ont été transmises dans les 12 heures qui ont suivi cette demande et nous sommes, à ce stade, dans l'attente de la levée de la restriction qui nous a été imposée.

Dans le cadre de cette réponse, nous avons apporté la preuve que l'ensemble de la flotte opérationnelle de notre compagnie était en parfait état de navigabilité conformément aux différents programmes de maintenance agréés.

Nous sommes donc très surpris de la teneur de vos propos non conformes à la réalité et sommes convaincus que notre compagnie reprendra la totalité de ses vols dans les meilleures délais, avec le plus haut niveau de sécurité.

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Commentaires 2
à écrit le 31/08/2021 à 3:48
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C'est comme ca, meme en polynesie, je me souviens du meme modele de zinc qui a fini dans le lagon de Papeete faute d'avoir fait le plein entre Tahiti et Moorea. Un plaisir Air Nui....

à écrit le 29/08/2021 à 13:55
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Ah ah ah, le surnom d'air guyane c'était air peut être, je vois que ça c'est pas arrangé.

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