La flotte de la compagnie régionale Air Antilles Express a été clouée au sol en raison de manquements à la sécurité constatées lors d'une inspection. Cette décision a été prise le 27 août à la suite d'une inspection de l'Organisme pour la sécurité civile (Osac), qui a constaté huit "non-conformités majeures".[Cet article a été mis à jour le 31 août à 4h30 et fait l'objet d'un droit de réponse de la part d'Air Antilles]
La décision est brutale et extrêmement rare. Une partie de la flotte de la compagnie régionale Air Antilles Express a été clouée au sol en raison de manquements à la sécurité constatées lors d'inspections, a expliqué lundi à l'AFP la Direction générale de l'aviation civile (DGAC). Onze avions d'Air Antilles, sept ATR et quatre Twin Otter, sont donc sur le tarmac et n'assurent plus les vols de la compagnie, filiale de la Compagnie aérienne interrégionale express (CAIRE) basée en Guyane (qui avait lancé au début de l'été une campagne de publicité sur la reprise de ses vols dans l'arc caraïbe), qui dessert la Guadeloupe, la Martinique, Saint-Martin, la Dominique, Saint-Barthélemy, et toutes les autres îles caraïbes comme Haïti et la République Dominicaine, Porto Rico, ou encore vers la Guyane ou les États-Unis (Miami).
Pour l'instant, les seuls appareils autorisés à voler sont un Cessna Caravan (Air Antilles) et trois LET 410 (Air Guyane), mais seulement pour une durée d'un mois a décidé l'Organisme pour la sécurité de l'aviation civile (Osac), chargé par la DGAC du contrôle technique de l'aviation civile.
Des manquements graves à la sécurité: "8 non-conformités majeures"
C'est d'ailleurs l'Osac qui a relevé que les "butées calendaires" (les délais entre les révisions des avions) n'étaient pas respectés.
La DGAC, au vu du rapport de l'Osac, a adressé un courrier cinglant à la CAIRE :
Au cours de la surveillance de votre organisme depuis le début de l'année 2021, nous avons constaté 8 non-conformités majeures, concernant les flottes ATR et Twin, qui démontrent que votre système de gestion ne permet pas de contrôler la conformité aux procédures requises pour assurer la navigabilité des ces flottes d'aéronefs et d'adéquation des procédures", est-il écrit dans le rapport de la DGAC envoyé à Air Antilles, selon La Première.
"S'il y a une suspicion d'impact direct sur la capacité à transporter des passagers, il y a une suspension immédiate", a précisé la DGAC à l'AFP.
Surveillance renforcée pendant 6 mois
La maintenance est un sujet essentiel dans l'aviation civile, et l'OSAC, au vu des irrégularités du cahier de contrôle, a signifié qu'elle attend "des mesures correctives adéquates" pour lever la suspension. Si ce n'était pas le cas, la CAIRE se verrait retirer définitivement l'agrément d'exploitation des ATR et Twin Otter. La compagnie aérienne se voit en outre placée sous un régime de surveillance renforcée pour une durée de 6 mois.