La SNCF va commander 100 "TGV du futur" à Alstom quand la priorité va aux trains du quotidien

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La France a investi seulement 1,7 milliard d'euros par an entre 2005 et 2015.
La France a investi seulement 1,7 milliard d'euros par an entre 2005 et 2015. (Crédits : © Jacky Naegelen / Reuters)
Le ministre de l'Economie, Bruno Le Maire, a annoncé une commande de 100 TGV du futur pour la SNCF.

En plein « SNCF bashing » et à l'aube d'un mouvement dur des cheminots contre le projet de réforme de la SNCF du gouvernement, l'annonce ce jeudi du ministre de l'Economie Bruno Le Maire d'une commande de 100 TGV du futur à Alstom interpelle à plus d'un titre. D'une part, en grillant la politesse à l'entreprise, dont le conseil d'administration doit valider la commande d'ici à juin, elle met à nouveau en lumière l'ingérence de l'Etat dans la stratégie de la SNCF et par conséquent sa part de responsabilité dans la situation de l'entreprise ferroviaire et du modèle ferroviaire français. La SNCF et les cheminots ne sont pas en effet responsables de la dette ou de la dégradation du réseau faute d'investissements. Cette façon de faire est d'autant plus malvenue que le gouvernement martèle que sa réforme vise à "créer une nouvelle SNCF". Si le gouvernement veut vraiment lui permettre d'affronter la concurrence, il devra donc mettre fin "aux injonctions contradictoires", comme l'a souligné la ministre des Transports, Elisabeth Borne, en faisant allusion à la commande imposée l'an dernier de 14 rames TGV pour aider Alstom.

Priorité, les transports du quotidien

D'autre part, cette annonce interpelle également par rapport aux objectifs maintes fois affichés du gouvernement et de la direction de favoriser les transports du quotidien et la rénovation du réseau, après des années de course à la grande vitesse. Par conséquent, la question n'est pas tant de savoir si cette commande qui va permettre de maintenir le site de Belfort d'Alstom, se justifie pour la SNCF, mais si cet investissement ne va pas amputer l'enveloppe dont a besoin la SNCF pour remettre en état le réseau de lignes classiques qui souffrent d'un sous-investissement chronique depuis 30 ans. La France a investi seulement 1,7 milliard d'euros par an entre 2005 et 2015 quand l'Allemagne était à 3,2 milliards d'euros et le Royaume-Uni 4 milliards. Certes, l'effort a été porté à 2,7 milliards d'euros en 2017, mais il faudrait 3,5 milliards d'euros par an au cours des prochaines années pour permettre à la SNCF de rattraper son retard, selon des sources internes.

"Cette commande de TGV du futur n'est absolument pas la priorité", s'emporte un syndicaliste.

En soi, explique un industriel du ferroviaire, "dans le modèle de dessertes des grandes villes et moyennes par des TGV circulant à la fois sur des lignes à grande vitesse et des lignes classiques et au regard de l'âge avancé auquel vont arriver un grand nombre de rames entre 2022-2023 et 2031, cette commande dont ne connaît pas le nombre d'engagements fermes, n'est pas scandaleuse". Surtout dans la perspective de l'ouverture à la concurrence, même si celle-ci a plus de chance de concerner le réseau régional que le réseau LGV.

Pour autant, vu les priorités de la SNCF sur le transport du quotidien, la SNCF n'aurait peut-être pas, si elle avait les mains libres, valider le calendrier. Car ce dernier est dicté par Alstom et plus précisément par le site de Belfort qui n'aura plus d'activité à partir de 2021. La SNCF aurait pu très bien prolonger son parc actuel pendant quelques années encore en utilisant des rames amorties, quitte à réaménager les cabines.

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Commentaires
a écrit le 27/03/2018 à 8:52 :
Concernant le fait d'enlever des avantages aux cheminots oui. Faut qu'ils arrêtent leur mauvaise fois il y en a un peu trop. Du coup qu'on le mette en place pour les nouveaux embochés triple oui. On ne retire pas à quelqu'un ce pourquoi il a signer. A 15ans j'imaginais déjà ce compromis. Mais par contre il faut que les réformes concernant les dépenses des hauts et tres hauts fonctionnaires soient aussi révolutionnaire et drastiques au lieu de s'enliser jusqu'à la mise sous le tapis. C'est toujours les mêmes qui sont réformés en premier il faut que ça cesse. Pas un seul gradé qui soit capable de montrer l'exemple. Et avec cette démonstration d'ingérence tout volé en eclat en plus.
a écrit le 27/03/2018 à 8:44 :
Les politiques veulent attirer du monde avec des nouvelles rames lors de l'ouverture a la concurrence mais ça n'empêchera pas certains (suivez mon regard) de préférer l'avion pour faire paris marseille ou Strasbourg. Eux les premiers évidemment. En attendant pas de souci la pietaille s'entasse dans les trains qui roulent a 20 kmh a cause des rails qui chauffent ou qui gèlent, entre ceux qui ne sont pas annulés, dans une chaleur a 50° l'été Et de plus en plus souvent à 0° l'hiver. (Chauffage non réparé) bienvenue sur la ligne de banlieue R. (Je ne parle pas des autres mais j'imagine que c'est kif kif )
a écrit le 25/03/2018 à 14:59 :
Décidément, les entreprises allemandes adorent l'argent public français : un jour ou l'autre, il faudra quand même se pencher sur le démantèlement d'Alstom en plusieurs étapes (sinon ça se voit) au profit des concurrents américain et allemand : une belle réussite de nos élites politiques et financières (je n'ose les qualifier d'élites industrielles).
Réponse de le 25/03/2018 à 15:38 :
Malheureusement, vous avez parfaitement raison... mais peu ose le dire.
Réponse de le 25/03/2018 à 20:16 :
Malheureusement, vous mettez le doigt sur quelque chose de ''sensible'' que surtout personne ne veux voir, même dans son sommeil le plus profond. :-)
a écrit le 25/03/2018 à 12:14 :
Bravo pour cet article courageux en néolibéralisme européiste voulant qu'il faut casser le train afin de favoriser le lobby pétrolier alors que bien entendu comme vous dites l'avenir serait aux petites lignes mais qui dit petites lignes dit concurrence du lobby pétrolier et comme nos politiciens sont totalement corrompus par celui-ci nous n'avons subi que des politiques aberrantes de destruction systématique du train, oui définitivement.

"Quand l’État français sabote le train" https://www.monde-diplomatique.fr/2016/06/DOUMAYROU/55773 (article gratuit)
a écrit le 25/03/2018 à 9:03 :
visiblement nos cher enarque n'ont toujours rien compris
aux attente des Français il souhaite un service journalier
efficace et sans reproche
ce n'est pas avec des tgv pour une minorite
ou meme des falcon pour les ministres mais bien le moyen de se deplacer tous les jours
pour le travail et sans taxes de plus comme celle envisage
par certaine mairie
pour vaforiser une futur election
a écrit le 24/03/2018 à 21:29 :
le petit dealer déjà connu et surveillé a tué 4 personnes . Dormons tranquilles , Collomb veille sur nous .
a écrit le 24/03/2018 à 20:33 :
Intéressant mais un détail est totalement occulté.

Alstom est vendu aux allemands. Donc NOTRE argent va être capté en majorité par les allemands, et les grands gagnants seront les acquéreurs privés de la SNCF. C'est pas merveilleux cette combine ?
a écrit le 24/03/2018 à 19:25 :
Cet épisode explique à merveille le dysfonctionnement de la SNCF.

C'est un politicard de Bercy qui décide des commandes de matériel ferroviaire, sans concertation avec la direction de l'entreprise, semble t'il sans appel d'offre, et sans cohérence avec la stratégie affichée.

SNCF mobilité vient de se prendre une charge supplémentaire de 3.5 milliards d'euros dans les dents, et le gouvernement prétend que c'est le statut des exécutants qu'il faut exécuter...
a écrit le 24/03/2018 à 16:16 :
Vue que le Service Public va disparaître, pourquoi investir? Ce n'est plus des usagers, ce sont des clients que diable!! Merci au dogme de Bruxelles et a sa politique de mise a niveau des Etats par l'argent et non pas par l'utilité aux populations!
a écrit le 24/03/2018 à 15:38 :
le réseau secondaire n intéresse pas nos politiques ! ! d ailleurs le conventionnement !! le prouve depuis bien longtemps.... payer vous serez équipé.. le service publique c est cela pour eux ? ? ou préferent ils les cars ! ?
a écrit le 24/03/2018 à 14:40 :
Il faudra un jour que quelque parle à Bruno Lemaire du principe des appels d'offres :o)
Réponse de le 25/03/2018 à 0:44 :
En Macronie c'est un non sujet.

C'est pour cette raison que l'enquête judiciaire concernant le contrat passé entre Bercy et Pénicaud du temps ou elle était PDG de Business France, pour la gloire de Macron à Las Vegas, semble enlisé dans les limbes de la Justice.
a écrit le 24/03/2018 à 14:27 :
Au dela de la perplexité sur les trains du quotidien il me semble que personne ne parle d’appel d’offres !!! Somme-nous dans une republique bananiere ? Le gouvernement hurle à la mauvaise gestion du passé et reproduit les mêmes erreures.... etrange comportement. La SNCF crève de ces decisions politiques inconsistantes qui creusent toujours plus le déficit quand comprendrons-nous enfin que l’economie ce n’est pas uniquement des effets d'annonce. En tant wue contribuable je suis scandalisé
a écrit le 24/03/2018 à 13:38 :
"la SNCF n'aurait peut-être pas, si elle avait les mains libres, valider le calendrier."
validé
a écrit le 24/03/2018 à 12:10 :
De fait Macron vient de s'accorder un nouveau pouvoir: Patron de la SNCF (qui peut croire que c'est B. Lemaire qui a décidé)
Ou est le nouveau monde promit par Macron. Il ressemble furieusement à l'ancien et s'apparente de plus en plus à une gestion à la petite semaine.
je crains que la réforme de la SNCF qui est une réforme pour avoir une victoire politique et complaire à l'Europe et non pas une réforme visant à améliorer les choses ne créée un bazar encore plus grand dans le système ferroviaire.
En tout cas acheter en priorité des rames TGV démontre que les transports de la vie quotidienne n'est pas la priorité de ce gouvernement et qu'en fin de compte le message est: On va laisser les régions se débrouiller avec ce problème.
a écrit le 24/03/2018 à 12:02 :
De la puissance de certains lobbies...
a écrit le 24/03/2018 à 10:31 :
Le pourquoi de la pagaille s éclaire .
Il n y aura pas beaucoup de trolls pour nous expliquer le bien fondé de cette décision !
Petit commentaire supplémentaire :
Ce ne sont pas les plus intelligents des S qui passent aux actes .
a écrit le 24/03/2018 à 9:13 :
Ils arrêtent quand de recruter des énarques partout ?

Ces gens ont eu trop de cours de
mise en oeuvre des reglementation
à science reglementation et dans leur école pour formater le monde.
a écrit le 24/03/2018 à 7:37 :
le gouvernement commande des trains ! est ce pour les mettre à disposition des entreprises de transport ferroviaire ? de toutes ? après l'ouverture à la concurrence ? ce n'est pas clair.... Il ferait mieux d'investir dans l'entretien du réseau.
a écrit le 24/03/2018 à 3:13 :
Je me demande de quoi vous vous mêlez, la réforme du statut de cheminots, rend les mains libres à la SNCF et toute la gestion de l'entreprise ne concerne pas le public, les pas comptants n'ont qu'à prendre leurs voitures ou les autres modes de transport.
Réponse de le 24/03/2018 à 21:33 :
d.u bon parler français et des "pas contents " de votre arrogance
a écrit le 24/03/2018 à 1:11 :
J'ignorais que le patron de la SNCF était notre ministre des finances; malheureusement, ce n'est pas celui des économies: après nous avoir seriné qu'il n'y avait pas de cagnottes, il nous parle de dépenses, mais il s'agit peut-être de restitution des dividendes que la SNCF a versés. Décidément, ces énarques dont nous sommes affligés ne sont pas ceux dont la France a besoin; il est vrai que les meilleurs ont choisi le Privé!
a écrit le 23/03/2018 à 23:00 :
Intéressant mais un détail est totalement occulté.

Alstom est vendu aux allemands. Donc NOTRE argent va être capté en majorité par les allemands, et les grands gagnants seront les acquéreurs privés de la SNCF. C'est pas merveilleux cette combine ?

PS hors sujet : Pourquoi vous ne parlez pas de Telford et de l'implication de l'immigration ?

Sujet sensible ou manque de courage ?

C'est pourtant votre boulot.. Vous êtes une honte d'ignorer ces jeunes filles violées et mises sur le trottoir pendant que vous nous faites la promotion de Macron 7j/7.
a écrit le 23/03/2018 à 21:36 :
ENFIN UN ARTICLE INTELLECTUELLEMMENT INTEGRE...BRAVO à SON AUTEUR!
dans cette cacophonie je pense que tout le monde comprendra comment est gérée par l état la SNCF: le logiciel de mode de fonctionnement est aussi à changer du côté des politiques toute étiquette confondue...on en a là un bel exemple ...
a écrit le 23/03/2018 à 21:35 :
Hors banlieue, le TGV représente en voyageursxkilomètres plus des 3/4 du traficde la SNCF. C'est donc lui le "train du quotidien", plutôt que la rame tractée par un diesel consommant 200 litres aux cent et qui joue l'omnibus vers une capitale régionale avec 40 personnes qu'on pourrait aussi bien mettre dans un bus. Et c'est le TGV, par la dime qu'on prélève indûment sur ses recettes, en l'appelant péréquation, qui permet au reste des dessertes de subsister.
Réponse de le 25/03/2018 à 0:40 :
Si vous réintégrez la région parisienne, qui représente 20% de la population française et 80% des usagers quotidiens du rail vous aurez une perception plus juste de l'emploi du rail.

Même s'ils existent dans toutes les régions, c'est en région parisienne que les problèmes d'usure des voies , du matériel et des infrastructures sont les plus criants et les plus urgents.
a écrit le 23/03/2018 à 17:26 :
Les transports du quotidien sont pour les régions....Macron ne s'occupe pas de la piétaille provinciale qui habite des trous...😎
a écrit le 23/03/2018 à 16:58 :
Et ca continue , aucune pudeur ces syndicalistes .
a écrit le 23/03/2018 à 16:47 :
Non: "La SNCF et les cheminots ne sont pas en effet responsables de la dette ou de la dégradation du réseau faute d'investissements."
Pourtant c'est bien pour cela que l'on fait les ordonnances non?
a écrit le 23/03/2018 à 15:40 :
à 34.5 million € unitaire, c'est une facture de 3.5 milliards qui va aller non sur SNCF réseau (qui n'est pas en mesure de payer quoique ce soit avec son déficit chronique et sa dette de 50 Milliards), mais sur SNCF mobilité qui fait à peine 600 millions de bénéfice et a déjà une dette de 4 Milliards €...

C'est totalement incohérent avec l'objectif de revitalisation des lignes traditionnelles et l'ouverture à la concurrence.

Une fois de plus, la réforme en cours ne répond à aucun des objectifs stratégiques du secteur.

A savoir, comment on gère la dette de SNCF réseau et comment on lui affecte des ressources qui lui permettront d'injecter les 50 milliards € nécessaires sur 10 ans pour remettre en état le réseau. Sachant que le montant des redevances de réseau est seulement de l'ordre de 4milliards €, actuellement payées par SNCF mobilité.
a écrit le 23/03/2018 à 15:29 :
Combien de TGV a vendu Alstom à l’étranger ? L'Etat déficitaire, la SNCF endettée, ui paye cette profusion de TGV.

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