L'ancien ministre et président du groupe centriste à la région Centre-Val de Loire, et l'organisation patronale s'opposent à l'instauration du versement mobilité régional au 1er janvier 2026.La région Centre-Val de Loire appuie sur l'accélérateur pour financer sa politique de transports. Jeudi prochain, le conseil régional, réuni en assemblée plénière, va voter pour l'instauration d'un versement mobilité régional, à hauteur de 0,15 % des salaires, sur l'ensemble de son territoire, comme le lui permet la loi de finances 2025. À compter du 1er janvier 2026, les 12 000 entreprises privées et administrations publiques de plus de 11 salariés vont contribuer, en moyenne, à 4,50 euros par salarié par mois.
« Sachant que la situation économique n'est pas florissante, les sociétés risquent de raboter ces 54 euros annuels sur leurs collaborateurs. C'est le meilleur moyen de taper sur leur compétitivité », assène l'ancien ministre Marc Fesneau, président du groupe centriste à la région. « Dans le contexte économique actuel, rendu incertain notamment par les conflits internationaux, les entreprises se seraient bien passées de cette mesure inopportune », appuie Valentin Doligé, président du Medef du Loiret.
Les entreprises n'en démordent pas
Dans la délibération soumise au vote, François Bonneau, président (PS) de la région, rétorque que cette ressource rapportera 24 à 33 millions d'euros de recettes nouvelles annuelles pour soutenir les offres mises en place ou à venir, notamment les offres ferroviaires, les offres routières interurbaines, les services de mobilité durables et ceux déployés en faveur des mobilités rurales et de la mobilité des salariés des entreprises.
Ces dernières, qui ont été consultées dans le cadre du comité régional des partenaires, qui s'est tenu le 21 mai 2025, n'en démordent pas. « Cette mesure y compris celles situées dans des zones dépourvues de services de transports type trams, trains, etc., ponctionnera annuellement leur trésorerie de 30 millions d'euros environ », regrette le patron du Medef 45, Valentin Doligé, « Augmenter la fiscalité sur les entreprises en ce moment, ça pose question », soutient Marc Fesneau, président du groupe CDRC.
César Armand et Guillaume Fischer