Quatre ans après l'abandon du Terminal 4 de l'aéroport de Roissy-CDG, le Groupe ADP repart de l'avant dans l'aménagement de sa principale plateforme aéroportuaire. Après avoir livré sa vision pour Orly en 2035 l'an dernier, le gestionnaire des aéroports parisiens vient d'en faire de même pour Roissy en 2035, puis en 2050. Philippe Pascal, qui vient de prendre les rênes du groupe, lance la phase de concertation du projet.
Plus question désormais de construction massive avec des infrastructures cathédrales comme c'était le cas pour le Terminal 4. L'aéroport du nord de l'Île-de-France va tout de même connaître un réaménagement en profondeur avec de multiples projets : nouveau métro automatique interne, nouvelles salles d'embarquement pour étendre la capacité des terminaux existants, développement de l'intermodalité, déploiement phasé... C'est un « anti-Terminal 4 » comme le décrit Philippe Pascal.
Pour l'instant, aucun projet définitif n'est arrêté. Ce ne sera le cas qu'à l'issue de cette concertation prévue entre le 8 avril et le 8 juillet. Mais de grands axes sont néanmoins tracés. Roissy a notamment besoin de nouvelles capacités pour continuer à accueillir davantage de trafic dans de bonnes conditions. L'aéroport dispose aujourd'hui d'une capacité nominale d'accueil de 82 millions de passagers annuels dans des standards internationaux. Avec « seulement » 70 millions de passagers en 2024, il dispose donc d'un peu de réserves, mais il se rapproche peu à peu de son record de 78 millions de passagers établi en 2019. Il doit aussi prendre compte de la décision du groupe Air France - principal client de la plateforme - d'y regrouper l'ensemble de ses vols à partir de 2026. D'autant plus que ce dernier va assurément vouloir regrouper ses opérations au sein de l'aéroport comme c'est le cas aujourd'hui, afin de fluidifier le fonctionnement de son hub (plateforme de correspondance).